Le contexte géopolitique met cruellement en lumière le coût pour l’Europe de sa dépendance à l’égard de pays tiers. Tel est le constat d’António COSTA, président du Conseil européen, lors d’un débat qui a eu lieu en plénière avec les membres du Comité économique et social européen (CESE). L’Union doit renforcer sa compétitivité pour être en mesure d’obtenir des résultats tangibles en matière d’emplois, de revenus et de logements abordables.

 

Le président du Conseil européen a décrit 2026 comme une année décisive pour le programme économique de l’Europe. Pour lui, le renforcement de la compétitivité est nécessaire pour réduire la dépendance de l’Europe face aux évolutions extérieures et préserver son modèle social, sa sécurité économique et sa capacité à agir dans un environnement mondial plus hostile.

Il rappelle en particulier le récent accord dégagé au sein du Conseil européen sur la feuille de route «Une Europe, un marché». Cette initiative vise à éliminer les obstacles qui subsistent au sein du marché unique, à améliorer les conditions d’activité pour les entreprises dans l’ensemble de l’Union et à mettre en œuvre trois programmes étroitement interconnectés: compétitivité, souveraineté et commerce.

Séamus BOLAND, président du CESE, a souligné que «la compétitivité et le rôle mondial de l’Europe ne pouvaient être dissociés des valeurs démocratiques qui la fonde. Le respect de l’état de droit, des droits fondamentaux, du dialogue social et d’une économie sociale de marché inclusive ne sont pas des contraintes: ils constituent notre avantage comparatif.»

M. COSTA a affirmé que le CESE jouait un rôle essentiel pour intégrer les préoccupations des citoyens et des entreprises au processus décisionnel de l’Union. «Le CESE personnalise les racines du modèle européen, de l’architecture institutionnelle européenne.»

 

Une diversité de points de vue des membres du CESE s’est exprimée sur la trajectoire de compétitivité de l’Europe

Le débat a reflété un large éventail de points de vue parmi les membres du CESE quant à la manière dont l’Europe doit aller de l’avant tout en conciliant compétitivité, droits sociaux et inclusion. 

Sandra PARTHIE, présidente du groupe des employeurs du CESE, a déclaré: «Si l’Europe parle de souveraineté et d’innovation, le marché achète ailleurs et les entreprises de l’Union se développent ailleurs. Si l’Europe veut rester une puissance économique, elle doit, de toute urgence, passer de l’ambition à l’action. Elle doit pleinement faire respecter le marché unique, mobiliser des capitaux et bâtir une réglementation qui soit propice à la croissance, et non à la conformité.»

Lucie STUDNIČNÁ, présidente du groupe des travailleurs du CESE, a fait l’observation suivante: «La compétitivité ne peut être construite tirant vers le bas les normes du travail, la protection de l’environnement ou les droits des consommateurs. Des emplois de qualité, des salaires équitables et un dialogue social fort sont des composantes à part entière de la puissance économique de l’Europe, et non un coût qu’il conviendrait de réduire.» 

Cillian LOHAN, président du groupe des organisations de la société civile du CESE, a ajouté: «Il est essentiel que l’Union reste fermement attachée aux 17 objectifs de développement durable fixés par les Nations unies. Ils constituent la boussole pour l’avenir de l’Union et pour les générations futures.» (ll)