L’efficacité énergétique va nous aider à faire face à la crise énergétique

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La mise sur pied de systèmes économes en énergie est essentielle pour l’avenir de l’Europe et, selon les conclusions de l’audition du CESE, les secteurs public et privé pourraient contribuer aux économies d’énergie.

L’Union européenne doit agir davantage pour promouvoir l’efficacité énergétique et réaliser les économies d’énergie qui s’imposent pour faire face à la crise énergétique et au changement climatique. C’est le message qui s’est exprimé lors de l’audition d’experts organisée le 6 octobre 2021, simultanément à Bruxelles et en ligne, par la section «Transports, énergie, infrastructures, société de l’information» (TEN) du Comité économique et social européen (CESE).

Alors qu’elle évoquait l’importance du pacte vert pour l’Europe en tant que priorité absolue pour l’avenir de l’Europe, Baiba Miltoviča, présidente de la section TEN, a déclaré: Nous devons mobiliser notre attention pour réagir à la crise énergétique qui se présente face à nous, et qui est aujourd’hui à nos portes. Nous sommes fermement convaincus que les politiques de lutte contre le changement climatique doivent refléter la réalité quotidienne de nos concitoyens. Ils subissent à la fois les effets du changement climatique et de l’augmentation des prix de l’énergie et des transports. Il nous faut mettre un terme à l’exploitation des ressources naturelles, changer de toute urgence nos modes de production et de consommation, et construire des systèmes énergétiques efficaces.

Durant le débat, des experts des secteurs public et privé ont échangé leurs idées au sujet de la révision de la directive relative à l’efficacité énergétique proposée en juillet 2021 par la Commission, et qui fait partie du paquet «Ajustement à l’objectif 55».

Christian Egenhofer, représentant le Centre d’études de la politique européenne (CEPS), a expliqué que la crise énergétique créait un nouveau besoin urgent d’efficacité énergétique, seule garantie véritable contre la flambée des prix. Il a souligné que l’électrification constituait la meilleure politique en matière d’efficacité énergétique.

Analysant la crise énergétique comme une combinaison malheureuse de facteurs contingents, Claudia Canevari, de la DG ENER de la Commission, a rappelé que la transition énergétique visait à offrir aux consommateurs un meilleur contrat, et que la proposition révisée de directive accordait la priorité au principe de «primauté de l’efficacité énergétique», qui est considéré comme une partie intégrante des futures politiques et décisions d’investissement.

Martin Pejřimovský, de la représentation permanente de la République tchèque auprès de l’Union, a fait observer que l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement énergétique connaissait actuellement une situation de pénurie en raison du prix des matières premières, et qu’il importait de trouver des mesures utiles à la décarbonation qui soient dans le même temps inclusives et abordables pour tous.

Félix Mailleux, représentant la Confédération européenne des syndicats (CES), a insisté sur le fait que l’efficacité énergétique était une priorité absolue pour l’Europe, sachant que l’énergie la moins chère et la plus propre était celle que nous ne consommons pas. Pour lui, l’Europe devait se montrer plus ambitieuse, car l’efficacité énergétique faisait partie intégrante du processus de décarbonation qui avait pour visée d’atteindre la neutralité climatique. Malheureusement, la directive révisée n’ayant pas fixé d’objectifs contraignants au niveau national, une mise en œuvre pleine et entière du principe de primauté de l’efficacité énergétique apparaissait nécessaire.

S’exprimant au nom du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Eoin Kelly a jugé qu’une nouvelle directive sur l’efficacité énergétique était cruciale pour lutter efficacement contre la pauvreté énergétique, tirer vers le haut les droits et la protection des consommateurs vis-à-vis du secteur du chauffage et du refroidissement et enfin, réduire les obstacles qui s’opposent à la rénovation des bâtiments.

Du côté des entreprises, Stefanie Sieberer, représentante d’Eurochambres, a fait remarquer que la consommation d’énergie était intrinsèquement liée à la croissance économique, de sorte qu’il était essentiel pour les entreprises de disposer d’une quantité suffisante d’énergie à des prix abordables.

S’exprimant au nom du groupe énergétique ČEZ, Zuzana Krejčiříková a souligné que la directive révisée pourrait constituer un outil de soutien à la décarbonation à la condition qu’elle se fonde sur des mesures réalistes. Plus précisément, le nouveau principe de primauté de l’efficacité énergétique ne devrait pas être appliqué comme un dogme, dans la mesure où, selon elle, il était parfois plus rentable de produire une énergie propre au moyen de systèmes d’énergies renouvelables que de faire des économies.

Enfin, Alena Mastantuono, rapporteure de l’avis du CESE sur la directive relative à l’efficacité énergétique en cours d’élaboration, a évoqué l’importance d’évaluer chaque initiative du paquet «Ajustement à l’objectif 55» en termes de synergies avec d’autres, avant de conclure son intervention par ces mots: La transformation énergétique est entravée par la situation actuelle sur le marché de l’énergie, laquelle va très certainement s’aggraver au cours de l’hiver qui vient. L’Union européenne et les États membres devraient utiliser tous les outils possibles pour atténuer les conséquences des mesures climatiques sur les populations.

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