Yaman et Shaad. 15 et 18 ans. Syriennes. | Alors qu’elle aurait dû passer son bac en Syrie, Yaman est scolarisée en seconde en France. Elle n’en décolère pas : « En Syrie et en Turquie, j’étais la meilleure de ma classe et tous les autres élèves venaient toujours parler avec moi : “Yaman ! Yaman ! Yaman !” Ici je suis la plus nulle et personne ne me parle plus ! » (Yaman a néanmoins 13 de moyenne.) | En juillet 2015, Yaman, Shaad, leurs trois frères et leurs parents fuient la ville de Deir ez-Zor, assiégée et bombardée. Ils se réfugient à Raqqa. Ils ne sortent que pour se procurer le strict nécessaire. Il n’y a plus d’école et Yaman se souvient des longues journées passées à rechercher des cours sur Internet. Quand un bombardement tue 7 personnes dans l’immeuble voisin, la famille prend la route de la Turquie. « Ce voyage était très dur car il n’était pas préparé : c’était une fuite. Nous marchions sous la pluie, il y avait trois montagnes à passer et dès que nous nous faisions arrêter par la police turque, ils nous renvoyaient en arrière », se souvient Shaad. Refugiée en Turquie, la famille est envoyée en France grâce à un programme de réinstallation du HCR. L’association Aurore est chargée de la guider et de l’assister dans son installation. | Saint-Jean-de-Braye, France. 2018.