European Economic
and Social Committee
Le CESE plaide en faveur d’une mise en œuvre ambitieuse et pragmatique de l’approche stratégique de l’Union européenne à l’égard de la région de la mer Noire
Attendue de longue date, l’approche stratégique de l’Union à l’égard de la mer Noire, qui reconnaît à la région son rôle de pôle essentiel pour la sécurité, la stabilité et la prospérité économique, arrive tardivement et manque d’ambition. C’est ce que pointe le Comité économique et social européen (CESE), tout en demandant que cette approche soit mise en œuvre rapidement et dotée des ressources nécessaires.
Dans un avis adopté lors de sa session plénière de décembre, le CESE souligne que si le concept d’approche stratégique a le mérite de définir une orientation générale, il ne propose pas de stratégie à part entière, assortie d’objectifs clairs, d’échéances concrètes et d’un financement spécifique. Le Comité invite la Commission européenne à progresser rapidement vers la mise en place d’une stratégie pour la mer Noire qui soit globale et dotée de ressources suffisantes, et ce, avant la fin de 2025. Faute de capacités de financement et de mise en œuvre appropriées, l’initiative risque de n’avoir qu’une portée symbolique, sans réel pouvoir de transformation.
Milena Angelova, membre du CESE et rapporteure de l’avis, a relevé l’importance stratégique de la région, qui a quelque peu échappé au radar de la planification stratégique de la Commission.
«Nous nous félicitons de l’adoption de cette initiative, mais nous regrettons qu’il ne s’agisse que d’une approche stratégique et non d’une stratégie en bonne et due forme. Autrement dit, le document ne prévoit ni calendrier, ni financement, ni mesures précises pour stimuler le développement économique de la région, laquelle paie pourtant le prix fort d’une guerre à ses portes», a déploré Mme Angelova.
L’avis plaide en faveur d’une approche pragmatique et d’une vision commune de la coopération régionale, en tirant également parti des structures déjà présentes dans cette zone. À l’heure où la sécurité demeure un enjeu central, l’avis insiste sur la nécessité de lutter contre les menaces hybrides et la désinformation, en particulier en Moldavie et en Géorgie, où l’influence russe continue de saper la résilience démocratique. Dans ce contexte, le CESE prône une coopération renforcée entre l’Union européenne, l’OTAN et les organisations internationales.
Parvenir à une paix durable constitue un préalable essentiel à la sécurité économique. Comme l’a rappelé avec force Mme Angelova, «il est regrettable que cet objectif ne figure pas dans le document de la Commission. Sans normalisation des relations dans la région, la prospérité de cette dernière ne saurait être assurée».
Par ailleurs, l’une des principales préoccupations soulevées concerne la charge inégale supportée par des pays comme la Bulgarie et la Roumanie, qui ont soutenu l’Ukraine et la Moldavie tout en devant faire face au préjudice économique et à la perte de compétitivité induits par le régime de sanctions. Pour le CESE, l’Union européenne doit encore reconnaître à la mer Noire le statut de zone frontalière touchée par le conflit, ou lui allouer une aide proportionnelle aux sacrifices consentis par ces États situés en première ligne.
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EESC calls for an ambitious and pragmatic implementation of the EU’s strategic approach to the Black Sea region