Copyright: Almir Hoxhaj

Albanais immigré en Grèce, Almir Hoxhaj parle aujourd’hui le grec avec la même aisance que sa langue maternelle. Installé depuis plus de trente ans dans le pays, il a le sentiment d’en faire partie intégrante, même s’il ne lui a pas été facile de s’adapter à la société grecque, où le mot «albanais» a même valeur d’injure. Il nous expose ici son itinéraire personnel.

Albanais immigré en Grèce, Almir Hoxhaj parle aujourd’hui le grec avec la même aisance que sa langue maternelle. Installé depuis plus de trente ans dans le pays, il a le sentiment d’en faire partie intégrante, même s’il ne lui a pas été facile de s’adapter à la société grecque, où le mot «albanais» a même valeur d’injure. Il nous expose ici son itinéraire personnel.

Je suis né dans un petit village du district de Vlorë, où j’ai vécu jusqu’à mes douze ans. Ma famille a déménagé à Tirana, mais en 1997, j’ai pris une décision difficile, celle de gagner la Grèce, en quête d’un meilleur avenir. Il était courant à l’époque, après l’ouverture des frontières, que les Albanais partent se réfugier en Grèce, car les limites terrestres étaient censées être plus aisément franchissables. Cette traversée, je l’ai effectuée à pied à dix-huit reprises: j’avais peur de la mer. Je me souviens encore de mon ultime périple qui, en cinq jours, m’a amené jusqu’à Véroia et durant lequel, malgré une pluie ininterrompue, j’ai été torturé par la soif, que n’a même pas réussi à étancher le verre d’eau rempli à ras bord que j’avais enfin pu obtenir... C’est ainsi qu’a débuté ma vie en Grèce: dans la main, un verre d’eau à ras bord.

Mon contact initial avec ce pays remonte à mes quinze ans, lorsqu’en secret, j’ai effectué un premier franchissement de frontière avec des amis. L’idée que nous effectuions ainsi un acte illégal ne nous a même pas effleuré l’esprit. Si j’avais pu m’envoler pour la Grèce, je l’aurais fait: j’avais une attirance toute particulière pour ce pays, sa langue, sa mythologie et son histoire. L’été, je travaillais d’arrache-pied, pour aider ma famille autant que je le pouvais. Mon installation définitive sur le territoire grec a été parsemée d’embûches, le racisme et les difficultés d’intégration venant s’ajouter à l’insécurité juridique. Je me souviens parfaitement d’un incident que j’ai vécu à mes débuts. Alors que j’étais en séjour illégal, sans couverture sociale et ignorant la langue du pays, une de mes dents s’est brisée. Je n’ai eu d’autre choix que de l’extraire par mes propres moyens, devant un miroir, en me servant, pour l’arracher, de pinces que j’utilisais au travail. Le sang m’inondait la bouche.

S’adapter à la société grecque a été tout sauf aisé. Le migrant de première génération que j’étais avait le sentiment d’être un étranger, c’était comme si j’avais constamment la bouche en sang. Je séjournais clandestinement sur place, et j’avais peur de sortir pour faire un tour ou prendre un café. Je me heurtais partout à un racisme qui revêtait bien des formes. Un père a menacé ses jeunes enfants, s’ils ne se tenaient pas tranquilles, de les faire manger par l’Albanais. Dans les cafés, clubs ou autres lieux, on me refusait l’entrée, et certains, à ma première visite, affichaient même un panneau «Pas d’Albanais». Nous étions taxés de «sales» parce que nous étions d’une autre religion. Aujourd’hui, les relations entre les Grecs et les Albanais se sont améliorées, bien que certains stéréotypes aient la vie dure. En Grèce, le mot «Albanais» a même valeur d’injure. Le racisme était monnaie courante, et il subsiste encore, même s’il s’est aujourd’hui atténué: les temps ont changé. Le phénomène n’en persiste pas moins, et il est accentué par les difficultés financières et le manque d’éducation.

Les préjugés et la discrimination sont profondément ancrés, et ils se traduisent souvent, sur le plan politique et social, par des comportements extrémistes qui font tache d’huile et se répandent jusqu’au Parlement européen. C’est une triste réalité, une réalité persistante, même si des progrès ont été enregistrés. Pour les jeunes générations, l’espoir est néanmoins permis. Nos enfants auront de meilleures chances d’être pleinement acceptés, et il en va de même pour ma fille de 12 ans.

Exerçant le métier d’entrepreneur en bâtiment, j’éprouve aujourd’hui des sentiments partagés quand je jette un regard sur mon passé. Jour après jour, j’ai été confronté à des difficultés pour m’adapter et à un manque de tolérance. C’est néanmoins grâce à ces avanies que j’ai réussi à mieux comprendre le sens profond de l’existence et l’enjeu que représente l’intégration.

