European Economic
and Social Committee
Éditorial
L’élargissement constitue à nouveau une priorité dans les discussions politiques de l’Union européenne. Nous pouvons nous en réjouir. Mais si nous voulons que la prochaine vague d’élargissement aboutisse, nous ne pouvons nous contenter d’ouvrir des négociations ou d’élaborer de nouvelles feuilles de route. Nous devons associer les citoyens au processus dès le début.
Tel était l’objectif du forum de haut niveau sur l’élargissement récemment organisé par le Comité économique et social européen. Ce forum a réuni des représentants de la société civile, des responsables de la jeunesse, des partenaires sociaux et des acteurs politiques de tous les pays candidats. Non seulement le contenu des discussions, mais aussi la vision commune selon laquelle le processus l’adhésion à l’Union doit être ouvert, participatif et équitable ont fait de ce rassemblement un événement unique.
Trop souvent, l’élargissement a été traité comme un exercice technique. Mais les réformes démocratiques ne peuvent être menées à huis clos. La société civile et les partenaires sociaux ne sont pas uniquement des observateurs. Ils sont des moteurs essentiels du changement. Ils renforcent la confiance dans les institutions publiques, défendent les plus vulnérables et veillent à ce que les réformes soient réellement au service des citoyens.
Tout au long de ma présidence au CESE, j’ai œuvré pour placer la participation au cœur de notre approche de l’élargissement. Nous avons lancé l’initiative des membres de pays candidats à l’adhésion en 2023 afin de donner à la société civile une véritable voix dans nos travaux. Nous avons renforcé nos comités consultatifs mixtes et les plateformes de la société civile et organisé des échanges réguliers avec nos partenaires sur le terrain. Le forum de haut niveau s’est inscrit dans la continuité naturelle de ces efforts.
Ce forum nous a donné l’occasion d’examiner attentivement ce qui doit se passer à l’avenir. Premièrement, nous devons créer des structures à long terme permettant de développer le dialogue civil et le dialogue social, qui ne sont pas que des «mots à la mode». Il s’agit d’outils qui aident les sociétés à devenir plus résilientes, plus démocratiques et mieux préparées à l’adhésion.
Deuxièmement, nous devons permettre aux jeunes de prendre part aux discussions. Ils sont souvent les premiers à ressentir les effets du blocage des réformes ou du rétrécissement de l’espace dévolu à la société civile. Mais ils sont également les plus engagés en faveur d’un avenir meilleur et plus inclusif. Les politiques en matière d’emploi, d’éducation et de mobilité doivent être mises en place avec eux, et non pour eux.
Le fait que ce forum ne soit pas qu’une manifestation sans lendemain me donne un réel espoir. Je suis fier de pouvoir annoncer qu’avec le soutien de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, nous nous sommes assurés que l’initiative des membres de pays candidats à l’adhésion se poursuive au moins jusqu’en 2027. Cela signifie que le dialogue que nous avons entamé va se développer. Il s’approfondira. Concrètement, nous associerons davantage de membres de pays candidats à l’adhésion et nous élaborerons plus d’avis. Ce dialogue continuera à orienter le processus d’élargissement d’une manière qui reflète les valeurs que nous disons défendre.
L’élargissement n’est pas simplement une stratégie géopolitique. C’est une promesse de faire respecter la démocratie, les droits et la dignité pour tous. Si nous voulons tenir cette promesse, la société civile doit être plus qu’une case à cocher. Elle doit faire partie des fondations sur lesquelles nous construisons.
Le CESE restera un partenaire résolu dans ces travaux. Nous pensons que l’élargissement doit aboutir et que sa réussite dépend de la participation des citoyens au processus. Pas après les faits. Dès le début.