European Economic
and Social Committee
Débat de groupe avec des organisations partenaires sur la nécessité de trouver un équilibre entre pressions externes et réformes internes
Le 18 juin 2025, des représentants des principales organisations d’entreprises et de PME se sont réunis pour discuter des priorités à venir de l’Europe, en mettant l’accent sur la compétitivité, la simplification réglementaire et les enjeux soulevés par le climat géopolitique actuel. La réunion, ouverte par Stefano Mallia, président du groupe des employeurs du CESE, a rassemblé des personnalités de premier plan, parmi lesquelles Markus J. Beyrer, directeur général de BusinessEurope, et Gerhard Huemer, directeur de SMEUnited.
Stefano Mallia a donné le ton en insistant sur le contexte géopolitique tendu, tout en prévenant qu’il ne fallait pas perdre de vue les priorités internes de l’Europe. «Nous ne devons pas négliger l’urgence qu’il y a à améliorer la compétitivité et à alléger les lourdeurs administratives», a-t-il déclaré, avant de mettre en avant les récentes avancées en matière de numérisation, notamment le lancement d’outils ayant recours à l’intelligence artificielle pour réduire ces lourdeurs.
Markus J. Beyrer s’est fait l’écho de l’appel à la simplification, en évoquant la proposition globale de BusinessEurope qui s’articule en onze chapitres et vise à réduire les charges réglementaires. Tout en accueillant favorablement les dernières mesures adoptées par la Commission européenne, il a signalé que «de nombreux défis restent à relever» et a fait part de sa déception face à la résistance du Conseil, se félicitant en revanche de l’attitude constructive du Parlement.
M. Beyrer a affirmé que le paquet Omnibus représentait le principal champ de bataille en matière de simplification réglementaire. S’agissant de l’énergie, il a salué les premières initiatives visant à en réduire les coûts, mais il a appelé à les mettre en œuvre plus rapidement. Il a également affirmé soutenir pleinement la mise en place d’un 28e régime et la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles.
En ce qui concerne le commerce international, M. Beyrer a plaidé en faveur d’une approche équilibrée: «Nous devons maintenir des liens étroits avec les États-Unis tout en évitant de nous couper de la Chine.» Il a souligné l’importance de finaliser l’accord du Mercosur, en prévenant qu’une réouverture des négociations mènerait à une véritable «route vers l’enfer». Il a aussi plaidé en faveur de partenariats commerciaux diversifiés, qui renforceraient la crédibilité de l’Europe en tant que partenaire fiable.
Gerhard Huemer a exposé un autre point de vue qui donne à réfléchir, en signalant que les PME n’ont encore tiré aucun avantage tangible des pourparlers en cours sur la compétitivité et la simplification. Il s’est inquiété du risque que les politiques visant les entreprises à moyenne capitalisation détournent des ressources des PME et il a soulevé des interrogations quant à l’incidence concrète de stratégies telles que le marché unique et l’union des investissements, dont la plupart lui apparaissent «hautement théoriques».
M. Huemer a exprimé son scepticisme quant à l’efficacité du 28e régime et il a mis en avant les obstacles pratiques auxquels se heurtent, en Europe, les entreprises en expansion et les jeunes pousses. Il a souligné que le pacte vert devait produire des résultats tangibles et que la résilience de la chaîne d’approvisionnement était tributaire d’une mise en œuvre réussie du paquet «Omnibus I».
Pour ce qui est du thème plus large de l’amélioration de la réglementation, M. Beyrer a répondu aux questions et mis en garde contre le risque de laisser les analyses d’impact devenir un «goulot d’étranglement qui ralentit des paquets législatifs essentiels» tels que l’initiative Omnibus. Il a fait valoir que s’il importe de procéder à des évaluations approfondies, celles-ci ne doivent pas servir de prétexte pour enrayer le progrès. En outre, M. Beyrer a appelé à mieux utiliser les données existantes afin d’éclairer les décisions politiques, pour veiller à la fois à ce que les réformes reposent sur des données probantes et à ce qu’elles soient mises en œuvre efficacement. M. Huemer a salué les améliorations qui ont été apportées progressivement aux analyses d’impact, en signalant cependant que la plupart des charges réglementaires sont imposées au niveau national.
M. Huemer a par ailleurs signalé que la préparation en matière de cybersécurité et de défense devenait de plus en plus une priorité, et il a prévenu qu’il était peu probable de parvenir à réaliser des progrès significatifs à moins de doter le budget de l’Union de ressources suffisantes.
Il ressort de cette discussion que pour répondre aux enjeux, internes comme externes, qui se posent à elle, l’Europe doit agir de manière proactive et pas uniquement réactive. Si la nécessité de simplifier la réglementation et de renforcer la compétitivité fait consensus, les parties prenantes ont tenu à souligner que les progrès devaient se traduire par des avantages mesurables et concrets, en particulier pour les PME européennes.
Alors que l’Europe évolue dans un paysage géopolitique complexe, le message est clair: les efforts en faveur des réformes internes et de la crédibilité internationale doivent aller de pair, et l’accent doit être mis sur l’obtention de résultats tangibles pour les entreprises, quelle que soit leur taille.