La zone euro et les Amériques: dette et démocratie

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M. Carmelo Cedrone, membre du CESE, participe à une conférence internationale aux États-Unis

Les 2 et 3 novembre 2015, une conférence consacrée aux relations entre la zone euro et les Amériques s'est tenue à l'Université du Texas à Austin. La conférence a réuni, entre autres, des représentants de plusieurs universités d'Europe, d'Amérique du Nord et du Sud, du Parlement européen et du Sénat des États-Unis. Ils ont abordé des questions très intéressantes, en particulier le problème de la relation débiteur-créancier dans le monde moderne, des questions liées à la zone euro, notamment sa gouvernance économique et politique. Le CESE était représenté par M. Carmelo Cedrone, vice-président de la section ECO. Voici un résumé des propositions qu'il a présentées en ce qui concerne la gouvernance de la zone euro:

  • tout d'abord, achever le marché intérieur de l'Union et mettre en œuvre toutes les politiques qui peuvent être réalisées dans le cadre du traité actuel;
  • renforcer le plan pour la croissance (Juncker) par l'émission d'euro-obligations (Eurobonds), sans alourdir la dette des États, afin de financer les petites et moyennes entreprises (PME), les infrastructures de santé, l'enseignement, la recherche, l'environnement, la rénovation urbaine, les réseaux transeuropéens et, surtout, l'innovation;
  • favoriser les investissements publics des États membres à long terme, au moyen de règles communes (règles d'or) en dehors du pacte de stabilité, ainsi que par la suspension ou l'atténuation des politiques d'austérité pour combler les écarts de productivité entre les pays;
  • mettre en place un mécanisme qui permettrait, grâce à des obligations européennes (Union bonds), de soustraire une partie de la dette publique à la spéculation sur les marchés (par exemple la partie supérieure à 60 %), qui serait détenue dans un «compte de débit consolidé», ou fonds commun européen, servi par les différents États membres;
  • aboutir à une politique micro- et macroéconomique (et monétaire) commune octroyant à la BCE un mandat complet pour agir en tant que «payeur en dernier ressort»; établir en outre un mécanisme de compensation qui réduise les différences économiques entre les pays, afin d'arriver à un budget commun de la zone euro;
  • mettre en commun certaines institutions fondamentales de politique sociale, tant pour éviter le dumping entre pays que pour intervenir sur le système d'allocations de chômage en temps de crise, tout en replaçant au cœur des politiques européennes, ainsi que l'impose le traité, la solidarité et la cohésion, fréquemment piétinées ces derniers temps;
  • enfin, le dernier point, mais non le moindre: l'union politique pour rééquilibrer le processus décisionnel, mettre en évidence le rôle du Parlement et réaliser une Union plus démocratique – l'une des principales questions restant ouvertes – en confiant la prise de décision aux députés de la zone euro (ou des pays qui partagent le projet d'intégration) afin d'empêcher qu'en l'absence de règles claires et démocratiques, ce soient les pays les plus forts économiquement qui décident pour tout le monde.

L'Europe doit enfin se doter d'outils et d'instruments décisionnels communs, de manière à pouvoir parler d'une seule voix dans les enceintes internationales et d’être perçue comme une partenaire fiable, surtout avec les continents d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud, pour protéger les intérêts mutuels, dans le cadre d’un équilibre stratégique mondial en perpétuelle évolution.