L’Albanie restera toujours une partie de mon être. Je me rappelle très nettement les années vécues sous le régime communiste. C’était une époque où régnaient la paranoïa, la peur, l’insécurité et une extrême pauvreté. La chute de ce régime fut pour nous un soulagement mais déboucha aussi sur de nouveaux problèmes, comme le chômage ou la criminalité. Ces expériences m’ont forgé: elles m’ont appris à apprécier la stabilité et la liberté que j’ai trouvées sur le sol grec.

Je me sens lié à la Grèce par une connexion personnelle. Mon cœur a beau être resté dans mon village d’Albanie, c’est ici que se trouve ma vie. Je maîtrise le grec aussi bien que ma langue maternelle. Mon vécu, mes combats, mes succès font que j’ai le sentiment de faire partie de ce pays. J’espère qu’avec le temps, les Grecs reconnaîtront notre apport à la société et nous accepteront pleinement.

Migrer constitue une épreuve qui abonde en défis à relever mais ouvre également maintes perspectives et, en tant qu’Albanais immigré en Grèce, je ne pouvais esquiver cette situation. Surmonter les difficultés, m’adapter et garder espoir: tels ont été les multiples étapes qui ont jalonné mon parcours.

Pour ce qui est des années à venir, je me vois poursuivre ma vie en Grèce, qui est aujourd’hui ma maison, et j’escompte que l’Albanie sera devenue un membre à part entière de cette Union européenne qui constitue désormais la patrie de chacun d’entre nous.

Almir Hoxhaj a 47 ans. Il vit et travaille à Tripoli, une petite ville de Grèce, dans la péninsule du Péloponnèse, et a une fille de 12 ans. Sa ville préférée est Berlin. Parlant et écrivant couramment le grec, il a traduit dans cette langue l’«Épopée des étoiles du matin» de l’écrivain albanais Rudi Erebara. L’ouvrage, qui a été couronné en 2017 par le Prix de littérature de l’Union européenne, décrit les tragédies que le peuple albanais a vécues au vingtième siècle. Bien que le récit se situe dans ce siècle écoulé, les valeurs qui sous-tendent le totalitarisme, le fascisme et l’irrationalité continuent malheureusement à se manifester, sous des formes «modernes», dans le monde d’aujourd’hui.

En avril 2024, Enrico Letta a publié son rapport attendu de longue date sur l’avenir du marché unique de l’Union, intitulé «Bien plus qu’un marché» (Much More than a Market). Lors de sa session plénière de janvier 2025, le CESE a adopté un avis sur le thème Comment soutenir les entités de l’économie sociale conformément aux règles en matière d’aides d’État: quelques réflexions à la suite des suggestions du rapport d’Enrico Letta. Nous avons demandé au rapporteur de l’avis, Giuseppe Guerini, dans quelle mesure et pourquoi il s’est inspiré du rapport de M. Letta qui, entre autres, invite les institutions européennes à améliorer l’encadrement juridique des aides d’État et à permettre aux entreprises de l’économie sociale d’obtenir plus facilement des prêts et des financements. Sur la base des conclusions de ce rapport, comment le CESE envisage-t-il d’aider ces entreprises à se conformer aux règles en matière d’aides d’État?

En avril 2024, Enrico Letta a publié son rapport attendu de longue date sur l’avenir du marché unique de l’Union, intitulé «Bien plus qu’un marché» (Much More than a Market). Lors de sa session plénière de janvier 2025, le CESE a adopté un avis sur le thème Comment soutenir les entités de l’économie sociale conformément aux règles en matière d’aides d’État: quelques réflexions à la suite des suggestions du rapport d’Enrico Letta. Nous avons demandé au rapporteur de l’avis, Giuseppe Guerini, dans quelle mesure et pourquoi il s’est inspiré du rapport de M. Letta qui, entre autres, invite les institutions européennes à améliorer l’encadrement juridique des aides d’État et à permettre aux entreprises de l’économie sociale d’obtenir plus facilement des prêts et des financements. Sur la base des conclusions de ce rapport, comment le CESE envisage-t-il d’aider ces entreprises à se conformer aux règles en matière d’aides d’État?

Copyright: Schotstek

L’origine et le milieu social ne devraient jamais constituer des obstacles au succès, selon Evgi Sadegie, directrice générale de Schotstek, une organisation basée à Hambourg et Berlin qui promeut l’égalité des chances et la diversité culturelle dans le monde professionnel. Les programmes originaux de bourses de Schotstek visent à soutenir, dans leur parcours vers des postes de direction dans la recherche, le commerce et la société, les jeunes issus de l’immigration qui font preuve d’intelligence, d’ambition et de motivation. En les aidant à établir des réseaux solides et en les dotant des compétences adéquates, Schotstek donne aux étudiants et aux jeunes travailleurs talentueux les moyens de réaliser pleinement leur potentiel.

