Des millions de citoyens handicapés ne seront pas en mesure de voter lors des élections européennes

Quelque 800 000 citoyens de l’Union présentant des problèmes de santé mentale ou ayant une déficience intellectuelle seront privés de leur droit de vote en raison de règles nationales en vigueur dans 16 États membres. En outre, des millions de citoyens n’auront pas la possibilité de voter en raison d’obstacles techniques dans des bureaux de vote aménagés sans tenir compte des besoins liés à leurs divers types de handicap, déclare le CESE dans un rapport.

Le rapport d’information du CESE, La réalité du droit de vote aux élections européennes pour les personnes handicapées, publié en mars, montre que malgré les nombreux instruments juridiques qui protègent les droits de ces personnes dans l’UE, aucun État membre n’a jusqu’à présent garanti des élections accessibles à tous.

«Ce rapport présente un aspect peu attrayant de l’Europe – une réalité qui est loin de correspondre à nos attentes», déclare son auteur, Krzysztof Pater, qui l’a établi sur la base d’enquêtes menées pendant deux ans dans tous les pays de l’UE, à l’exclusion du Royaume-Uni.

Dans neuf pays, les personnes présentant des problèmes de santé mentale perdent automatiquement leur droit de vote lorsqu’elles se voient désigner un tuteur. Selon sept législations nationales, leur capacité de vote est évaluée individuellement par un tribunal ou un conseil médical.

Dans pas moins de 18 États membres, les électeurs aveugles n’ont aucune possibilité de voter de manière indépendante. Dans huit pays, toute personne qui se trouve physiquement dans l’impossibilité de se rendre au bureau de vote ne pourra pas exprimer son suffrage.

Cependant, le rapport offre une lueur d’espoir en recensant 200 exemples de bonnes pratiques et de solutions positives provenant de tous les pays de l’UE. (ll)