European Economic
and Social Committee
La société civile et la presse régionale, des acteurs fondamentaux de la lutte contre la désinformation
La conférence sur la désinformation, organisée par le Comité économique et social européen, a montré qu’une approche horizontale de la lutte contre la désinformation, mobilisant les citoyens, constitue un pas dans la bonne direction. Les participants à la conférence ont également mis en évidence le rôle que peut jouer la presse régionale en servant de modèle aux grandes plateformes médiatiques afin de rétablir la confiance de leur public.
Intitulée Citizens can defeat disinformation («Les citoyens peuvent venir à bout de la désinformation»), cette conférence a été organisée le 27 novembre 2024 à Athènes, en coopération avec le secrétariat général grec de la communication et des médias, dans le cadre du projet du CESE visant à sensibiliser les citoyens et à les associer à la lutte contre la désinformation.
Il s’agissait de la troisième manifestation mise sur pied dans cette optique, après les campagnes fructueuses en Moldavie (Chișinău, avril 2024) et en Bulgarie (Sofia, juin 2024). Elle a rassemblé des représentants des autorités grecques, d’autres institutions de l’Union européenne, des universitaires et journalistes grecs, ainsi que des experts des médias sociaux.
Dimitris Dimitriadis, président de la section «Relations extérieures» du CESE, a ouvert la conférence en soulignant l’importance de ce thème, rappelant que la désinformation se répand comme une traînée de poudre dans le monde entier. «Par cette initiative, le CESE souhaite inviter la société civile à contribuer significativement à la lutte contre les fausses informations, aggravées par l’utilisation abusive des médias sociaux et de l’IA.»
Pavlos Marinakis, vice-premier ministre et représentant du gouvernement grec, a fait observer que, selon les chiffres officiels, sept citoyens sur dix croyaient aux fausses informations. Il a ajouté que «le gouvernement grec, la société civile et l’Union européenne doivent se faire les défenseurs de la protection de la liberté d’expression, de l’information objective et de la vérité.»
Reconnaissant que le niveau de désinformation est particulièrement préoccupant, Niovi Ringou, cheffe de la représentation de la Commission européenne à Athènes, a évoqué la polarisation de nos sociétés qui découle des fausses informations, ce qui met en péril les valeurs démocratiques. Elle a indiqué que le phénomène sévissait particulièrement dans les pays démocratiques car les sources de désinformation exploitent la liberté d’expression en mettant en place des mécanismes de manipulation.
Andreas Panagopoulos, de la fédération panhellénique des syndicats des journalistes, a fait valoir que la société civile occupe une position unique pour combattre la désinformation au moyen d’initiatives de terrain, de l’éducation et de l’engagement communautaire, si elle est appuyée par les gouvernements et les entreprises technologiques.
Les participants ont soulevé la question du rôle de la presse et des médias pour enrayer la désinformation, étant donné que les plateformes de médias sociaux ont radicalement changé la donne. La consommation d’informations est une affaire de confiance, et cette confiance fait aujourd’hui défaut entre les citoyens et les grandes plateformes médiatiques.
Une enquête de l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme a révélé que seuls 23 % de la population grecque se fiaient à l’actualité. Niko Efstathiou, rédacteur pour le média indépendant LifO et Kathimerini, deux des médias les plus populaires de Grèce, a affirmé que la mort de la presse régionale fait aussi partie des facteurs d’expansion rapide de la désinformation.
Selon l’enquête de l’Institut Reuters, les citoyens grecs ont surtout tendance à faire confiance à la presse locale, ce qui s’explique par le fait que les communautés locales connaissent les journalistes et ont foi en leur opinion. La presse régionale pourrait servir d’exemple, mais pour pouvoir mener ce combat contre la désinformation et les informations fallacieuses, elle a besoin de financements et de soutien pour se voir accorder un rôle prépondérant.
En s’inspirant des pratiques de la presse locale, comme la mise en place de partenariats adéquats avec les citoyens et la société civile, la transparence et l’ouverture au public, les grands groupes médiatiques pourraient regagner la confiance de leurs lecteurs. La proximité et l’assurance sont des éléments cruciaux pour convaincre les citoyens de la véracité de ce qu’ils lisent.
Les participants à la conférence ont déclaré pour conclure que le professionnalisme, la déontologie et la transparence étaient les clés pour vaincre la désinformation dans tous les domaines et tous les contextes, des médias à la société civile, des citoyens à la sphère politique. Ces trois valeurs fondamentales sont notre meilleure défense contre la propagation de la désinformation.
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Civil Society and regional press key elements for the fight against disinformation