L’origine et le milieu social ne devraient jamais constituer des obstacles au succès, selon Evgi Sadegie, directrice générale de Schotstek, une organisation basée à Hambourg et Berlin qui promeut l’égalité des chances et la diversité culturelle dans le monde professionnel. Les programmes originaux de bourses de Schotstek visent à soutenir, dans leur parcours vers des postes de direction dans la recherche, le commerce et la société, les jeunes issus de l’immigration qui font preuve d’intelligence, d’ambition et de motivation. En les aidant à établir des réseaux solides et en les dotant des compétences adéquates, Schotstek donne aux étudiants et aux jeunes travailleurs talentueux les moyens de réaliser pleinement leur potentiel.

Par Evgi Sadegie

L’Allemagne présente une grande diversité culturelle, mais jusqu’à présent, elle ne se reflète guère dans les sphères dirigeantes de sa vie économique, scientifique, culturelle et politique. Les personnes issues de l’immigration sont souvent confrontées à des obstacles qui exacerbent les inégalités sociales, empêchent d’exploiter le potentiel d’innovation et sapent la cohésion sociale. Les préjugés, les inégalités en matière d’accès à l’éducation et l’absence de modèles et de réseaux entravent la progression de carrière de nombre de talents.

En 2013, Sigrid Berenberg fonde Schotstek avec des amis. Cette avocate de profession s’attelait, depuis de nombreuses années, à promouvoir la justice sociale et la diversité. Elle crée Schotstek avec des personnes qui partagent les mêmes idées, s’attachant tout particulièrement à ouvrir la voie vers des postes de direction à des jeunes issus de l’immigration intelligents, ambitieux et motivés. Elle œuvre ainsi en faveur de boursiers brillants, qui deviendront de futurs acteurs de changement et décideurs. Sigrid Berenberg s’est longtemps investie totalement dans la gestion du programme, sur une base entièrement volontaire.

Schotstek est une société à but non lucratif financée par des dons et des initiatives conjointes avec d’autres entreprises. Son programme bénéficie du soutien énergique d’un réseau de partenaires, d’organes consultatifs et d’amis, dont les membres sont tous des décideurs de haut niveau, venus d’un large éventail de secteurs et de cultures. Il convient en particulier de mentionner que trois des sept associés et l’actuelle directrice générale sont eux-mêmes d’anciens boursiers du programme Schotstek. Cette configuration prouve que Schotstek délègue de plus en plus de responsabilités aux talents qu’il soutient et que les effets de son programme sont durables.

Le soutien tout particulier que Schotstek offre aux étudiants et aux jeunes travailleurs s’effectue au moyen de deux programmes parallèles. Chaque année sont constitués des groupes accompagnant jusqu’à 25 étudiants à Hambourg et un maximum de 20 jeunes travailleurs dans cette même ville et à Berlin. Après un programme obligatoire de deux ans, les participants restent au sein du réseau et peuvent participer à différents rendez-vous.

La construction de réseaux solides est au cœur des programmes de Schotstek, étant donné que de nombreux jeunes issus de l’immigration n’ont pas accès aux connexions professionnelles et sociales qui sont essentielles pour leurs perspectives de carrière. Schotstek les met en contact avec d’anciens boursiers, ainsi qu’avec des structures de conseil et des experts du monde de l’entreprise, du secteur scientifique, de la sphère politique, de la culture et de la société. Des manifestations organisées régulièrement, telles que des soirées thématiques et des discussions avec des personnalités de premier plan, favorisent les échanges et leur permettent d’élargir leurs horizons. Ces liens ouvrent des perspectives de carrière et créent une communauté qui assure un soutien à long terme et des réussites partagées. Les anciens boursiers jouent dorénavant un rôle clé en partageant leurs connaissances et leurs réseaux et en élargissant constamment le champ d’action de Schotstek.

Schotstek propose des ateliers et un accompagnement qui préparent spécifiquement les participants à occuper des postes de direction. La formation renforce les compétences essentielles, concernant, par exemple, la communication, la confiance en soi et les capacités de direction. Les participants bénéficient également d’un soutien personnel sous la forme d’un mentorat. Ils sont mis en contact avec des professionnels et des cadres expérimentés, à même de leur fournir des informations précieuses sur le monde du travail, ainsi que de les aider à planifier leur carrière et à relever des défis dans leur activité. Les mentors servent de modèles et encouragent les participants à poursuivre leurs objectifs professionnels et à surmonter les obstacles.

Promouvoir la participation culturelle constitue une autre caractéristique spécifique du programme Schotstek. Les participants fréquentent les musées, les théâtres, les opéras, les galeries et d’autres institutions culturelles, dont la visite renforce leur bagage culturel, leur développement personnel et leur attachement à leur ville d’origine. Ces expériences élargissent les horizons des boursiers et favorisent un sentiment d’appartenance.

