European Economic
and Social Committee
ÉDITORIAL
NOUS DEVONS DÉFENDRE LES VALEURS QUI NOUS UNISSENT
Chères lectrices, chers lecteurs,
Les premiers jours et premières semaines de 2026 ont certainement démontré une nouvelle fois que nous vivons des temps très difficiles et déconcertants.
Bon nombre de choses que nous tenions pour acquises ne sont désormais plus garanties. Des fondamentaux géopolitiques, notamment l’intégrité territoriale et le respect des organisations internationales, sont remis en question. Et la guerre sur le continent européen est en passe d’entrer dans sa quatrième année.
Cependant, le message fort que j’aimerais vous adresser pour l’année à venir est le suivant: continuez de penser positivement et gardez l’espoir. Nous devons défendre ce en quoi nous croyons, les valeurs qui nous définissent et nous unissent, et qui constituent le fondement du projet européen. La liberté et la paix. La démocratie, qui, nous le savons, n’est pas possible sans une société civile forte et active. Les droits de l’homme et la dignité humaine.
Ce sont là des sujets dont j’ai eu le grand honneur de discuter avec Sa Sainteté le Pape Léon XIV au cours d’une audience privée le 10 janvier dernier.
Ce fut un véritable privilège d’entendre directement les analyses qui sous-tendent le leadership moral du pape Léon XIV et d’avoir la possibilité de faire connaître le rôle vital du CESE dans la démocratie européenne, ainsi que nos priorités: la nécessité d’éradiquer la pauvreté, de préserver la démocratie et de protéger les plus vulnérables.
Dans une Union européenne immensément riche, le fait que 21 % des personnes restent exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale n’est tout simplement pas acceptable. La lutte contre la pauvreté et les défis connexes, tels que l’urgence en matière de logement abordable, constitueront des priorités essentielles en 2026.
Au cours de l’échange que j’ai eu avec le pape Léon XIV, nous avons également abordé les grands défis auxquels sont confrontées les jeunes générations, façonnés par l’isolement causé par la pandémie de COVID-19 et les pressions sur la santé mentale amplifiées par les médias sociaux.
Cette évolution est liée à la progression de l’intelligence artificielle. Veiller à ce que l’IA ne devienne pas un train fou sur le plan des droits des travailleurs est une priorité en 2026. Elle devrait plutôt servir d’outil d’autonomisation au lieu d’être un facteur de déstabilisation du monde du travail. Sur ce sujet, je partage avec le pape l’engagement de veiller à ce que l’humain, et non la machine, reste maître des décisions qui ont une incidence sur la vie des personnes.
Le point sur lequel j’ai le plus insisté lors de ma rencontre avec le pape Léon XIV est le rôle absolument essentiel de la société civile, non seulement dans le renforcement des démocraties, mais aussi dans la construction et le développement des communautés. Les organisations de la société civile, y compris les partenaires sociaux, constituent le tissu de nos sociétés, tissant des liens entre les individus et jetant des ponts entre les groupes.
La société civile reste donc essentielle pour renouveler l’espoir et construire une Union des opportunités, de la sécurité et de la résilience.
C’est un message que j’ai également porté lors des réunions que j’ai eues, depuis que je suis devenu président, avec d’innombrables personnalités de haut niveau de l’UE, parmi lesquelles le président du Conseil européen, António Costa, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, plusieurs commissaires de premier plan, ainsi que de nombreux présidents et vice-présidents de commission au Parlement européen.
Je suis reconnaissant au pape Léon XIV d’avoir utilisé sa voix puissante pour diffuser à l’échelle mondiale un message d’inclusion et insister sur l’importance de protéger les plus marginalisés. Indépendamment des opinions religieuses, ce que les grands dirigeants politiques et autorités morales ont en commun, c’est leur foi en l’espoir et la dignité humaine et leur respect pour les autres.
Ensemble, soyons les porteurs de cette vision au cours de l’année à venir. Dans nos efforts pour placer la société civile au cœur de l’Europe, faisons le choix de l’espoir plutôt que celui de la peur.
Séamus Boland
Président du Comité économique et social européen