European Economic
and Social Committee
OKRA REMPORTE LE PRIX DE LA SOLIDARITÉ CIVILE DU CESE POUR LA BELGIQUE
Une initiative belge créative qui vient en aide aux personnes âgées figure parmi les 23 projets de l’Union européenne et du Royaume-Uni qui ont été récompensés pour leur contribution remarquable à la lutte contre la COVID-19 et ses conséquences désastreuses.
Le Comité économique et social européen (CESE) a décerné son prix de la solidarité civile à l’association belge OKRA trefpunt 55+ pour son initiative originale consacrée à la résilience, qui a mis en avant l’accompagnement et la reconnaissance des personnes âgées durant la pandémie de COVID-19.
Le CESE, un organe consultatif qui représente la société civile européenne au niveau de l’UE, a désigné OKRA comme le meilleur candidat de Belgique à son prix, précisant que son projet offrait un remarquable exemple de solidarité dans le contexte de la crise de la COVID-19.
Les personnes âgées ont été reconnues comme un groupe à risque durant la pandémie, et l’association OKRA n’a ménagé aucun effort pour aider ces personnes à rester actives et à conserver une vie sociale. Elle est aussi intervenue au niveau de l’action publique en rédigeant une charte pour que ce groupe ne soit pas laissé de côté au motif qu’il est vulnérable, mais pour qu’il jouisse au contraire d’une plus grande autonomie.
La désignation d’OKRA parmi les 23 lauréats a eu lieu lors d’une cérémonie de remise des prix tenue dans un format virtuel par le CESE le 15 février.
Chaque lauréat a reçu un prix d’une valeur de 10 000 EUR.
En remettant ces récompenses, M. Cillian Lohan, vice-président du CESE chargé de la communication, a fait la déclaration suivante:
«Le CESE a martelé à maintes reprises que la solidarité et une action ciblée, fruit d’un effort commun, étaient des conditions essentielles pour surmonter une pandémie comme celle-ci. La seule réponse efficace à opposer à une telle crise consiste à agir rapidement, de manière résolue, et ensemble. On peut en tirer des leçons pour la gestion d’autres crises, qu’elles soient sociales, économiques ou environnementales.
La société civile s’est trouvée en première ligne de toutes les initiatives solidaires et, sans l’aide qu’elle a apportée sur le terrain, le tribut payé à cette pandémie aurait été autrement plus lourd. Tous les projets qui nous ont été soumis témoignent d’une mobilisation altruiste des citoyens et des acteurs du terrain, et mettent en évidence l’immense contribution de la société civile dans cette lutte. Avec ce prix, nous adressons une marque de reconnaissance aux individus et aux organisations qui font toute la différence en ces circonstances historiques. C’est un grand honneur que de pouvoir se retrouver pour célébrer cet événement.»
LE LAURÉAT BELGE
OKRA a reçu son prix au titre de l’une des thématiques proposées, les «services de conseil». Ce thème a regroupé des projets proposant un soutien en ligne dans divers domaines, notamment des services liés à la santé mentale, une assistance juridique ou encore une plateforme virtuelle d’aide aux victimes de violences domestiques.
Dès l’apparition de la pandémie, OKRA a mis en place de multiples initiatives originales pour aider les personnes âgées à rester actives et à entretenir leurs réseaux de socialisation. Ses membres et ses bénévoles se sont employés en priorité à soulager toutes les personnes âgées habitant la région de la Flandre, en Belgique, qui souffraient de la solitude et de la disparition de leurs interactions sociales.
OKRA a collaboré avec le radiodiffuseur VRT pour créer des activités simples de remise en forme qui étaient diffusées quotidiennement à la télévision et que les personnes âgées pouvaient facilement réaliser à leur domicile, alors que l’association diffusait ses exercices sur YouTube avant la pandémie. Un standard téléphonique a été mis en place, qui a permis de maintenir un contact, sur simple appel, par WhatsApp ou par d’autres canaux, avec 600 000 personnes en l’espace de six mois.
Lorsque les restrictions ont été en partie levées, OKRA a collaboré avec le conseil flamand des personnes âgées (Vlaamse ouderenraad), des responsables politiques et des virologues pour rédiger une charte inédite, qui a permis aux personnes âgées de décider si elles voulaient reprendre leurs activités, comme le bénévolat, et renouer avec leur vie sociale après la pandémie. L’association a également contribué à trouver des solutions concernant d’autres restrictions touchant les personnes âgées, en s’assurant que les grands-parents âgés de plus de 65 ans pourraient revoir leurs petits-enfants et que les visites en établissement de soins seraient autorisées.
M. Mark De Soete, directeur général d’OKRA a déclaré: «Durant cette crise, OKRA a prouvé que les seniors n’étaient pas juste un groupe à risque, mais qu’ils avaient de la créativité et de la flexibilité à revendre pour prendre soin les uns des autres. Cette récompense est un formidable encouragement à ne pas abandonner les personnes âgées à leur sort pendant la pandémie. Rester connecté, voilà l’objectif!».