Schotstek s’efforce de promouvoir la diversité au niveau de l’encadrement. L’origine et le milieu social ne devraient plus constituer des obstacles à la réussite. Depuis sa création, Schotstek a déjà soutenu des centaines de jeunes, et 240 participants et anciens boursiers restent actifs en son sein. Nombre d’entre eux participent au conseil consultatif des anciens boursiers, se font les ambassadeurs de Schotstek, soutiennent son travail sur les médias sociaux ou partagent leurs expériences de compagnons de route ou de mentors. Quiconque a bénéficié d’une bourse de Schotstek reste un membre permanent du réseau, suivant un modèle qui a été un gage de succès durable. En 2023, l’extension du programme à Berlin a montré que le concept de Schotstek peut également être mis en œuvre avec succès dans d’autres villes.

Bien plus qu’un programme de soutien, Schotstek est un mouvement qui montre de façon éclatante comment il est possible d’encourager et de visibiliser tout particulièrement des personnes compétentes issues de la diversité. Schotstek ouvre et crée des possibilités qui vont au-delà du succès individuel et donne un exemple de la manière dont l’Allemagne peut tirer pleinement parti de son potentiel en tant que pays d’immigration. En promouvant des talents remarquables et en éliminant les entraves, le programme joue un rôle crucial dans la construction de cette société plus juste et robuste face aux défis de demain qui est essentielle dans un environnement mondialisé.

Titulaire d’un diplôme en études turques, Evgi Sadegie est la directrice générale de Schotstek gGmbH et est elle-même une ancienne boursière de la cohorte de 2014. Avant d’occuper ses fonctions actuelles, elle a dirigé le projet de mentorat «Yoldaş» de la fondation civique de Hambourg, qui soutient les enfants issus de familles turcophones défavorisées sur le plan socio-économique. Elle a ainsi défendu l’égalité des chances à une autre des grandes extrémités du spectre de l’égalité. Grâce à sa vaste expérience en matière de gestion de projets, notamment dans les domaines du mentorat et de la coopération interculturelle, elle participe activement à la promotion de la diversité et de l’intégration dans la société.

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Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), est prêt à aider les Syriens qui estiment qu’ils peuvent rentrer chez eux en toute sécurité. Pour tous les autres, il déconseille toutefois les retours forcés dans un pays marqué par l’incertitude politique et confronté à l’une des pires crises humanitaires au monde, où pas moins de 90 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, fait valoir Jean-Nicolas Beuze, son représentant auprès de l’Union.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), est prêt à aider les Syriens qui estiment qu’ils peuvent rentrer chez eux en toute sécurité. Pour tous les autres, il déconseille toutefois les retours forcés dans un pays marqué par l’incertitude politique et confronté à l’une des pires crises humanitaires au monde, où pas moins de 90 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, fait valoir Jean-Nicolas Beuze, son représentant auprès de l’Union.

Par Jean-Nicolas Beuze

Alors qu’en Syrie, la scène politique connaît des mutations rapides dans le sillage de la chute du président Bachar el-Assad, le sort des réfugiés syriens — le groupe le plus important au monde — se retrouve au centre des débats partout en Europe.

Un nombre croissant d’États de l’Union européenne suspendent les décisions relatives aux demandes d’asile de Syriens, et certains d’entre eux ont annoncé des initiatives prévoyant notamment des vols charters et des incitations financières ou des «primes de retour» afin d’encourager les réfugiés à rentrer chez eux. L’on entend que d’autres encore envisageraient même d’expulser des Syriens qui se trouvent actuellement sur leur territoire, quel que soit leur statut en matière d’asile.

Pour que les États de l’Union tranchent en connaissance de cause en matière d’asile, ils doivent apprécier si la Syrie est un pays sûr pour permettre à ses ressortissants qui résident actuellement en Europe d’y retourner. Le cours des événements sur le terrain change rapidement et ne permet pas à l’heure actuelle de se prononcer catégoriquement en matière de sécurité. Dans ce domaine, la situation en Syrie demeure incertaine, sachant que ce pays est écartelé entre l’espoir de paix et de réconciliation et la menace de nouvelles violences.

Les millions de réfugiés syriens qui vivent en dehors de leurs pays ne savent que penser de l’évolution de la situation dans leur patrie et de ce qu’elle signifie pour leur propre avenir. Ils se demandent si la Syrie sera pour eux un pays sûr, si leurs droits y seront respectés. Pour certains, la perspective d’un retour peut sembler plus réaliste, tandis que d’autres l’envisagent encore avec de vives inquiétudes.

