Télétravail et égalité entre les hommes et les femmes: conditions pour que le télétravail n’exacerbe pas la répartition inégale des tâches domestiques et de soins non rémunérées entre les femmes et les hommes, et pour que celui-ci soit un moteur de p

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Avis du CESE: Télétravail et égalité entre les hommes et les femmes: conditions pour que le télétravail n’exacerbe pas la répartition inégale des tâches domestiques et de soins non rémunérées entre les femmes et les hommes, et pour que celui-ci soit un moteur de p

Points clés

Le CESE:

  • attire l’attention sur le risque d’utiliser le télétravail afin de pouvoir assumer la double charge du travail rémunéré et non rémunéré. Il se félicite de la campagne de la Commission européenne sur la lutte contre les stéréotypes sexistes, réaffirme la nécessité d’un changement culturel et de la suppression de tout obstacle structurel afin de parvenir à une répartition plus équitable du travail domestique non rémunéré et invite instamment les États membres à mettre en œuvre rapidement et efficacement la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée;
  • fait par ailleurs observer qu’il n’existe pas de cadre européen consolidé en matière de télétravail. Le Comité recommande dès lors de procéder à une évaluation des règles existantes afin de déterminer leur efficacité à la lumière de l’expansion rapide du télétravail, de la sensibilisation aux nouveaux risques et des enseignements tirés. Il encourage en particulier les partenaires sociaux à revoir l’accord-cadre de 2002 sur le télétravail et à lui imprimer un nouvel élan;
  • estime que les partenaires sociaux peuvent jouer un rôle important dans la promotion du télétravail d’une manière qui contribue à l’égalité entre les hommes et les femmes, en promouvant le bien-être au travail et la productivité, par exemple au moyen de négociations collectives;
  • réitère son appel en faveur d’investissements dans les infrastructures et les connexions numériques pour tous, y compris les espaces partagés locaux qui facilitent le télétravail en dehors du domicile, ainsi que dans le renforcement des compétences numériques, en accordant une attention particulière aux femmes, afin de leur permettre de participer pleinement aux marchés du travail et de remédier à toute forme de fracture numérique;
  • plaide en faveur d’un «accord sur les soins pour l’Europe», garantissant la fourniture de services de meilleure qualité pour tous tout au long de la vie. Il invite instamment les États membres à garantir et à financer la disponibilité de services de soins de qualité, abordables, accessibles et diversifiés afin de répondre à des demandes et à des situations diverses;
  • demande que des recherches soient menées sur les implications et les conditions préalables du télétravail en matière d’égalité entre les hommes et les femmes dans des conditions qui ne sont pas dominées par la pandémie, en tenant compte des évolutions à long terme dans différents secteurs de l’économie et de la société, ainsi que de la collecte et la diffusion des bonnes pratiques existantes dans l’ensemble de l’UE. Cela permettrait d’adopter une approche qui tienne compte de la dimension de genre lors de la mise en place de l’innovation technologique et sociale nécessaire de manière à s’assurer que le télétravail contribue à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes;
  • demande la mise en place d’actions et de campagnes ciblées visant à faire reculer et à briser la pensée stéréotypée. Le CESE encourage les partenaires sociaux et les organisations de la société civile (OSC) aux niveaux européen et national à jouer un rôle actif dans la promotion de rôles familiaux et de choix des femmes et des hommes en matière d’études, de professions et d’emploi non stéréotypés;
  • et invite les décideurs européens et nationaux, dans le cadre du dialogue et de la coopération avec les partenaires sociaux, à tout mettre en œuvre pour lutter contre toute forme de violence à l’égard des femmes, y compris sur le lieu de travail, à la maison et en ligne. Il demande aux États membres de ratifier rapidement la convention (nº 190) sur la violence et le harcèlement adoptée en 2019 par l’Organisation internationale du travail (OIT), ainsi que la convention d’Istanbul.