Les acteurs socio-économiques doivent jouer un rôle de premier plan dans l’après-Cotonou

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Le Comité économique et social appelle à faire de la société civile le moteur du nouveau partenariat UE-ACP

Aujourd’hui, lors de sa session plénière, le CESE a présenté des recommandations sur la manière dont les mécanismes de l’UE en matière de commerce, d’aide et de développement devraient être remodelés de manière à s’attaquer plus efficacement aux défis actuels et futurs dans le cadre des relations avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ces recommandations influenceront le nouveau cadre qui remplacera l’actuel accord de partenariat de Cotonou (APC), signé par 79 pays ACP et l’UE, qui doit expirer en février 2020.

Malgré quelques réussites, des problèmes tels que l’extrême pauvreté, l’inégalité entre hommes et femmes et la dégradation de l’environnement persistent dans l’ensemble des régions concernées. Dans le même temps, de nouveaux objectifs de développement durable (ODD) ayant pour vocation de mobiliser tous les acteurs et d’être universellement applicables, ont été adoptés en septembre 2015 par les Nations unies.

Afin que ces objectifs soient mis en œuvre de manière efficace et qu'ils bénéficient aussi bien aux citoyens des pays ACP qu’aux citoyens européens, le CESE souhaite l’adoption d’un nouveau cadre qui reconnaisse l’importance du dialogue politique en favorisant la participation de la société civile à l’ensemble du processus de développement. Le CESE estime que la société civile devrait également voir son rôle étendu au contrôle et à l’évaluation des retombées de la mise en œuvre du futur accord et qu’elle devrait, pour accomplir cette mission, recevoir le soutien financier nécessaire.

En prélude au vote sur l’avis consacré à cette question, le CESE a organisé un débat avec Joseph Chilengi, président du Conseil économique, social et culturel de l’Union africaine (ECOSOCC) et Neven Mimica, commissaire européen chargé de la coopération internationale et du développement.

M. Chilengi, qui a accueilli favorablement l’avis du CESE, a plaidé pour le changement: «Nous sommes à la croisée des chemins: il est important que l’UE et le groupe ACP prennent une décision: doivent-ils continuer comme si de rien n’était, ou doivent-ils au contraire soit mettre fin à leur partenariat, soit lui insuffler une nouvelle jeunesse? Certains signes indiquent que les pays ACP ne sont pas une priorité pour l’Union européenne et que le partenariat entre les deux parties repose sur des fondements politiques fragiles et des décisions paralysées depuis longtemps par des impasses».

M. Mimica a déclaré pour sa part: «L’accord de Cotonou est pour l’UE l’exemple le plus éclatant d’une volonté politique traduite dans un cadre concret. Le moment est venu pour nous de travailler ensemble pour trouver le meilleur modèle pour l’avenir de nos relations et d’en changer le paradigme pour passer d’une négociation à un dialogue. En élaborant notre politique commune de développement, nous devons nous référer aux objectifs de développement durable. Notre intention est de les intégrer au consensus européen pour le développement d’ici la fin de cette année».

«Notre futur partenariat doit incarner un «partenariat entre égaux», reconnaissant l’universalité des défis que l’UE comme les pays ACP ont à relever: inégalités de revenus, chômage des jeunes, changement climatique et bien d’autres encore. C’est en travaillant en coopération étroite et sur un pied d’égalité que l’UE et les partenaires ACP peuvent s’efforcer de résoudre les problèmes de développement qui se posent à la fois dans l’Union européenne et les États ACP», a déclaré Brenda King, rapporteure du CESE sur l’avis relatif à l’avenir des relations entre l'UE et les pays ACP. Cette démarche de «partenariat entre égaux» permettra de fonder les relations avec les pays ACP sur une politique extérieure de l’UE cohérente et intégrée, qui transcende la relation donateur-bénéficiaire.

Projet pour un futur partenariat

Les recommandations concernant le nouveau partenariat avec les ACP consistent en premier lieu à mettre celui-ci en concordance avec les objectifs de développement durable, qui comportent 169 cibles spécifiques visant à éliminer la pauvreté et la faim, à garantir l'accès à une énergie durable et financièrement abordable, à bâtir une infrastructure résiliente, à lutter contre le changement climatique et à promouvoir l’égalité d’accès de tous à la justice. Le CESE estime que le cadre constitué par les objectifs de développement durable permet d’atteindre des objectifs communs de portée mondiale.

En second lieu, le financement du développement devrait être utilisé pour renforcer la capacité de mobiliser et d'utiliser les ressources nationales. D'après l'OCDE, chaque dollar versé au titre de l'aide européenne au développement et affecté à la construction d’une capacité administrative fiscale peut potentiellement générer des milliers de dollars de recettes fiscales supplémentaires. Les pays ACP devraient également être soutenus dans leurs objectifs d’industrialisation et de transformation de leurs propres matières premières et produits de base à destination des marchés locaux, régionaux et internationaux.

En outre, la future coopération doit s’attaquer au problème de la grave pénurie de travailleurs qualifiés qui touche les pays ACP dans les secteurs à forte croissance, et qui est l’une des raisons pour lesquelles les pays ACP exportent des matières premières qui sont transformées dans d’autres régions du monde. Ces pays doivent également disposer de leurs propres experts pour relever les défis de leur développement, notamment en ce qui concerne le changement climatique.

Enfin, le CESE recommande avec force que l’aide au développement de l’UE relève du même cadre juridique que le budget communautaire et fasse l’objet d’un contrôle démocratique par le Parlement européen.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:

Milen Minchev, service de presse du CESE

Courrier électronique: pressateesc [dot] europa [dot] eu (subject: Je%20d%C3%A9sire%20obtenir%20des%20informations)

Tél.: +32 2 546 8753

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