Les travailleurs examinent les meilleurs moyens de lutter contre le dumping social tout en exploitant au mieux les possibilités de mobilité

par le groupe des travailleurs du CESE

Le groupe des travailleurs du CESE a invité le professeur Roberto Pedersini, de l’université de Milan, à présenter son étude sur le thème «Quelle forme donner à l’Autorité européenne du travail (AET) pour lutter plus efficacement contre le dumping social et salarial?». Oliver Röpke, président du groupe des travailleurs, a souligné le rôle essentiel des partenaires sociaux, et en particulier des syndicats, dans la mise en œuvre du droit du travail.

Le nombre de personnes qui résident et travaillent dans un État membre de l’UE autre que le leur a doublé au cours de la dernière décennie pour atteindre 17 millions en 2017. Dans le cadre du socle européen des droits sociaux, la Commission a annoncé la création d’une Autorité européenne du travail (AET), qui entamera ses activités en 2019. Le professeur Pedersini a expliqué que l’AET devait permettre de «réduire l’exploitation frauduleuse des travailleurs tout en tirant pleinement parti de la mobilité de la main-d’œuvre». Elle jouera principalement un rôle de facilitateur, en soutenant les autorités nationales du travail dans leurs enquêtes transfrontières et leurs démarches de coopération.

Carlos Trindade, membre du groupe des travailleurs du CESE et rapporteur de l’avis du Comité sur l’AET, a cité Jean-Claude Juncker, le président de la Commission: «Il est absurde de disposer d’une Autorité bancaire pour faire appliquer les normes bancaires, mais pas d’une Autorité commune du travail pour veiller au respect de l’équité dans notre marché unique.» Il a également mis l’accent sur la montée de la xénophobie et du nationalisme, conséquence du dumping social et des inégalités qui sévissent depuis des années, et préconisé un rôle accru pour les partenaires sociaux dans la gouvernance de l’AET. (jh)