Dans la Syrie d’aujourd’hui, que réservera l’avenir à celles et ceux qui appartiennent à des minorités ethniques ou religieuses, qui professent des idées politiques divergentes ou encore qui se reconnaissent comme membres de la communauté LGBTQ+? La réponse demeure incertaine.

Mais pour ceux qui estiment qu’ils peuvent rentrer chez eux en toute sécurité, il nous faut respecter leur appréciation et, le cas échéant, les aider à retourner et à se réintégrer dans leur communauté d’origine. Toutefois, pour tous les autres, le HCR conseille de ne pas les forcer à retourner en Syrie en raison de l’instabilité et de l’incertitude politique qui continue d’y régner.

Un rapatriement forcé depuis l’Union européenne violerait les droits dont disposent les Syriens en leur qualité de réfugiés, et les exposerait ce faisant au risque de subir un préjudice grave et irréparable à leur retour.

Alors que les armes continuent de parler et que la violence sévit toujours dans différentes régions de Syrie, et qu’il n’apparaît pas encore clairement de quelle manière les nouvelles autorités entendent répondre aux besoins de la population, en particulier ceux des groupes vulnérables, il est donc prématuré pour beaucoup d’envisager d’y retourner. Il importe de respecter leur jugement en la matière. Par conséquent, les États membres de l’Union européenne, ainsi que les pays limitrophes de la Syrie qui accueillent avec générosité la plupart des réfugiés syriens depuis plus de dix ans, doivent continuer à respecter leur engagement de fournir une protection aux Syriens sur leur territoire.

Sur les 1,1 million de déplacés à l’intérieur du pays du fait de la recrudescence des hostilités à la fin du mois de novembre dernier, quelque 627 000 de personnes, dont 75 % de femmes et d’enfants, ne sont toujours pas rentrées chez elles.

Des retours prématurés présentent des risques importants, notamment celui d’alimenter un cycle de déplacements — tant en Syrie même qu’au-delà de ses frontières — qui aboutiront en fin de compte à aggraver la crise.

Outre ces déplacements massifs, la Syrie fait en effet face à l’une des plus graves crises humanitaires au monde. Les infrastructures syriennes, notamment des hôpitaux, des écoles et des logements, ont été en grande partie détruites pendant le conflit. La plupart des réfugiés n’ont plus d’habitation où rentrer. De nombreuses régions subissent toujours des pénuries de nourriture, d’eau potable et de soins médicaux. Faute de services de base, de perspectives économiques et de sécurité, il est difficile pour les rapatriés de reconstruire leur vie de manière pérenne et digne. Un chiffre choquant de 90 % de la population syrienne vit sous le seuil de pauvreté.

Au cours de ces dernières semaines, les retours volontaires de Syriens depuis le Liban, la Turquie et la Jordanie ont sensiblement augmenté, à hauteur de 125 000, soit quelque 7 000 par jour, à en croire les premières estimations. Si ces retours sont motivés par des choix individuels, le HCR n’en est pas moins disposé à aider ceux qui décident de rentrer dès maintenant.

Alors que nombre de Syriens en Europe et dans les pays voisins de la Syrie se demandent s’il est sûr de rentrer et s’interrogent sur les services de base et les possibilités de reconstruire leur vie qu’ils pourront y trouver, tous désirent ardemment y retrouver ceux qui leur sont chers. C’est pourquoi beaucoup souhaitent rentrer chez eux pour de courtes visites afin de se faire leur propre idée de la situation sur le terrain. Ils doivent pouvoir le faire sans craindre de perdre leur statut de réfugié en Europe. Ces visites pour «aller et voir sur place» sont essentielles pour permettre à ces personnes de décider en connaissance de cause, ce qui produira de meilleurs résultats, sous la forme notamment de retours sûrs et pérennes.

La patience et la prudence sont essentielles, sachant que les Syriens attendent des conditions propices pour rentrer chez eux en toute sécurité et réussir à se réintégrer au sein de leurs communautés. Puisque de nombreux Syriens commencent à envisager de rentrer chez eux, le HCR est prêt à les aider. Après des années de déplacement, il pourrait s’agir pour nombre d’entre eux d’une occasion longtemps espérée de mettre un terme à leur périple de réfugiés et de trouver une solution durable en retournant en Syrie. Tout comme l’Union européenne et le HCR n’ont cessé d’être présents à leurs côtés tout le temps de leur exil, nous continuerons de l’être lorsqu’ils rentreront chez eux et reconstruiront une nouvelle Syrie.

Jean-Nicolas Beuze est le représentant du HCR auprès de l’Union européenne, de la Belgique, de l’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas et du Portugal, après avoir exercé cette même fonction auprès de l’Irak, du Yémen et du Canada. Il possède plus de 27 années d’expérience au service des Nations unies, tant sur le terrain qu’à leur siège, dans les domaines des droits de l’homme, du maintien de la paix et de la protection de l’enfance.

