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Favoriser l’innovation progressive dans les zones à forte production manufacturière (rapport d’information)

L’Union européenne représente davantage que la somme de ses États membres opérant au sein du marché unique.

Depuis la déclaration de Bratislava et sa feuille de route, et surtout depuis la déclaration de Rome, les entreprises et les citoyens de l’Union européenne la soutiennent davantage, ce qui aide les responsables de l’Union à parvenir à leur objectif essentiel: regagner la confiance des entreprises et des citoyens; il convient de développer et de tester de nouvelles bonnes idées visant à favoriser des innovations progressives dans le secteur manufacturier européen, et à les expérimenter avant le sommet spécial visant à débattre sur l’avenir de l’Europe qui aura lieu à Sibiu, en Roumanie, le 9 mai 2019.

Dans la zone euro, l’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier du marché mesure la performance de ce secteur à partir d’une enquête menée dans 3 000 entreprises. La grande majorité des entreprises nouvellement créées dans l’Union des 28 l’ont été dans des secteurs autres que celui des nouvelles technologies d’information et de communication (TIC). En effet, le secteur des TIC (le secteur manufacturier des TIC, les services et les ventes en gros et au détail dans ce domaine) ne représente que 7,9 % de l’ensemble des nouvelles créations d’entreprises dans l’Union des 28 pendant cette période. Seules 0,2 % des entreprises actives dans le secteur non financier de l’Union des 28 en 2016 n’étaient pas des PME. Ces PME emploient 93 millions de personnes, et représentent 37 % de tous les emplois du secteur non financier européen, générant 57% de la valeur ajoutée de ce secteur. Presque toutes ces PME (93 %) sont des microentreprises employant moins de 10 personnes.

Le taux moyen de création de nouvelles entreprises avoisinait les 10 % pendant la période de 2010 à 2014 (les années les plus récentes pour lesquelles on dispose de données harmonisées); environ 70 % de ces sociétés nouvellement créées n’avaient aucun salarié.

Le secteur manufacturier comprend un vaste éventail d’activités et de techniques de production, qui vont de la très petite entreprise utilisant des techniques de fabrication traditionnelles, telles que la manufacture d’instruments de musique, à de très grandes entreprises situées au sommet d’une haute et large pyramide de fournisseurs de pièces détachées et de composants qui entrent collectivement dans la fabrication de produits complexes tels que des avions. Une analyse du secteur manufacturier dans son ensemble donne une idée de son importance, mais il convient toutefois de noter que les indicateurs de sa contribution (par exemple en main d’œuvre ou en biens d’équipement), de ses performances ou du volume de sa structure sont effectivement une moyenne rassemblant des activités très différentes. Les réussites de ces entreprises dans les secteurs axés sur la technologie dépendent essentiellement de la capacité à inventer et à commercialiser des technologies innovantes.

Toutefois, les multiples difficultés et les crises qui se profilent à l’horizon constituent un grand nombre de menaces pour le bien-être, la prospérité, la sécurité et les libertés des entreprises et des citoyens. Nous devons opter pour une approche intégrée et trouver des réponses durables afin de régler simultanément des dilemmes et des transitions à la fois nombreux et distincts: comment rendre l’Europe plus forte dans un contexte géopolitique mondial qui menace nos principes économiques de marché ouvert, et dans le même temps, de quelle manière maintenir et accroître notre niveau d’innovation et soutenir la concurrence internationale, tout en assurant une véritable protection de l’environnement ainsi que l’atténuation du changement climatique?

À cet égard, les entreprises capables de créer de nouvelles connaissances technologiques ont été félicitées pour avoir généré des connaissances en interne, et les avoir combinées à des sources de connaissances extérieures.

Toutefois, le processus de définition des connaissances à intégrer dans la propre base de connaissances d’une organisation exige que les entreprises recherchent délibérément des sources de connaissances intéressantes, et s’adressent à elles.

La recherche a été qualifiée de mécanisme fondamental permettant aux entreprises d’apprendre, d’évoluer et de recentrer leur base de connaissances organisationnelle. De fait, il est avéré que la stratégie en matière de recherche, qui définit l’orientation et la priorité d’activités de recherche d’une portée limitée, a une incidence considérable sur la performance au regard de l’innovation. Les implications des politiques européennes concernant les nouvelles stratégies et les nouveaux instruments peuvent être directement déduites des résultats suivants:

 

  • l’on ne peut attendre d’une stratégie axée étroitement sur les consommateurs et les concurrents qu’elle apporte des innovations radicalement nouvelles en dehors du secteur des services. Les stratégies de recherche axées sur le marché fournissent des innovations progressives qui peuvent encore être rentables sans entraîner de risque accru, inhérent aux innovations radicales;
  • les entreprises novatrices sont fortement incitées à élargir leur portefeuille de sources prometteuses de connaissances à l’extérieur de l’entreprise, et de nouvelles formations professionnelles en matière de ressources humaines. Cette perspective peut nécessiter des engagements de ressources accrus de la part des services chargés des achats et de la R&D afin de créer les canaux nécessaires à l’évaluation et au transfert de leurs connaissances spécifiques;
  • les entreprises et les travailleurs tirent de grands avantages de leurs propres investissements dans la production de connaissances associées à la R&D, surtout lorsqu’ils s’engagent en continu et qu’ils tirent profit des connaissances cumulées. Par conséquent, les stratégies ouvertes de recherche sur l’innovation semblent être complémentaires de la production interne de connaissances, plutôt qu’elles ne s’y substituent.

 

L’analyse montre qu’au cours de l’année qui s’est écoulée depuis la Déclaration de Rome, et à une année du sommet extraordinaire sur l’avenir de l’Europe, qui se tiendra dans la ville roumaine de Sibiu le 9 mai 2019, des progrès substantiels doivent être réalisés en ce qui concerne le débat lui-même et la mise en œuvre des priorités politiques concernant les mécanismes fondamentaux qui permettent aux entreprises d’apprendre, d’évoluer et de recentrer la base de connaissances organisationnelle et de maintenir des niveaux élevés de concurrence industrielle dans l’Union européenne, sur un marché ouvert au monde entier.

La CCMI peut promouvoir et encourager de nouvelles politiques et de nouveaux instruments d’innovation progressive dans l’industrie manufacturière de l’Union, en particulier dans les régions où l’on trouve un très grand nombre d’entreprises manufacturières, notamment des PME, afin d’encourager de nouvelles compétences et de nouveaux savoir-faire, pour accroître les emplois durables et trouver le moyen de garantir une politique industrielle et commerciale solide qui tire profit d’un marché ouvert tout en s’intéressant aux travailleurs et aux citoyens.