European Economic
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Intelligence artificielle décentralisée et agentique : stimuler l’innovation, la compétitivité et une IA responsable
Le 5 février 2026, le Groupe des employeurs du CESE a organisé une table ronde politique de haut niveau, en collaboration avec le Digital Currencies Governance Group (DCGG), intitulée « IA décentralisée & agentique : opportunités et solutions dans l’UE pour l’innovation, la compétitivité et une IA responsable ». L’événement a réuni des décideurs politiques, des régulateurs, des dirigeants industriels et des universitaires pour discuter de la manière dont l’Europe aborde le domaine de l’IA, en évolution rapide.
Le message était clair : il est temps pour l’Europe de dépasser la peur et l’hésitation face à l’IA. « L’intelligence artificielle n’est pas une menace à gérer, mais un levier stratégique qu’il faut comprendre, façonner et utiliser activement pour renforcer la compétitivité de l’Europe », a déclaré Sandra Parthie, présidente du Groupe des employeurs du CESE. « Aujourd’hui, plus de 80 % des entreprises européennes considèrent l’IA comme stratégiquement importante, mais seules quelques‑unes ont pris des mesures concrètes pour intégrer cette technologie dans leurs opérations. L’écart n’est pas conceptuel, il est pratique. Les entreprises ont besoin de règles plus simples, d’un déploiement plus rapide et d’un signal clair : nous choisissons l’innovation, pas l’hésitation », a‑t‑elle poursuivi.
Pour l’Europe, le véritable risque aujourd’hui n’est pas de trop s’engager dans l’IA, mais de fragmenter les réponses et de retarder le déploiement dans l’économie réelle. La question centrale est de savoir comment passer de la stratégie à la mise en œuvre à grande échelle.
Du point de vue du Groupe des employeurs, cela nécessite un changement décisif d’état d’esprit. L’IA ne doit pas être traitée principalement comme un sujet réglementaire, mais comme une opportunité économique et industrielle. La régulation reste nécessaire pour garantir la confiance, la sécurité juridique et la responsabilité. Cependant, lorsqu’elle est trop complexe, cumulative ou déconnectée des réalités des entreprises, elle risque de ralentir précisément les acteurs dont l’Europe a le plus besoin : les innovateurs, les PME et les scale‑ups.
Ce dont ils ont besoin, c’est d’un accès simplifié au financement, d’une réduction des charges administratives, de règles prévisibles en matière de propriété intellectuelle et d’une réglementation proportionnée. C’est pourquoi le Groupe des employeurs appelle à un signal politique clair indiquant que l’Europe est ouverte à l’innovation et déterminée à être compétitive au niveau mondial, et non simplement à réguler au niveau local.
Cela stimulera également les investissements. Comme l’a déclaré Michal Boni, membre du Groupe des employeurs du CESE et intervenant clé lors de l’événement : « L’investissement réel est fondamental, mais nous devons répondre aux attentes et aux efforts des entreprises. Les entreprises seront plus disposées à investir lorsque l’écosystème de l’IA sera plus simple, avec des règles claires et des avantages tangibles. Pour l’instant, nous avons besoin d’un nouveau calendrier et de meilleures conditions, notamment adaptées aux capacités des PME. »
L’IA décentralisée et agentique offre de nouvelles façons de renforcer l’innovation, la sécurité et la résilience sociétale. Plutôt que de résister à ces avancées, l’Europe devrait chercher à les façonner, en veillant à ce que les cadres de gouvernance permettent l’expérimentation tout en préservant la confiance. L’AI Act constitue une base solide à cet égard, mais les évolutions émergentes — telles que l’IA agentique, les impératifs de durabilité et la cyber‑résilience — nécessiteront une attention continue et une gouvernance adaptative.
La question n’est pas de choisir entre innovation et responsabilité. Il s’agit de reconnaître que l’Europe ne pourra rester compétitive, souveraine et socialement durable que si elle apprend à adopter l’intelligence artificielle avec confiance, clarté et ambition.
La tâche à venir consiste à transformer la prudence en capacité, et le potentiel en valeur économique concrète.