29 Ikram

Ikram. 27 ans Afghan. | Ikram construit une gare près de Nanterre en banlieue parisienne. Il travaille pour une grande entreprise de BTP. Dans son équipe, « il n’y a que des yeux bleus, français d’origine ». « Les collègues sont de bonnes personnes. Là où je travaille, tu ne peux pas faire plus sympathique. » Mais pour Ikram, « le plus dur, c’est de se lever tous les jours à 4 heures 30 du matin » pour rejoindre son chantier. Après son voyage de « deux mois, tout avec les pieds » entre l’Afghanistan et la France, le jeune homme a dormi dans les rues de Paris puis dans un centre d’hébergement pour migrants. Statut de réfugié en poche, il est sélectionné pour participer à un programme de formation en alternance du Geiq*. Ikram a accepté de devenir ouvrier. Il rêverait pourtant d’étudier. « Mais ma langue à moi, elle est différente de celle de l’université. [...] Je dois apprendre la langue et ensuite aller étudier. » Siam, sa petite amie, l’aide à maîtriser le français lors de leurs sorties, à la tour Eiffel ou aux Champs-Élysées : « Quand je ne comprends pas bien, elle parle avec les mots mais aussi avec les mains ! » dit-il, admiratif. *Le Geiq est un groupement d’entreprises dont la mission est de favoriser l’insertion des personnes éloignées du marché du travail. | Résidence pour étudiants, Bry-sur-Marne, France. 2019.