Workshop 1: Des possibilités de renforcement des compétences pour tous

This page is also available in

15 mars 2022 – 14:00-16:00

Organisé par: la Fédération européenne d’associations nationales d’ingénieurs (FEANI), la Lifelong Learning Platform (LLLP) et l’Association européenne des instituts de formation professionnelle (EVBB), en coopération avec la section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» (SOC) et l'Observatoire du marché du travail (OMT) du CESE


Live streaming: https://youtu.be/j7HfhJHoZaE


Projet d’ordre du jour

Modérateur: M. Theodor Grassos, Secrétaire Général EVBB

  • 14 h 00 — 14 h 10: M. Lech PILAWSKI, Président de l’observatoire du marché du travail (OMT) du CESE
    • Introduction et allocution d’ouverture
  • 14 h 10 — 14 h 25: Prof Alfredo SOEIRO, professeur de génie civil à l’université de Porto
    • «La valeur ajoutée sur le plan social d’une actualisation des compétences en matière d’ingénierie: incidences sur la durabilité»
  • 14 h 25 — 14 h 40: M. Sebastian FRANK, membre du conseil d’administration de l’EVBB et directeur du département des affaires européennes du Mouvement autrichien des jeunes travailleurs (ÖJAB)
  • 14 h 40 — 14 h 55: Mme Susana OLIVEIRA, vice-présidente de la Lifelong Learning Platform
    • «Les droits d’apprentissage tout au long de la vie, une solution européenne pour la reconversion et le perfectionnement professionnels — Qui va financer l’apprentissage tout au long de la vie?»
  • 14 h 55 — 15 h 05: Mme Mariya MINCHEVA, groupe des employeurs (groupe I) du CESE
  • 15 h 05 — 15 h 15: Mme Tatjana BABRAUSKIENĖ, groupe des travailleurs (groupe II) du CESE
  • 15 h 15 — 16 h 00: Débat — Séance de questions-réponses — Bilan

Note conceptuelle

Face à l’émergence d’un nouvel écosystème d’apprentissage, les générations actuelles et futures devront devenir des «travailleurs apprenants». Les systèmes fragmentés d’éducation et de main-d’œuvre en Europe font aujourd’hui apparaître certaines lacunes, à l’instar des déficits observés en matière de compétences et d’opportunités, qui amplifient la nécessité pour les adultes d’investir dans l’apprentissage tout au long de leur vie professionnelle. En outre, le concept de renforcement des compétences a repris de la vigueur face à la double dynamique d’une augmentation de la pauvreté et de l’exclusion sociale causée par la pandémie de COVID-19 et d’une polarisation croissante du monde du travail au sein de l’UE. Un cinquième des adultes européens éprouvent des difficultés en ce qui concerne la lecture et l’écriture de base, le calcul et l’utilisation des outils numériques dans la vie quotidienne. Une proportion similaire (environ 22 %) ne détiennent au mieux qu’un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur. Dépourvus de telles compétences et dotés d’un faible niveau de qualification, ils sont plus exposés au chômage, à la pauvreté et à l’exclusion sociale[1]. Toutefois, de manière déconcertante, le droit à l’éducation, les possibilités de renforcement des compétences et l’exercice de ces possibilités restent plus faibles parmi les groupes à faibles revenus et marginalisés, qui en ont pourtant le plus besoin[2]. Ces groupes, en particulier les femmes, les migrants et personnes déplacées dans leur propre pays, les habitants des zones rurales et reculées, les personnes handicapées et le quintile le plus pauvre, sont touchés par des niveaux de sous-emploi et de chômage supérieurs à la moyenne et sont souvent amenés à occuper des emplois de mauvaise qualité ou hautement informels. D’où l’importance de promouvoir un enseignement et une formation professionnels (EFP) inclusifs et axés sur la demande auprès de ces groupes qui sont confrontés à des difficultés d’accès aux systèmes d’EFP, pour leur permettre de bénéficier de programmes d’éducation et de formation destinés à renforcer leurs compétences et leur employabilité. D’un autre côté, un problème auquel font face ceux qui suivent une formation dans le cadre de l’EFP est qu’ils n’acquièrent pas toujours les qualifications et les compétences nécessaires, ce qui s’explique par une participation insuffisante du secteur privé et par un manque de passerelles vers le marché du travail. Dans le même temps, les programmes d’EFP et le renforcement des compétences restent souvent totalement hors de portée en raison des contraintes financières, du manque de temps et de la perte de revenus qu’entraîne la poursuite d’un cours ou d’une formation. L’augmentation des emplois précaires et du phénomène des travailleurs pauvres alimente également le problème, un nombre croissant de travailleurs n’ayant guère de maîtrise de leur emploi du temps, et encore moins de possibilités de poursuivre des possibilités d’apprentissage[3]. L’achèvement de l’apprentissage constitue un autre défi, car une fois inscrits, les groupes vulnérables sont davantage exposés au risque de décrochage.