La réponse de l’UE à la Syrie post-Assad est confrontée aux enjeux de l’équilibre à trouver entre les besoins humanitaires, la politique migratoire et le processus de stabilisation et de reconstruction du pays. Pour des questions de politique intérieure et de considérations à court terme, la priorité risque d’être donnée à une politique de retours accélérés, alors que des approches coordonnées et équilibrées pourraient jouer un rôle crucial dans la stabilisation de la Syrie et la promotion de son développement à long terme, écrit Alberto-Horst Neidhardt, invité-surprise de CESE info et expert de haut niveau pour les questions migratoires au European Policy Centre.

 

 

La réponse de l’UE à la Syrie post-Assad est confrontée aux enjeux de l’équilibre à trouver entre les besoins humanitaires, la politique migratoire et le processus de stabilisation et de reconstruction du pays. Pour des questions de politique intérieure et de considérations à court terme, la priorité risque d’être donnée à une politique de retours accélérés, alors que des approches coordonnées et équilibrées pourraient jouer un rôle crucial dans la stabilisation de la Syrie et la promotion de son développement à long terme, écrit Alberto-Horst Neidhardt, invité-surprise de CESE info et expert de haut niveau pour les questions migratoires au European Policy Centre.

Alberto-Horst Neidhardt est analyste politique principal et chef du programme européen «Diversité et migration» au European Policy Centre. Il travaille sur le droit et les politiques en matière d’asile et de migration, les droits des citoyens de l’Union, la désinformation et les aspects politiques de la migration. Titulaire d’un doctorat en droit européen de l’Institut universitaire européen, il donne des conférences à l’université catholique de Lille sur les politiques de migration et de mobilité, la gouvernance de l’UE et l’éthique dans l’élaboration des politiques.

 

Par Alberto-Horst Neidhardt

Un mois après la fin du régime brutal de Bachar el-Assad, la réaction officielle de l’Union reste essentiellement limitée à l’annonce d’une aide au développement et à la stabilisation économique. Nul ne sait si et quand les sanctions à l’encontre de la Syrie seront levées. Le soutien européen dépendra de la protection des minorités et d’autres garanties, dont les perspectives restent incertaines. La dynamique politique, sécuritaire et humanitaire complexe de la Syrie donne à penser que toute consolidation démocratique sera longue et difficile. 

Par Alberto-Horst Neidhardt

Un mois après la fin du régime brutal de Bachar el-Assad, la réaction officielle de l’Union reste essentiellement limitée à l’annonce d’une aide au développement et à la stabilisation économique. Nul ne sait si et quand les sanctions à l’encontre de la Syrie seront levées. Le soutien européen dépendra de la protection des minorités et d’autres garanties, dont les perspectives restent incertaines. La dynamique politique, sécuritaire et humanitaire complexe de la Syrie donne à penser que toute consolidation démocratique sera longue et difficile. Cette situation permettra d’évaluer la capacité de l’Union à parler d’une seule voix et à agir de concert sur l’avenir du pays. Au lieu de cela, plusieurs États européens n’ont pas hésité à insister sur une priorité commune immédiate: le retour des Syriens déplacés. En décembre, quelques jours seulement après que le régime Assad a perdu Damas, l’Autriche, où Herbert Kickl, dirigeant du FPÖ, avait été mandaté pour former un nouveau gouvernement, a annoncé une «prime de retour» et un programme d’expulsion pour les personnes étrangères ayant un casier judiciaire. Aux Pays-Bas, le gouvernement de coalition dirigé par le nationaliste de droite Geert Wilders prévoit de définir des zones sûres pour les retours. L’Allemagne a également annoncé que la protection accordée aux Syriens serait «réexaminée et révoquée» si le pays se stabilise. D’autres États européens ont fait des déclarations similaires ou suivent la situation de près. Dans ce contexte, même la décision de lever les sanctions pourrait être motivée par l’intention de concrétiser les retours plutôt que par un changement de point de vue sur les nouveaux dirigeants syriens.

Alors que les partis d’extrême droite et anti-immigration bénéficient d’un soutien croissant dans toute l’Europe et que des élections fédérales se profilent en Allemagne, la vision des États membres à l’égard de la Syrie risque d’être dictée par des priorités nationales et des calculs électoraux à court terme. Entre 2015 et 2024, plus d’un million de Syriens se sont vu accorder une protection par des États membres de l’UE, principalement en Allemagne. Depuis, leur présence est devenue une question politique et sociétale controversée. Dans un contexte d’incidents de sécurité largement médiatisés, d’inflation élevée et de hausse des coûts de l’énergie, l’opinion publique de nombreux pays accueillant des réfugiés ne leur est plus aussi favorable. Ce changement d’attitude a entraîné une normalisation des discours et politiques hostiles. Bien que la Commission européenne et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) aient appelé à la prudence en matière de retour des réfugiés, cette dynamique pourrait inciter des gouvernements européens à les accélérer, même unilatéralement.

