19 Nazar

Nazar. 39 ans. Soudanais | Nazar a écrit son histoire dans un cahier d’écolier : « Depuis que je suis petit, j’ai la curiosité de savoir comment et pourquoi les choses marchent. » À l’école coranique, il refuse d’apprendre sans réfléchir. Il s’interroge et remet en question ce qu’on lui enseigne sur la religion. « À partir de mes 10 ans, je voyais bien qu’à propos de tout ce qui était source de joie, d’amusement, ils nous disaient haram, “c’est interdit”. » J’étais un gamin et je me demandais pourquoi toutes les choses qui donnent de la joie, Dieu nous les interdit. » Alors Nazar a arrêté de croire en Dieu. Mais au Soudan, « c’était impossible à dire donc j’ai préféré partir. [...] Si je l’avais dit, ils m’auraient peut-être tué. » Après avoir quitté sa famille à l’âge de 17 ans, Nazar vit dans différentes régions du pays mais son problème reste le même. Il se décide alors à l’exil. « Quand j’ai fait la traversée, on a failli se noyer mais cela m’était égal: je me suis dit, si je me noie, je me noie, mais je ne retourne pas au Soudan. Il faut que je parte. » | Centre d’hébergement d’urgence pour migrants, Bobigny, France 2017