Interdiction des pratiques de conversion dans l’Union européenne

Points clés

Le CESE:

  • condamne fermement toutes les formes de pratiques de conversion qui visent à modifier, supprimer ou effacer l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’expression de genre d’une personne, et considère qu’elles constituent une violation de l’interdiction absolue de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants;

  • rappelle que la discrimination, la violence et la torture visant des personnes LGBTIQ+ sur le territoire de l’Union sont incompatibles avec les valeurs et les droits fondamentaux de celle-ci;

  • invite la Commission européenne à proposer une interdiction juridiquement contraignante des pratiques de conversion à l’échelle de l’UE, couvrant à la fois la mise en œuvre et la publicité de ces activités, en incluant les pratiques de conversion parmi les «infractions de l’Union» et à les reconnaître comme des crimes de haine afin de garantir un niveau uniforme de protection sur tout le territoire de cette dernière;

  • préconise que l’interdiction soit complète et définie avec précision, qu’elle s’applique tant aux enfants qu’aux adultes, qu’elle couvre l’ensemble des acteurs publics et privés (professionnels et non professionnels) et qu’elle garantisse que la responsabilité pénale ou civile des survivants ne puisse en aucun cas être engagée;

  • insiste pour que l’interdiction comprenne des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives reflétant le préjudice grave causé par les pratiques de conversion;

  • demande l’inclusion explicite des caractéristiques sexuelles dans le champ d’application de l’interdiction afin de protéger les personnes intersexuées contre les interventions non thérapeutiques et non consenties visant une binarité forcée des identités de genre;

  • recommande des mesures de mise en œuvre fortes dans le cadre de la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ+ pour la période 2026-2030. Celles-ci devraient inclure un suivi annuel réalisé en consultation avec la société civile organisée, un financement spécifique pour la formation professionnelle et les organisations de défense de l’égalité, ainsi que des initiatives d’éducation et de sensibilisation du public soutenues par l’UE, qui sont indispensables pour recenser et éliminer ces pratiques.