Comment les possibilités de renforcement des compétences peuvent-elles répondre aux besoins des personnes marginalisées, compte tenu des obstacles susmentionnés? Quels contours et quelle forme pourrait prendre une conception égalitaire du renforcement des compétences? Et comment la mettre en œuvre dans la pratique? Comment pouvons-nous respecter le principe consistant à «ne laisser personne de côté» énoncé dans le programme de développement durable à l’horizon 2030? Comment les systèmes d’EFP et les services de l’emploi peuvent-ils être préparés à assurer l’inclusion des personnes vulnérables et à fournir des possibilités de mise à niveau des compétences? Quelles sont les solutions appropriées pour lutter contre les inégalités dans le système d’EFP, garantir les droits de ces groupes en matière d’éducation et leur donner la possibilité de renforcer leurs compétences? Dans le même temps, la microcertification débouchera-t-elle sur des micromasters et deviendra-t-elle un nouvel impératif? L’absence de développement professionnel continu entraînera-t-elle une mobilité professionnelle à la baisse, de la même manière que l’enseignement universitaire s’est traduit par une mobilité à la hausse, ou évolue-t-on vers un environnement concurrentiel plus large dans lequel les connaissances, les capacités, les compétences et les aptitudes entrent en compétition dans le classement des compétences essentielles? En outre, qui aura la charge de les définir et de les évaluer, et au regard de quels critères? Le renforcement des compétences renvoie-t-il à l’acquisition de nouvelles informations et données, ou à de nouvelles connaissances, ou implique-t-il également une plus grande intelligence et une plus grande sagesse?

Cet atelier devrait intéresser les étudiants et les jeunes en début de carrière, les décideurs politiques et les organisations de la société civile, ainsi que les employeurs désireux de participer activement à l’établissement de compétences et de possibilités de les renforcer au bénéfice de leurs employés. Il vise également à encourager les actions ciblant différentes catégories de groupes défavorisés et/ou vulnérables, dont relève le groupe cible sélectionné (personnes qui acquièrent des connaissances dans le cadre de l’EFP). Il poursuit les objectifs suivants:

  • mener de manière objective une réflexion globale sur ce qui peut être entrepris aujourd’hui pour mettre en place une infrastructure éducative qui garantisse que les générations futures disposent des compétences utiles et nécessaires pour se préparer aux emplois de demain;
  • veiller à ce que le discours sur le renforcement des compétences soit adapté aux besoins et aux expériences des personnes marginalisées et/ou confrontées à la pauvreté, et à ce que les différents obstacles qui dissuadent certains groupes de tirer parti des possibilités de renforcement des compétences soient pris en compte. La question est de savoir comment garantir un accès équitable aux ressources et aux possibilités d’apprentissage; 
  • élaborer, tester et/ou déployer des stratégies et des approches innovantes ouvrant la voie au renforcement des compétences ainsi qu’à l’accès des groupes défavorisés et vulnérables au système d’EFP et à la poursuite de leur intégration;
  • mettre en lumière des initiatives et des outils inclusifs nouveaux et innovants qui contribuent à améliorer les compétences des groupes défavorisés et vulnérables et à leur faciliter l’accès au marché du travail formel et informel en améliorant leur employabilité et leur niveau d’enseignement et de formation professionnels;
  • élaborer et rédiger collectivement trois grandes recommandations, accompagnées d’une série d’enseignements stratégiques clés, sur la manière d’assurer de manière pragmatique le renforcement des compétences de la main-d’œuvre européenne dans le respect du principe d’équité.

[1] Commission européenne (2021), «Parcours de renforcement des compétences: de nouvelles perspectives pour les adultes», disponible ici.

[2] Forum économique mondial (2021), «Upskilling for Shared Prosperity» (Le renforcement des compétences au service d’une prospérité partagée).

[3] EDJNet (2018), «De plus en plus d’emplois précaires».