Déclaration à l’occasion du quatrième anniversaire de l’agression de la Russie contre l’Ukraine

La semaine prochaine marquera quatre ans depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine. Quatre années de dévastation, mais aussi quatre années de courage, de résistance et de détermination indomptable de la part du peuple ukrainien.

Ce qui avait commencé comme une tentative d’effacer une nation souveraine est devenu un test décisif de l’unité de l’Europe et de notre engagement commun en faveur de la paix, de la liberté et de la démocratie.

Dès le premier jour, l’Europe s’est tenue fermement aux côtés de l’Ukraine. Notre soutien financier et militaire a permis à l’Ukraine de maintenir ses institutions, d’assurer la continuité de ses services et de garder son économie vivante malgré la brutalité de la guerre.

L’ouverture du Marché unique européen aux biens et services ukrainiens a été l’un de nos plus grands actes de solidarité. Elle a permis de maintenir les échanges commerciaux, de soutenir l’emploi et d’aider les entreprises ukrainiennes à commencer leur intégration dans les chaînes de valeur européennes. Nous avons montré que la reprise commence par le partenariat et que l’avenir de l’Ukraine se trouve au sein de la famille européenne.

Sous la présidence de Stefano Mallia, notre groupe s’est rapidement engagé auprès des partenaires commerciaux ukrainiens, démontrant que la reconstruction ne se fait pas seulement à travers les institutions, mais aussi à travers les relations — d’employeur à employeur, d’entreprise à entreprise, de société à société. Cet esprit de collaboration sera le moteur de l’intégration et de la reprise de l’Ukraine.

Alors que nous commémorons cet anniversaire, nous devons regarder vers l’avenir avec la même clarté et détermination qui a guidé notre première réaction. La solidarité est essentielle, mais elle ne suffit pas. Nous devons désormais œuvrer plus activement en faveur d’un règlement de paix crédible et durable. La prévisibilité politique et la sécurité demeurent les fondations sur lesquelles la reconstruction et l’investissement privé peuvent véritablement prospérer.

Nous devons également passer de l’engagement à la mise en œuvre. La pleine opérationnalisation de la Facilité pour l’Ukraine, notamment son pilier d’investissement, sera cruciale pour mobiliser des financements mixtes et ouvrir de nouvelles opportunités pour les partenaires publics et privés.

Il en va de même pour l’énergie : l’intégration du marché de l’énergie ukrainien avec celui de l’UE, grâce à des investissements dans les connexions de réseau et la capacité transfrontalière, soutiendra la reprise industrielle et renforcera la sécurité énergétique de l’Europe.

Soutenir la coopération dans l’industrie de la défense afin de renforcer la résilience de l’Ukraine tout en améliorant la sécurité européenne doit devenir une priorité urgente pour nous tous. Les attaques russes répétées contre les infrastructures civiles et énergétiques, particulièrement durant les rigueurs de l’hiver, nous rappellent que cette guerre ne se joue pas seulement sur le champ de bataille, mais qu’elle touche la vie quotidienne et la dignité de millions de personnes.

Nous devons également investir dans la connectivité, l’infrastructure qui relie l’Ukraine à l’Union européenne. L’expansion de la capacité de franchissement des frontières permettra de soutenir le commerce, la mobilité et la logistique de reconstruction sur laquelle repose la reprise.

Et alors que nous poursuivons ce travail, réaffirmons aussi notre soutien indéfectible à la voie de l’Ukraine vers l’adhésion à l’UE. Le Comité économique et social européen fut la première institution de l’UE à soutenir publiquement cet objectif, et nous le défendons aujourd’hui avec la même conviction. L’Ukraine a sa place dans l’Union européenne, politiquement, économiquement et spirituellement.

Quatre ans après, le courage du peuple ukrainien continue de nous inspirer. Il nous rappelle que la liberté, lorsqu’elle est défendue collectivement, non seulement se renforce, mais perdure.

Sandra Parthie, Présidente du groupe Employeurs du CESE.