24 Ali

Ali. 27 ans. Soudanais. | Quand Ali obtient son diplôme de vétérinaire, il est envoyé au Darfour, sa province d’origine, pour y mener une campagne de vaccination. Le jeune homme retrouve sa région natale qu’il avait quittée pour poursuivre ses études. Elle est totalement ravagée par dix années de guerre. « Les villages avaient tous été détruits. [...] Les bergers et les gens qui avaient des animaux se cachaient dans les forêts. [...] Depuis 2003, je n’avais pas vu notre campagne : j’étais heureux et très triste. » Sa mère vit dans un camp de réfugiés au Tchad, son père est mort et ses frères et sœurs sont dispersés dans plusieurs pays.
Le jeune homme part pour la Jordanie, où il découvre que les réfugiés soudanais n’y ont pas le droit de travailler. Il prend alors le chemin de la Libye et embarque vers l’Europe, en espérant pouvoir enfin y pratiquer son métier de vétérinaire. Arrivé à Paris, Ali se démène pour maîtriser la langue française. Il effectue quatre stages dans des cliniques vétérinaires mais son diplôme de l’université de Nyala n’est pas reconnu en France. « C’est très compliqué de recommencer cinq ans d’études. J’ai 27 ans, c’est un peu tard. Je vais essayer de devenir assistant vétérinaire. Je dois trouver un patron et faire un contrat en alternance. Mais pour y arriver, il faut que j’améliore encore mon français. » | Centre d’hébergement René Coty, Paris, France. 2018.