European Economic
and Social Committee
Conclusions and recommendations
Conférence du Groupe des organisations de la société civile intitulée «Donner aux consommateurs les moyens d’agir face au changement climatique»
Bruxelles, le 23 octobre 2023
Le 11 octobre 2023, le Groupe des organisations de la société civile du Comité économique et social européen (CESE) a organisé une conférence intitulée «Donner aux consommateurs les moyens d’agir face au changement climatique». Cette manifestation a constitué le premier des «dialogues verts» lancés par Maroš Šefčovič, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé du pacte vert pour l’Europe, des relations interinstitutionnelles et de la prospective, dans le but d’encourager et de renforcer le soutien de l’opinion publique au pacte vert pour l’Europe.
Saisir les possibilités offertes par l’action en faveur du climat
- Le changement climatique constitue actuellement le plus grand défi existentiel pour la population humaine à l’échelle mondiale. La mise en œuvre des stratégies d’adaptation et d’atténuation indispensables sera longue et coûteuse, avec des défis socio-économiques très importants.
- Toutefois, la crise climatique devrait également être perçue comme une occasion de susciter un véritable changement de paradigme en ce qui concerne les attentes, les attitudes et les comportements des décideurs politiques, des entreprises et des consommateurs.
- À cet égard, les participants se sont félicités de l’annonce faite par Maroš Šefčovič, vice-président exécutif de la Commission européenne, d’engager des dialogues sur la transition écologique avec les organisations de la société civile (OSC), les citoyens et d’autres parties prenantes clés.
- Ces dialogues sont d’autant plus pertinents qu’à moyen et long terme, le refus de modifier les pratiques et les modes de vie sera beaucoup plus coûteux pour tous.
- En outre, le soutien du public à l’action nationale et européenne en faveur de l’atténuation du changement climatique est relativement élevé, son opposition étant souvent limitée à des projets spécifiques. Le soutien des citoyens dépend néanmoins du fait qu’ils soient encouragés et autorisés à s’engager dans la transition écologique et qu’on leur en donne les moyens.
- Dans ce contexte, les décideurs politiques de l’UE et des États membres devraient intégrer l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de celui-ci dans toutes les politiques. Il convient de donner la priorité à la cohérence entre les politiques nationales et européennes, ainsi qu’aux approches stratégiques horizontales, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie et de la santé.
- Il convient également de veiller tout particulièrement à encourager et stimuler une masse critique de consommateurs à adopter des modes de vie plus durables fondés sur l’économie circulaire.
- En outre, la priorité devrait être donnée à la mise à disposition d’autres modèles économiques, produits, denrées alimentaires et services durables, abordables, attrayants et pratiques, notamment pour les consommateurs à revenu faible et intermédiaire.
- La transition écologique est l’occasion pour l’UE de concentrer ses investissements sur les industries à émissions nulles et de devenir un leader mondial dans le domaine des technologies propres, tout en renforçant son autonomie stratégique et géopolitique. Dans ce contexte, il est impératif de garantir des politiques écologiques européennes et nationales stables et à long terme, afin d’encourager des niveaux élevés et prévisibles d’investissements dans les nouvelles technologies.
- Enfin, le paquet «Ajustement à l’objectif 55» de l’UE devrait être considéré à la fois comme un instrument puissant pour renforcer le pouvoir d’influence de l’UE à l’échelle mondiale et comme un stimulant en faveur de la responsabilité à l’égard des générations futures. Ainsi, il permettrait de stimuler l’ambition de tous les consommateurs européens, et notamment des jeunes générations.
Atténuer le coût de la crise climatique pour les groupes et communautés vulnérables
- Il ne fait aucun doute que l’engagement de «ne laisser personne de côté» doit rester au cœur de toutes les politiques et actions en faveur de l’adaptation au changement climatique et de l’atténuation de ses effets. Il est essentiel que la transition écologique soit juste et équitable pour tous les secteurs de la société.
- Cela est d’autant plus important que les groupes et communautés socio-économiques les plus vulnérables seront touchés de manière disproportionnée par la crise climatique. Les femmes, les enfants, les personnes handicapées, les démunis, les populations urbaines pauvres, les chômeurs, les minorités et les immigrants seront gravement touchés par le changement climatique, à moins que des mesures radicales et immédiates ne soient prises aux niveaux local, national et européen.
- En outre, selon une étude commandée par le CESE[1], le changement climatique entraînera une diminution des revenus du travail et une augmentation des dépenses liées au climat, dans presque tous les États membres de l’UE.