Depuis la chute du régime Assad en décembre, plus de 125 000 réfugiés, principalement ceux qui s’étaient installés dans des pays voisins, sont déjà retournés en Syrie. Toutefois, leurs perspectives sont peu réjouissantes. Même avant les événements récents, plus de la moitié de la population syrienne était en situation d’insécurité alimentaire, et trois millions de personnes souffraient de famine extrême. Le conflit ayant entraîné la destruction de nombreuses habitations, les structures d’accueil ont déjà atteint leur pleine capacité. Selon le HCR, près de 300 millions d’euros seraient nécessaires pour fournir un hébergement, de la nourriture et de l’eau à celles et ceux qui rentrent au pays. S’il convient que l’Union et ses États membres définissent des approches coordonnées pour faciliter le rapatriement volontaire et sûr des Syriens à long terme, leur priorité immédiate devrait être de répondre aux besoins humanitaires du pays dans ce contexte. Faire pression sur les réfugiés pour qu’ils retournent rapidement dans un pays déchiré par la guerre et instable pourrait en fait produire des effets inverses à ceux escomptés, et limiter davantage encore l’accès à la nourriture, à l’énergie et à un toit. Des retours massifs pourraient également perturber le tissu ethnique et socio-économique de régions déjà fragiles. La contribution potentielle de la diaspora syrienne aux efforts de reconstruction justifie également une approche équilibrée et durable. Le pays aura besoin d’ingénieurs, de médecins, d’administrateurs, d’enseignants et d’ouvriers possédant divers niveaux de compétences. Les Syriens ont acquis en Europe des compétences et une expérience précieuses dans des secteurs pertinents, notamment l’éducation, la construction et les soins de santé, mais il ne sera pas facile de recruter les bons profils. Il ne serait pas non plus indispensable que les réfugiés retournent définitivement en Syrie pour pouvoir contribuer à la reconstruction: les transferts de fonds en provenance d’Europe pourraient jouer un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté et le développement durable. Grâce à l’engagement de la diaspora, les Syriens établis en Europe pourraient également participer au renforcement des liens diplomatiques et culturels entre l’Union et la Syrie post-Assad.

Cependant, les États membres pourraient éprouver des difficultés à adopter une approche équilibrée et ne pas réussir à mener une stratégie coordonnée. Certains pays pourraient accorder la priorité à la stabilité à long terme et à la reconstruction de la Syrie, ce qui favoriserait les retours spontanés. D’autres pourraient s’empresser d’encourager financièrement le rapatriement volontaire, voire de réexaminer systématiquement le statut des Syriens dès que la situation humanitaire s’améliorera, même légèrement. Toutefois, le réexamen systématique du statut de réfugié se heurtera à d’importants obstacles juridiques et entraînera des coûts financiers et administratifs considérables. Dans le même temps, toute incitation au retour devra tenir compte du fait que la plupart des Syriens déplacés en Europe sont désormais bien installés, plus de 300 000 d’entre eux ayant acquis la citoyenneté de l’Union. Dans le même temps, les perspectives assez sombres du pays en matière d’économie et d’emploi peuvent dissuader même les plus motivés de rentrer. Dans ce contexte, une question fondamentale sera de savoir si les Syriens seront autorisés à s’engager dans ce que l’on appelle des «mouvements pendulaires» — c’est-à-dire retourner en Syrie pour des périodes limitées, les pays d’accueil européens continuant à leur offrir des possibilités durables en vue d’un retour plus permanent. Ces questions seront inévitablement liées à des discussions plus larges sur la politique migratoire de l’Union. L’évolution des discussions sur le retour des Syriens pourrait imprimer un élan décisif aux futures négociations sur la réforme de la directive de l’UE régissant les retours, qui devrait faire prochainement l’objet d’une proposition de la Commission européenne. Cependant, la révision de la directive pourrait également faire apparaître de nouvelles divisions entre les États membres de l’Union. Eu égard à la nécessité de repenser radicalement les politiques migratoires pour relever efficacement les défis actuels, l’approche de l’Union à l’égard des Syriens déplacés pourrait constituer un premier tournant critique dans ce nouveau cycle.

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À la barre de l’Union européenne, la Pologne a pris ce 1er janvier le relais de la Hongrie et assurera, durant les six premiers mois de l’année, la présidence du Conseil de l’UE. Pour l’Europe, la présidence polonaise s’inscrit dans une phase de transformation, coïncidant avec l’inauguration du nouveau mandat de la Commission européenne. 

