La stratégie de l'UE en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes ne doit pas oublier les effets néfastes de la crise de la COVID-19 sur les femmes

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Il convient que la nouvelle stratégie quinquennale, attendue depuis longtemps, soit actualisée et mise en œuvre sans délai, afin de contribuer à empêcher toute nouvelle érosion de l'égalité entre les femmes et les hommes à la suite de la pandémie.

Le Comité économique et social européen (CESE) invite la Commission européenne à mettre rapidement en œuvre sa nouvelle stratégie en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes, tout en s'attaquant à l'incidence sexospécifique néfaste de la pandémie de COVID-19, qui a encore exacerbé les inégalités sociales et économiques existantes entre les hommes et les femmes, renforçant la violence à l'égard des femmes et différentes formes de discrimination à leur encontre.

Dans l'avis adopté lors de sa session plénière de juillet, le CESE a déclaré que la Commission devait veiller à ce que la stratégie tienne compte des répercussions négatives de la crise sur l'égalité entre les femmes et les hommes. Il a également insisté sur le fait que la crise de la COVID-19 exige que la perspective de genre soit intégrée dans toutes les mesures de relance des États membres.

Avec la COVID-19, les femmes sont de plus en plus exposées à la violence, à la pauvreté, à de multiples formes de discrimination et à la dépendance économique. La stratégie devrait être mise en œuvre sans délai, afin d'empêcher les femmes de continuer à payer le prix de la pandémie, a déclaré devant l'assemblée plénière Giulia Barbucci, la rapporteure de l'avis.

Mme Barbucci a ajouté que le CESE soutient l'approche de la Commission qui consiste à utiliser l'intégration de la dimension hommes-femmes pour incorporer la perspective de genre dans tous les domaines et à tous les stades de l'élaboration des politiques. Ce principe devrait également s'appliquer à la gouvernance des mécanismes de programmation financière.

Étant donné que la pandémie a encore révélé l'écart flagrant de rémunération qui existe entre les hommes et les femmes, le CESE s'est félicité de l'annonce par la Commission d'une initiative visant à introduire des mesures contraignantes en matière de transparence salariale dès cette année et a rejeté tout report d'une telle initiative.

Les femmes représentent la majorité des travailleurs dans les secteurs de la santé, de l'aide sociale et des services, ce qui les a placées en première ligne pendant la pandémie, avec un risque subséquent pour leur santé. Étant donné que les emplois occupés par des femmes tendent à être sous-payés, sous-évalués et précaires, il est essentiel d'accroître la reconnaissance sociale et la valeur économique de ces professions, ce qui contribuerait à réduire les écarts de rémunération et les autres inégalités liées au genre.

La crise de la COVID-19 a également mis en lumière la nécessité de financer des mesures en faveur de l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, dont l'absence est souvent responsable, de même que la persistance des stéréotypes, des écarts qui existent entre hommes et femmes dans l'économie.

Ce sont toujours les femmes qui portent l'essentiel des responsabilités familiales, ce qui limite fortement leur autonomisation sociale et économique, ainsi que leur accès à une rémunération et à une pension équitables. Le CESE recommande une approche systématique en matière de politiques de soins et demande instamment aux États membres de poursuivre leurs efforts pour améliorer la disponibilité, l'accessibilité financière et la qualité des services d'éducation et d'accueil de la petite enfance.

Dans son avis, le CESE met fortement l'accent sur la nécessité d'éradiquer la violence à l'égard des femmes, qui a augmenté pendant le confinement: La violence domestique a connu une augmentation exponentielle au cours du confinement, tandis que la cyberviolence est devenue une menace grandissante pour les femmes. Les États membres ne disposent d'aucun outil pour faire face au harcèlement des femmes et des filles sur l'internet, et la Commission devrait présenter des propositions pour ce problème commun, a mis en garde la corapporteure, Indrė Vareikytė.

Le CESE demande à la Commission de lancer des initiatives visant à lutter contre la violence et le harcèlement sexuel sur le lieu de travail et dans la sphère privée, et il a demandé à plusieurs reprises que le harcèlement en ligne et le harcèlement moral des femmes soient intégrés dans la définition des discours de haine illégaux.

De l'avis du CESE, les organisations de la société civile peuvent jouer un rôle essentiel dans la prévention de la violence contre les femmes et la promotion d'une culture sensible au genre en menant des actions de sensibilisation et en collectant et partageant les bonnes pratiques. Le CESE a proposé à nouveau la création d'un fonds juridique d'urgence au niveau de l'Union, destiné à soutenir les organisations de la société civile qui contestent devant les tribunaux la législation violant les droits des femmes.

Mme Vareikytė a souligné le rôle important joué par les médias dans la création et la pérennisation des stéréotypes qui conduisent à porter atteinte aux femmes et à créer de nouvelles inégalités. Elle a indiqué que le CESE demande que le prochain indice d'égalité de genre de l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) ait une nouvelle priorité thématique, à savoir qu'il mette l'accent sur le thème des médias et de la publicité.

Le pouvoir qu'ont les médias de créer et de perpétuer les stéréotypes ne doit plus être sous-estimé et il faut s'y attaquer. La représentation du genre dans les médias est toujours stéréotypée, et la situation dans le secteur de la publicité est encore pire. La publicité devrait promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes dans la société, et non l'inverse, comme c'est souvent le cas, a déclaré Mme Vareikytė. Les médias devraient ainsi adopter des codes de conduite et d'autres mesures qui proscrivent le sexisme et les stéréotypes préjudiciables.

Dans son avis, le CESE demande également que diverses mesures soient prises pour combler les écarts persistants entre les hommes et les femmes dans d'autres domaines: il demande aux États membres d'adopter des mesures spécifiques pour améliorer l'orientation scolaire et professionnelle afin de lutter contre la ségrégation entre les hommes et les femmes dans les domaines de l'éducation et de l'emploi, qui empêche actuellement bon nombre de filles et de jeunes femmes de choisir un parcours professionnel considéré comme moins traditionnel. Le CESE appelle également de ses vœux des actions visant à réduire l'écart numérique entre les hommes et les femmes et à encourager les femmes à intégrer des secteurs tels que les sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), les technologies de l'information et de la communication (TIC) et l'intelligence artificielle (IA), qui offrent de meilleures perspectives de carrière et la promesse d'une meilleure rémunération.

Une autre faiblesse persistante est l'absence de participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision. Le CESE invite une nouvelle fois le Conseil à poursuivre les discussions sur la directive visant à améliorer l'équilibre entre les hommes et les femmes dans les conseils d'administration des entreprises.