- Les collectivités infranationales de l’UE seront confrontées à des effets différenciés, les ménages et familles pauvres d’Europe méridionale étant les plus durement touchés. Ces derniers devront consacrer davantage de dépenses à la santé, à l’électricité et à l’alimentation, tandis que le pourcentage global de la population européenne exposée au risque de pauvreté augmentera dans presque tous les États membres.
- Il existe un risque réel que les groupes socio-économiques les plus vulnérables soient négligés, que les inégalités sociales deviennent ingérables et que les espaces publics soient progressivement abandonnés en raison de conditions météorologiques extrêmes, ce qui pourrait même porter atteinte aux droits fondamentaux de ces groupes de population.
- Dans ce contexte, il est nécessaire de créer des communautés et des zones urbaines résilientes, dotées de systèmes de protection civile bien préparés et axés sur les résultats, ainsi que de services publics abordables, accessibles et efficaces.
- Il est également impératif que les États membres et l’UE élaborent des approches adaptées et à long terme pour les différents secteurs de la population, avec un financement suffisant et ciblé.
- La décision d’allouer 86 milliards d’EUR au Fonds social européen pour le climat à partir de 2026 est extrêmement bienvenue. Un financement supplémentaire par l’intermédiaire du Fonds d’ajustement au changement climatique de l’Union, du Fonds de cohésion, du Fonds pour une transition juste et de la facilité pour la reprise et la résilience devrait également viser à atténuer les effets négatifs de la crise climatique, notamment sur les plus vulnérables.
- Il convient également d’accorder une attention particulière aux agriculteurs, qui, en tant que gardiens de la production alimentaire, ont un rôle essentiel à jouer dans le maintien de l’équilibre entre la production durable d’aliments de bonne qualité et la sécurité alimentaire. Les agriculteurs sont également confrontés aux défis de la modernisation rapide du secteur agricole, de la diminution de la sécurité de l’eau et de l’intérêt limité des jeunes à travailler dans le secteur agricole.
- Pour contribuer à relever certains de ces défis, il est essentiel que les agriculteurs soient aidés, moyennant la fixation d’une tarification équitable, des incitations, une plus grande clarté sur la manière de mettre en œuvre le pacte vert pour l’Europe et davantage d’investissements dans la recherche agricole.
Placer les consommateurs au cœur de l’action durable contre le changement climatique
- Il ne sera pas possible de s’adapter au changement climatique et de l’atténuer sans le soutien actif et la participation directe des OSC et une masse critique de consommateurs individuels.
- Les décideurs politiques doivent comprendre que les transitions nécessaires ne se produiront que si les consommateurs et les OSC sont encouragés et autorisés à s’engager dans la transition, et si on leur en donne les moyens.
- Les OSC, en particulier, doivent être associées à la conception, à la mise en œuvre et au suivi de solutions structurelles durables. Elles ont un rôle central à jouer en collaboration avec les communautés locales, les autorités locales, régionales et nationales, ainsi qu’avec les décideurs politiques européens, afin d’identifier et de mettre en œuvre conjointement des approches ascendantes qui respectent les citoyens et les principes démocratiques de participation et de partenariat.
- Les consommateurs individuels et les communautés peuvent assumer le rôle de prosommateurs, en investissant dans des technologies sans carbone et en devenant des producteurs d’électricité. À cette fin, il conviendrait de mettre en place des cadres réglementaires et financiers favorables au niveau national, assortis de campagnes d’information à l’intention des consommateurs.
- Toutefois, pour améliorer l’acceptation par le public, les décideurs politiques devraient inciter leurs concitoyens à changer de comportement par des incitations plutôt que par la contrainte. Par exemple, la législation existante en matière de protection des consommateurs devrait être mise à jour afin de protéger les consommateurs et de les inciter à participer activement à l’économie verte et circulaire.
- De même, le paquet de propositions de la Commission européenne sur des règles communes visant à promouvoir la réparation des biens constitue un pas en avant très bienvenu. Toutefois, même s’il est nécessaire de mettre en place un étiquetage plus clair en matière de durabilité et de réparabilité des produits et de garanties commerciales, il n’en demeure pas moins que toute la responsabilité ne peut pas incomber aux consommateurs informés.
- La législation de l’UE doit également interdire l’obsolescence programmée, les sérialisations intentionnelles et les allégations environnementales trompeuses (écoblanchiment).
Bruxelles, le 23 octobre 2023
[1] 'The Cost of Climate Change on Households and Families in the EU', 2023, ISBN: 978-92-830-6221-9.
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Conclusions and recommendations - Conference 11 October 2023