Les autres candidats belges en lice pour le prix du CESE ont eux aussi soumis des projets d’une grande qualité. Parmi eux figuraient le projet «Helping Hand» de l’organisation The Food Bridge, qui a fourni des rations alimentaires hebdomadaires à des étudiants africains en Belgique, et la campagne photographique «Je craque! Nous craquons!» de l’organisation Gamp, illustrant la situation difficile des personnes handicapées pendant le confinement.
Les prix ont été décernés à des lauréats issus de 21 pays de l’Union européenne. Un prix a été décerné à un projet spécifiquement transfrontière, et un autre à une organisation britannique, un geste par lequel le CESE a voulu montrer qu’il entendait maintenir des liens étroits avec la société civile du Royaume-Uni bien que ce pays ait quitté l’Union.
Le CESE souhaitait récompenser une initiative dans chacun des États membres de l’Union, mais pour six d’entre eux, il n’a reçu aucun projet admissible.
La liste complète des lauréats figure ci-dessous et sur notre page web consacrée au prix.
Les lauréats ont été sélectionnés parmi un total de 250 candidatures, soumises par des organisations de la société civile, des individus et des entreprises privées. Tous les projets étaient avant tout guidés par la solidarité et ont relevé de manière efficace et créative les défis souvent immenses qui ont été posés par la crise.
La plupart des projets ciblaient des groupes de personnes vulnérables parmi les plus touchées par la crise, comme les personnes âgées ou les jeunes, les enfants, les femmes, les minorités, les migrants, les sans-abri, le personnel médical ou encore les travailleurs et les employeurs.
Sur le fond, les projets se sont concentrés sur cinq grands thèmes: l’approvisionnement alimentaire et l’assistance aux groupes vulnérables, le matériel médical, les services de conseil, les services éducatifs et l’information sur la pandémie, et enfin la culture.
Des informations détaillées sur l’ensemble des lauréats et des autres candidats peuvent être consultées dans notre brochure, disponible sur demande.
Le CESE espère qu’en les faisant connaître du public, le prix de la solidarité civile renforcera la visibilité non seulement des projets qui ont été récompensés, mais aussi de nombreuses autres initiatives créatives qui sont portées par des citoyens dans l’Union européenne.
«Aujourd’hui, nous n’applaudissons pas uniquement nos 23 lauréats. Nous tirons aussi notre chapeau à la société civile européenne dans son ensemble, et parmi elle à d’innombrables organisations, entreprises et individus qui ont fait preuve, encore maintenant, d’une solidarité, d’un courage et d’un sens civique sans précédent en cette période difficile qui nous met à l’épreuve», a déclaré M. Lohan.
Le CESE a indiqué que, à bien des égards, les projets et les initiatives émanant des citoyens et de la société civile ont complété les efforts déployés par les États membres pour amortir le contrecoup de la crise, et les ont même précédés dans certains domaines, par exemple dans la production de masques au niveau local et régional.
Par rapport aux éditions des années précédentes de son prix de la société civile, le CESE a constaté une augmentation du nombre de candidatures émanant d’organisations informelles ou moins bien établies, ce qui est très révélateur de l’état d’esprit sur le terrain. Les candidatures ont été moins nombreuses également dans certains pays moins touchés par la première vague de la pandémie ou possédant des systèmes de santé plus robustes.
LES CRITÈRES DU PRIX
En juillet 2020, le CESE a lancé un prix sur le thème de «La société civile face à la COVID-19», conçu comme une récompense spéciale et non récurrente en remplacement de son emblématique prix de la société civile. L’objectif était de mettre à l’honneur la société civile en Europe, qui s’est mobilisée de manière active et altruiste pour mener des actions de solidarité dès les tout premiers jours de la pandémie.
Le concours était ouvert aux individus, aux organisations de la société civile et aux entreprises menant des projets à but exclusivement non lucratif et ne recevant pas plus de 50 % de financements publics. Les initiatives devaient être directement liées à la COVID-19, et viser spécifiquement à lutter contre le virus ou à en atténuer les conséquences.
Chaque année, le prix de la société civile, une initiative phare du CESE, vient récompenser des organisations de la société civile ou des individus dont les projets mettent en valeur l’identité européenne et les valeurs communes de l’Europe dans un domaine d’action particulier. Le prix est décerné depuis 2006.
