Dans un avis adopté lors de sa session plénière de décembre, le Comité affirme que l’énergie nucléaire joue et continuera de jouer un rôle crucial dans la décarbonation de l’Union européenne. C’est d’autant plus vrai dans un contexte où l’Union doit consolider son autonomie stratégique dans les domaines de l’énergie et de la technologie.

L’avis du CESE, élaboré par Dumitru Fornea, rapporteur, et Alena Mastantuono, corapporteure, évalue le 8e programme indicatif nucléaire (PINC) de la Commission européenne, publié en juin 2025.

Selon le Comité, l’énergie nucléaire est essentielle à la diversification de l’approvisionnement énergétique de l’Union, car elle fournit une électricité sûre, fiable et pauvre en carbone. Le réseau reste ainsi stable la plupart du temps, peu importe la météo ou le moment de la journée, ce qui réduit la pression sur les coûts systémiques.

L’énergie nucléaire peut donc jouer un rôle important dans le soutien à la transition industrielle globale de l’Union européenne, dès lors qu’elle renforce la résilience face aux ruptures d’approvisionnement, garantit une offre complémentaire aux énergies renouvelables et réduit la dépendance à l’égard des combustibles importés. «L’industrie nucléaire européenne occupe plus de 1,1 million de personnes dans l’Union et représente un secteur économique majeur aux retombées considérables au niveau de l’emploi, de la capacité de la chaîne d’approvisionnement et de la R&D de pointe. Il s’agit d’une chaîne de valeur “zéro net” presque exclusivement basée dans l’UE», a rappelé M. Fornea. «Si nous voulons renoncer avec succès au charbon, il nous faut une énergie propre accessible et des financements en faveur du nucléaire.»

Dans son avis, le CESE déplore que le PINC ne propose ni catalyseurs spécifiques ni véritable plan d’action pour les investissements prévus et exhorte la Commission à inclure des mesures réglementaires et financières. «Nous invitons la Commission à proposer des mesures concrètes pour matérialiser les investissements prévus au titre du PINC», a déclaré Mme Mastantuono. «C’est plus que jamais nécessaire compte tenu des turbulences géopolitiques qui forcent l’Union européenne à développer des capacités basées en son sein. C’est pourquoi il y a lieu de soutenir la chaîne de valeur nucléaire pour ce qui touche aux compétences, à la recherche et à la chaîne d’approvisionnement en combustible.»

Le dialogue avec la société civile reste indispensable pour renforcer la confiance, l’appropriation et l’acceptation par la société et devrait, à ce titre, occuper une place plus importante dans le PINC. Or, le CESE estime que les décisions relatives à de nouveaux projets dans le domaine du nucléaire, notamment la mise au point de nouvelles technologies, devraient être prises à l’issue d’un dialogue élargi et transparent avec la société civile concernant leurs aspects techniques, économiques, sociaux et environnementaux. (mp)