21 et 22 janvier 2015: 504e session plénière

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Déclaration du CESE en hommage aux victimes de l’attaque terroriste contre le journal satirique «Charlie Hebdo»

Interventions des conseillers du Groupe II

Georges Dassis

Georges Dassis, Président du Groupe des travailleurs, a marqué son accord avec la déclaration et a informé l’assemblée que le Groupe avait réagi aux événements du 7 janvier par une déclaration publiée sur le site du Comité, dans laquelle il exprimait sa sympathie envers les proches des victimes et appelait les travailleurs de toute l’Europe «à se mobiliser pour combattre le terrorisme, l'intégrisme, le fanatisme et le racisme, qui menacent la liberté et la démocratie».

Il a ajouté que cette attaque ne visait pas seulement un journal mais la liberté d’expression sur le territoire de l’UE. Certes, les gouvernements nationaux ont immédiatement annoncé des mesures pour le renforcement de la sécurité qui répondent aux craintes des citoyens. Cependant, ces derniers aspirent également à la liberté d’expression, voire la liberté tout court, et il ne faut en aucun cas sacrifier cette liberté au nom de la sécurité.

Georges Dassis a conclu en soulignant qu'il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures concrètes sur le plan national et surtout au niveau européen pour faire disparaître les inégalités existantes, afin que tous les citoyens puissent vivre de manière digne et afin que leurs libertés soient garanties.

 

Présentation du programme de travail de la présidence lettone en exercice du Conseil de l'UE

Le 22 janvier 2015, la session plénière a été enrichie par la présence de Mme Zanda KALNIŅA-LUKAŠEVICA, Secrétaire parlementaire au ministère letton des Affaires étrangères, dans le cadre d'un débat sur le programme et les priorités de la présidence lettone.

Interventions des conseillers du Groupe II

Pēteris Krīgers

Pēteris Krīgers a rappelé les actions entreprises par le gouvernement letton et les organisations de la société civile pour préparer la Lettonie à son adhésion à l’UE. Les libertés européennes ont effectivement pu être atteintes, mais il y a un revers de la médaille: le pays a perdu un tiers de sa population active et a connu une sérieuse hémorragie de capitaux vers l’étranger.

Ensuite, la crise s’est déclarée et les mesures d’austérité mises en œuvre ont gravement frappé le pays, en particulier les couches les plus faibles de la population. La Lettonie a dû se tourner vers les banques scandinaves et des fonds de pension suédois, par exemple, et les salaires ont diminué de 50 % tandis que les prix ont augmenté. De plus, il est arrivé à un grand nombre de travailleurs de ne pas recevoir leur salaire pendant un an.

Heureusement, le dialogue social a pu être maintenu et, à cet égard, Pēteris Krīgers a remercié l’ancien gouvernement letton d’avoir encouragé la coopération avec les syndicats, même si ces derniers ont surtout été réduits à apporter aux travailleurs des explications sur les mesures d'austérité impopulaires dont ils étaient victimes.

Aujourd’hui, la situation économique s’est légèrement améliorée, mais le pays connaît désormais une crise morale, car les citoyens ne croient plus ni en leur gouvernement ni au projet européen. Il est souvent question des grandes valeurs européennes, mais rarement de ce qui concerne vraiment l’homme de la rue. Pour Pēteris Krīgers, il est donc impératif que la société civile soit impliquée davantage dans un processus de rapprochement avec les citoyens.

En conclusion, Pēteris Krīgers a souligné l’importance des partenaires sociaux et a appelé le gouvernement letton à les considérer comme une des composantes de la vie politique.

Georges Dassis

Georges Dassis, Président du Groupe des travailleurs, a fait remarquer que le programme de la présidence lettone est extrêmement ambitieux, à juste titre.  S'il s'avérait impossible de progresser dans tous les domaines, elle pourrait choisir les dossiers les plus fondamentaux, pour garantir l'avancement des travaux au moins dans certains secteurs.

Parmi les dossiers prioritaires, Georges Dassis a évoqué la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020 – qui rencontre de grandes difficultés pour le moment –, la nécessité d'une vraie politique agricole commune afin de prévenir l'exode rural et l'importation en Europe de produits de première nécessité, la mise en œuvre d'une politique européenne de l'énergie – un dossier qui n'avance pas non plus – et l'établissement d'une véritable politique de voisinage.

Enfin, Georges Dassis a souligné que l'attrait de l'UE en tant qu'espace de liberté, de prospérité et de cohésion économique et sociale commence à s'estomper, à cause des politiques actuelles, lesquelles vont à l'encontre des intérêts de la population européenne et notamment de la population la plus démunie. Il a appelé le gouvernement letton à s'associer à d'autres gouvernements pour exiger avec fermeté des gouvernements les plus forts économiquement qu'ils garantissent avant tout la cohésion économique et sociale.

Georges Dassis a conclu son intervention en invitant la secrétaire parlementaire à poursuivre le dialogue et à examiner les progrès atteints par la présidence dans le cadre de la réunion extraordinaire du Groupe des travailleurs à Riga, le 1er avril.

 

La croissance économique et la solidarité sociale en Europe

Le 22 janvier 2015, la session plénière a également accueilli Mme Vaira VĪĶE-FREIBERGA, ancienne Présidente de la République de Lettonie, dans le cadre d'un débat sur la croissance économique et la solidarité sociale en Europe.

Interventions des conseillers du Groupe II

Dumitru Fornea

Dumitru Fornea a fait valoir que son pays, la Roumanie, qui se trouve dans une situation comparable à celle de la Lettonie, partage les préoccupations de cette dernière en ce qui concerne la situation politique mais aussi la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Pour la réduction de cette dépendance, il a appelé à poursuivre les initiatives des présidences polonaise et lettone pour le développement de la coopération énergétique avec l’Asie centrale, ce qui pourrait en même temps contribuer au développement démocratique de cette région.

Dumitru Fornea a conclu son intervention en soulignant l’utilité de se battre pour un réseau énergétique européen, pour parvenir à la sécurité de l’approvisionnement énergétique et répondre aux besoins socio-économiques de la population européenne.

Pēteris Krīgers

 Pēteris Krīgers a rappelé que la population lettone, dans sa grande majorité, avait soutenu l’adhésion de son pays à l’Union européenne et que beaucoup de dirigeants politiques, dont l'ancienne présidente, avaient promu cette voie par conviction. Mais d’autres politiciens avaient des motifs plus personnels, moins altruistes, et la crise économique a exposé à la lumière du jour une crise morale sous-jacente qui a causé, dans une grande partie de la population, une perte de confiance vis-à-vis de la recherche du bien collectif.

Pour Pēteris Krigers, les problèmes que la Lettonie a connus pendant les dix dernières années sont en partie liés à l’incapacité des dirigeants de concilier les normes morales et éthiques avec le monde réel.