L’Europe doit vaincre la pauvreté; les enfants sont les plus exposés

18 Feb 2016
Réf.: 12/2016
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Dans l’Union européenne, plus de 122 millions de personnes risquent la pauvreté ou l’exclusion sociale[1]

Le Comité économique et social européen (CESE) a adopté un avis dans lequel il exhorte le Conseil de l'UE à tenir son engagement de sortir au moins 20 millions de personnes de la pauvreté d'ici 2020. Au cours de la session plénière du 18 février 2016, le CESE a adopté son avis sur la lutte contre la pauvreté (Rapporteur: M. Seamus Boland, corapporteure: Mme Marjolijn Bulk). Pour atteindre l'objectif de l'UE, les États membres doivent lancer, avec le soutien d'un cadre européen commun, leurs propres stratégies nationales de lutte contre la pauvreté, l'exclusion sociale et les discriminations. Il convient d'axer ces stratégies sur un soutien financier adéquat, des marchés du travail inclusifs et des emplois de qualité, l'égalité d'accès à des services de haute qualité à un prix abordable pour tous, y compris les migrants et les personnes qui se sont vues accorder un droit d'asile.

La pauvreté des enfants est l’un des domaines qui requièrent une attention immédiate. Avec un pourcentage de 27,1 %, les enfants âgés de moins de 18 ans font partie des groupes qui sont beaucoup plus exposés au risque de pauvreté et d'exclusion sociale que l'ensemble de la population. Outre les enfants, les jeunes sont particulièrement soumis à ce risque, en raison de leur taux de chômage, élevé et sans précédent[2].

Le CESE demande à la Commission européenne de poursuivre une stratégie d'investissement social ambitieuse et de grande ampleur, qui sera intégrée à toutes les étapes du semestre européen. Le CESE estime que le paquet «investissements sociaux» publié en 2013 par la Commission européenne était une bonne initiative. Il n'est toutefois pas suivi par tous les États membres, ce qui ne devrait pas être le cas. Le CESE estime que davantage encore de mesures doivent être mises en place d'urgence pour lutter contre la pauvreté en Europe, telles qu'un revenu minimum adéquat et la création de systèmes universels, globaux et appropriés de protection sociale. Le CESE se félicite de l'intention de la présidence néerlandaise d'organiser des évaluations par les pairs pour analyser les approches ascendantes («bottom up») utilisées sur le terrain pour lutter contre la pauvreté au niveau national, mais il réaffirme que c'est à l’État-providence de jouer le rôle principal dans la lutte contre la pauvreté, au lieu de se reposer uniquement sur les initiatives des communautés. Dans cette perspective, le CESE demande à la Commission de présenter de nouvelles lignes directrices en matière de consultation des parties prenantes au sujet des questions sociales.

Il est indispensable d'associer ceux qui ont une expérience directe de la pauvreté, et de les écouter. Les réunions annuelles du réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN), au cours desquelles les personnes touchées par la pauvreté rapportent des expériences de première main, sont un exemple de bonne pratique qui mérite d’être reproduit au niveau national.

En décembre 2015, le CESE a décerné le Prix 2015 de la société civile européenne à des organisations qui se sont distinguées par leur créativité et leurs victoires dans la lutte contre la pauvreté. Les cinq lauréats sont des organisations locales qui s'efforcent de réduire la pauvreté en Allemagne, en Irlande, en France, en Pologne et en Finlande. Les cinq initiatives récompensées ont présenté un aperçu de ce que réalisent, tous les jours en Europe, des milliers de groupes de bénévoles et d'ONG.

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Siana Glouharova, service de presse du CESE

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[2]              Données Eurostat pour 2015.