À la barre de l’Union européenne, la Pologne a pris ce 1er janvier le relais de la Hongrie et assurera, durant les six premiers mois de l’année, la présidence du Conseil de l’UE. Pour l’Europe, la présidence polonaise s’inscrit dans une phase de transformation, coïncidant avec l’inauguration du nouveau mandat de la Commission européenne. 

Alors que la Russie poursuit sans relâche son agression contre l’Ukraine et que jamais encore, les tensions géopolitiques n’avaient atteint un tel sommet dans l’histoire récente de l’Europe, la Pologne axe ses priorités autour du thème global de la sécurité, lequel comporte une dimension externe et interne, s’applique à l’économie, l’énergie, l’alimentation et la santé et consiste aussi à assurer l’état de droit.

Ces priorités sont en consonance avec les engagements pris par le Comité économique et social européen, lorsqu’il entend promouvoir la cohésion, sauvegarder les valeurs démocratiques et assurer une prospérité durable. «Nous sommes fiers, ici au CESE, de nous profiler en partenaire fiable et motivé de la présidence polonaise, et nous nous employons à jouer un rôle actif pour définir les priorités politiques qui marqueront ce nouveau cycle européen», a déclaré Oliver Röpke, le président du Comité.

À la demande de la présidence polonaise, le Comité élaborera quatorze avis exploratoires. Afin de les découvrir, ainsi que les autres travaux que le CESE mènera durant le premier semestre de 2025, nous vous invitons à consulter notre nouvelle brochure. En la parcourant, vous apprendrez également qui sont les membres polonais du CESE et de quelles organisations ils sont les représentants. Disponible exclusivement en ligne, cette publication est diffusée en anglais, polonais, français et allemand. (ll)

Le 23 janvier 2025

Projection de «Flow», un des films sélectionnés pour le prix LUX du public 2025

Le 3 février 2025

Conférence intitulée «Justice sociale à l’ère numérique»

Le 18 février 2025

Audition sur le thème «Vers le sommet mondial sur le handicap: pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’action menée en matière humanitaire et de développement»

Les 26 et 27 février 2025

Session plénière du CESE

Le 23 janvier 2025

Projection de «Flow», un des films sélectionnés pour le prix LUX du public 2025

Le 3 février 2025

Conférence intitulée «Justice sociale à l’ère numérique»

Le 18 février 2025

Audition sur le thème «Vers le sommet mondial sur le handicap: pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’action menée en matière humanitaire et de développement»

Les 26 et 27 février 2025

Session plénière du CESE

Par le groupe des travailleurs

L’industrie européenne est confrontée à une multiplicité de défis, notamment des prix extrêmement élevés de l’énergie, la difficulté d’attirer une main-d’œuvre qualifiée et l’accès au financement. En 2023, l’Union européenne a présenté le plan industriel du pacte vert, qui cible la réalisation de la neutralité carbone. Dans sa présentation des orientations politiques de l’automne dernier, la présidente Ursula von der Leyen a évoqué un «pacte pour une industrie propre», avec pour visée des industries compétitives et des emplois de qualité, dans l’esprit du rapport Draghi. 

Par le groupe des travailleurs

L’industrie européenne est confrontée à une multiplicité de défis, notamment des prix extrêmement élevés de l’énergie, la difficulté d’attirer une main-d’œuvre qualifiée et l’accès au financement. En 2023, l’Union européenne a présenté le plan industriel du pacte vert, qui cible la réalisation de la neutralité carbone. Dans sa présentation des orientations politiques de l’automne dernier, la présidente Ursula von der Leyen a évoqué un «pacte pour une industrie propre» avec pour visée des industries compétitives et des emplois de qualité, dans l’esprit du rapport Draghi.

L’industrie est une composante essentielle des transitions écologique et numérique, ainsi que de notre système économique. Mais quel est le sens, pour les travailleurs, de ce nouveau pacte? Disposer d’une main-d’œuvre forte et syndiquée, bien rémunérée et jouissant de bonnes conditions de travail, n’est pas seulement une question qui se pose aux syndicats, mais elle concerne aussi la société dans son ensemble, la démocratie et la stabilité sociale, ainsi que la productivité des entreprises.

En l’absence d’orientations pertinentes et de financement public suffisant, ledit pacte pourrait en fin de compte se cantonner aux pans du rapport Draghi et du programme en matière de compétitivité qui sont les plus favorables à la déréglementation. Une telle approche pourrait mettre en péril le modèle social européen en favorisant un mode de concurrence pernicieux qui alimenterait un nivellement par le bas des salaires et des conditions de travail.

Pour répondre à cette préoccupation, le groupe des travailleurs du CESE et la Confédération européenne des syndicats (CES) organisent une conférence conjointe sur la politique industrielle européenne pour des emplois de qualité. Celle-ci se tiendra le 14 février prochain dans les locaux du CESE. Nous invitons toutes les parties intéressées à retenir cette date en vue de participer à la discussion.