European Economic
and Social Committee
Le Comité économique et social européen envoie un message fort à la société civile ukrainienne: notre soutien doit se poursuivre «autant que nécessaire et aussi longtemps qu’il le faudra»
La veille de l’anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté une résolution appelant à une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne, dans le plein respect des principes de l’élargissement. Le CESE se déclare favorable à la création d’un tribunal international spécial sur les crimes d’agression contre l’Ukraine, et souligne que le soutien à la société civile doit se poursuivre «autant que nécessaire et aussi longtemps qu’il le faut».
Le jeudi 23 février 2023, lors de sa session plénière, le CESE a adopté sa troisième résolution consacrée à l’Ukraine, intitulée «Ukraine: un an après l’invasion russe — le point de vue de la société civile européenne», et il a orgaisé un débat sur l’impact de la guerre sur la population en Ukraine et dans l’Union. Parmi les intervenantes et les intervenants invités figuraient Oleksandra Matviïtchouk, directrice du Centre ukrainien pour les libertés civiles et lauréate du prix Nobel de la paix 2022, et Lora Pappa, fondatrice et présidente de l’ONG grecque METAdrasi — Action pour le développement des migrations.
Dans sa résolution, le CESE plaide en faveur de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Ce à quoi nous sommes confrontés, c’est la lutte de la démocratie contre l’autocratie
, a déclaré Christa Schweng, présidente du CESE. Nous plaidons pour un processus d’adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union dans le plein respect des principes de l’élargissement, et demandons un soutien ciblé à la reconstruction et au redressement économique de l’Ukraine. La société civile ukrainienne et les citoyens ukrainiens demeurent la priorité absolue du CESE
.
La résolution préconise la création d’un tribunal international spécial sur les crimes d’agression contre l’Ukraine, ainsi que des sanctions à l’encontre de la Fédération de Russie, dans le droit fil de la position du Parlement européen. Dans un discours poignant, Mme Matviïchouk a fait état du nombre sans précédent de crimes de guerre et d’atrocités commis par les troupes russes. À ce jour, 31 000 crimes de guerre ont été documentés, et des centaines de survivantes et de survivants ont été interrogés. Il est temps de transformer la volonté en décision et de donner compétence pour des procédures juridiques, car une paix durable est impossible sans justice. Il nous faut briser le cycle de l’impunité, épargner aux autres nations ce que le peuple ukrainien est en train de subir
, a-t-elle déclaré.
Seamus Boland, président du groupe des organisations de la société civile a poursuivi: Nous soutenons aussi les appels visant à reconnaître la Fédération de Russie comme un État promoteur du terrorisme et à créer un tribunal international spécial sur les crimes d’agression contre l’Ukraine. Enfin, le groupe Wagner doit être inscrit sur la liste de l’Union européenne en matière de terrorisme
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Un an après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, les organisations d’employeurs et de travailleurs et la société civile dans son ensemble, tant en Ukraine qu’à l’étranger, ont apporté leur aide à quelque 8 millions de réfugiés et à 6 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Toutefois, une certaine «fatigue» commence à apparaître. Comme l’a souligné Mme Pappa, nous devons lutter contre la “fatigue de la guerre”, et trouver des moyens de continuer à sensibiliser aux valeurs humanistes et aux principes fondateurs de l’Union
.
L’Union doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter que ne s’impose une «insensibilité» à la guerre et à ses atrocités. Il importe de continuer à fournir une assistance et une aide concrète aux organisations de la société civile. Oliver Röpke, président du groupe des travailleurs: Notre mission première est de soutenir et de renforcer la coopération avec les organisations de la société civile en Ukraine. La société civile ukrainienne ne devrait pas être une simple invitée ici, elle devrait y être chez elle
. Le CESE recommande dès lors de mettre en place un mécanisme visant à donner des moyens d’action à la société civile ukrainienne en finançant et en facilitant sa participation aux réseaux de la société civile européenne, et en soutenant la plateforme de la société civile UE-Ukraine dans le cadre de l’accord d’association, y compris les réseaux de tutelle basés à Bruxelles ou encore les organisations de la diaspora ukrainienne.
Le CESE reconnaît que la reconstruction de l’Ukraine sera une tâche immense, et il demande la participation des partenaires sociaux et des organisations de la société civile organisée à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des plans de reconstruction et de relance. Le CESE demande le rétablissement du dialogue social en Ukraine dans le cadre de la loi martiale, et ce malgré les difficultés qu’il pourrait présenter; et il se félicite des accords tripartites positifs sur les réformes du droit du travail en Ukraine et de l’amélioration attendue des dispositions législatives relatives aux conventions collectives.
Dans un même ordre d’idées, nous devons également aider les entreprises ukrainiennes. Elles devraient non seulement avoir accès au marché unique, mais aussi pouvoir bénéficier de programmes clés de l’Union.
La société civile sera la colonne vertébrale du redressement d’après-guerre, c’est une évidence. Sa participation sera impérative, et elle assurera la transparence et l’équité tout en garantissant le déploiement des ressources là où elles sont le plus nécessaires. Sur ce point, Stefano Mallia, président du groupe des employeurs, a déclaré: Autant que nécessaire et aussi longtemps qu’il le faudra, la société civile est prête à faire tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir l’Ukraine sur la voie de son redressement. La paix et la justice devront avoir le dernier mot
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