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PAYS |
LAURÉAT |
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AUTRICHE |
Kommunikationswerkstatt Talk 27, un atelier de lutte contre la désinformation, les fausses nouvelles et les informations erronées sur la pandémie, encourageant les citoyens à s’élever contre les manipulations faisant appel aux émotions ou à la psychologie. |
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BELGIQUE |
OKRA, trefpunt 55+, une association qui a réagi à la pandémie en mettant en place une initiative originale consacrée à la résilience, pour aider les personnes âgées à rester actives et à conserver une vie sociale. |
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BULGARIE |
Karin dom, une fondation qui a offert des actions de formation en ligne pour aider les familles d’enfants handicapés. |
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CROATIE |
Hrvatska mreža za beskućnike, un réseau croate qui a soutenu les sans-abri lorsque le confinement a été décrété et qu’un tremblement de terre a frappé le pays. |
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CHYPRE |
Des volontaires ont soutenu des groupes vulnérables durant la pandémie de COVID-19, notamment en livrant des denrées alimentaires et des médicaments aux personnes observant un isolement à cause de leur âge ou pour des raisons de santé. Ces initiatives ont été coordonnées par Erika Theofanidi. |
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RÉPUBLIQUE TCHÈQUE |
Nevypusť Duši, une association de médecins, de psychologues et de travailleurs sociaux dont les séminaires en ligne ont aidé des élèves de l’enseignement secondaire à surmonter leurs problèmes de santé mentale et à renforcer leur résilience psychologique durant la pandémie. |
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FRANCE |
Bouge ton Coq, une plateforme de défense de la ruralité en France, au titre de son initiative «C’est ma tournée!», qui a soutenu des entreprises et des petits commerces en milieu rural ayant éprouvé des difficultés à payer leurs charges durant la pandémie. |
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ALLEMAGNE |
Krisenchat, un service de conseil accessible 24 heures sur 24, offrant aux jeunes et aux enfants un accompagnement pratique gratuit et du réconfort par WhatsApp ou par SMS. |
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GRÈCE |
Steps, une organisation à but non lucratif qui a transformé son projet existant de guichet unique en guichets multiples pour offrir des repas chauds, de l’eau en bouteille et des produits d’hygiène personnelle aux personnes vivant dans la rue ou habitant un logement précaire. |
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HONGRIE |
Magyar Helsinki Bizottság, ou comité hongrois de Helsinki, qui a fourni une assistance juridique gratuite dans des affaires ayant trait aux droits de l’homme qui étaient liées à la crise. |
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IRLANDE |
Alison, une plateforme en ligne de formation et d’apprentissages, pour son projet d’information sur le coronavirus, une présentation gratuite d’informations sur la COVID-19 traduite dans plus d’une soixantaine de langues, qui a été diffusée auprès de quelque 350 000 personnes dans le monde. |
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ITALIE |
Casetta Rossa, une association à but non lucratif proposant à la fois des livraisons de denrées alimentaires aux personnes vulnérables et un programme radiophonique d’information et de témoignages personnels réconfortants. |
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LITUANIE |
Karolina Barišauskienė, une spécialiste de la communication, pour son projet sur le thème des premières lignes, une campagne numérique présentant des récits et des éclairages de professionnels de la santé en première ligne de la pandémie. |
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MALTE |
Malta Chamber of SMEs, pour son projet d’accompagnement offrant des conseils en ligne et un soutien solidaire afin d’aider des milliers de PME à s’adapter à la pandémie. |
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POLOGNE |
Krystyna Paszko, une lycéenne qui a créé, sous la forme d’une boutique en ligne qu’elle a nommée «Camomilles et pensées», une plateforme d’assistance aux victimes de violences domestiques durant le confinement. |
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PORTUGAL |
Vizinhos à Janela, une initiative de proximité présentée par Íñigo Hurtado, visant à apporter un certain réconfort grâce à des concerts quotidiens au balcon et à des livraisons de denrées alimentaires aux personnes dans le besoin. |
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ROUMANIE |
Asociatia Prematurilor, l’association roumaine pour les bébés nés avant terme, au titre de son projet de soutien au personnel médical et aux nouveaux-nés dans les maternités, grâce à du matériel et des équipements de protection contre la COVID-19. |
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SLOVÉNIE |
Društvo psihologov Slovenije, une association de psychologues slovènes, pour leur projet de soutien psychosocial au grand public et de soutien professionnel aux psychologues et autres professionnels de la santé durant la pandémie de COVID-19 en Slovénie. |
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SLOVAQUIE |
Človek v ohrození, une ONG à but non lucratif, pour son initiative sur la santé solidaire visant à soutenir les communautés roms durement touchées et à leur venir en aide durant la pandémie. |
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ESPAGNE |
Asociación de Familias y Mujeres del Medio Rural (Afammer), une association de familles et de femmes en milieu rural, pour son projet de grand réseau de solidarité rurale qui a rassemblé des centaines de femmes dans les campagnes espagnoles. Celles-ci ont donné de leur temps et mis à profit leur savoir-faire en couture pour parer à la pénurie de masques et à l’isolement grandissant des personnes âgées durant la pandémie. |
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SUÈDE |
Blivande, une entreprise à but non lucratif offrant un espace artistique de proximité, pour son projet de réaction face à la crise, une initiative ouverte à tous visant à fabriquer du matériel de protection sanitaire à grande échelle. |
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ROYAUME-UNI |
Cherwell Collective, un collectif d’aide alimentaire à vocation sociale, pour son projet visant à fournir des denrées alimentaires et d’autres produits essentiels aux personnes dans le besoin, et à apprendre à la population locale à cultiver sa propre nourriture. |
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PROJET TRANSFRONTIÈRE/ |
Emergency, une ONG italienne, pour l’assistance qu’elle a fournie en Europe et dans le monde afin d’endiguer la pandémie, en particulier grâce à son modèle transposable de mesures de sécurité et de protection, un modèle pouvant être décliné à différentes échelles pour aménager et gérer les hôpitaux durant la pandémie. |