9-10 juillet 2014: 500e session plénière

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Le 9 juillet 2014, la session plénière a accueilli des étudiants de différentes écoles en Europe qui ont présenté les initiatives adoptées lors de l'événement «Votre Europe, votre avis» de mars 2014.

Interventions des conseillers du Groupe des travailleurs

Béatrice Ouin

Béatrice Ouin a félicité les étudiants de la qualité de leurs discours et de leur engagement en faveur d'une intégration plus poussée de l'Europe, soulignant que leurs interventions enthousiastes rendaient optimiste quant à l'avenir de cette dernière, malgré les résultats des dernières élections européennes.

Elle a souligné que le CESE partage les priorités d'action pour l'Europe que ces jeunes ont énumérées: une éducation plus européenne à travers l'UE comprenant notamment des programmes de cours communs, des échanges transnationaux et l'apprentissage de différentes langues; une meilleure protection de l'environnement, ce qui implique notamment un changement des habitudes en faveur d'une plus faible consommation d'énergie ou d'une meilleure utilisation des possibilités de recyclage; la reconnaissance de l'expérience professionnelle comme un moyen de réduire le chômage des jeunes; la promotion de l'égalité des chances par l'organisation de programmes d'échanges transfrontaliers qui contribuent à développer un cadre et une identité européens.

Béatrice Ouin a déploré que la réalisation de ces priorités rencontre autant de résistance au sein des différents États membres, que ce soit pour des raisons de bureaucratie, de manque de volonté, d'une absence de moyens ou pour d'autres raisons.

Elle a conclu son discours en lançant un appel pour l'organisation d'échanges transfrontaliers entre écoles sur la base du modèle établi par le CESE au niveau européen.

Le 9 juillet 2014, la session plénière a également accueilli M. Alphandéry, Président du Conseil d'administration du CEPS (Centre for European Policy Studies), et ancien ministre français de l'Économie, et M. Bofinger, membre du Conseil allemand des experts économiques, dans le cadre d'un débat sur l'avis consacré au thème «Achever l'Union économique et monétaire».

Interventions des conseillers du Groupe des travailleurs

Georges Dassis

Georges Dassis, président du Groupe des travailleurs, s'est félicité du fait que tant les experts économiques que les rapporteurs de l'avis en question convergent vers le sens d'une plus grande intégration européenne.

Selon lui, il ne faut pas imputer le mauvais résultat des élections européennes et la montée du populisme à la méfiance des citoyens envers l'intégration de l'UE. Par ailleurs, les partis de l’extrême-droite et les europhobes n'occupent que 20% des sièges au PE depuis les dernières élections européennes et ne peuvent être utilisés comme excuse par les dirigeants pour ne pas prendre des mesures afin de convaincre les citoyens du bien-fondé de cette intégration.

Dans ce contexte, Georges Dassis s'est demandé pourquoi les responsables de prise de décision n'écoutent pas les experts économiques et autres intellectuels, qui formulent des propositions concrètes pour combattre la crise. Il faut des investissements pour relancer la croissance. Et quand la croissance est faible ou inexistante, il ne faut pas abandonner les citoyens dans la pauvreté. Des mesures pratiques sont requises telles que la mutualisation de la dette, la création d'un revenu de subsistance minimum, d'une assurance chômage…. Enfin, il faut renforcer le processus démocratique et œuvrer à ce que tous les citoyens puissent y participer.

C'est la seule manière de garantir que les citoyens ne se retourneront pas vers les mouvements populistes pour exprimer leur colère envers une Europe qui les aura abandonnés.

Edgardo Iozia

Edgardo Iozia s'est réjoui du fait que la présentation de cette thématique intervient à un moment très opportun pour ouvrir la prochaine saison des débats politiques dans les institutions européennes.

Cet avis préconise une voie à suivre que les dirigeants européens auraient dû avoir adoptée, mais ils ne l'ont pas fait. En effet, l'UE n'a pas réussi à gérer la complexité de la situation économique et sociale (non seulement dans la zone euro mais dans tous les pays membres) par le biais d'un processus de renforcement de la convergence. Or elle devrait être en mesure de mettre en œuvre une véritable politique industrielle, économique et monétaire européenne pour accompagner le développement.

Dans le cas contraire, l'UE entière est destinée à un déclin irréversible, car une faillite de la zone euro entraînerait des conséquences graves pour tous les États membres.

Il a souligné que, par cet avis, le CESE transmet un signal en mettant l'accent sur les dysfonctionnements du pacte de stabilité et de croissance et sur la nécessité de promouvoir le développement pour garantir la stabilité.

 

Le 10 juillet 2014, la session plénière a consacré une partie de ses travaux à une discussion sur le bilan de la présidence grecque, en présence de M. Gerontopoulos, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères de la République hellénique.

Interventions des conseillers du Groupe des travailleurs

Gabriele Bischoff

Gabriele Bischoff a félicité la Grèce d'avoir relevé avec succès le défi de la présidence à un moment où le pays est confronté à d'énormes difficultés internes.

Par la suite, elle a évoqué deux dossiers auxquels la présidence grecque a apporté une contribution significative: la progression de l'union bancaire, qui marque un pas important vers la stabilisation des marchés financiers, et les acquis sociaux.

Gabriele Bischoff a insisté sur la nécessité d'atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020 en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté afin que les électeurs s'aperçoivent que, grâce aux mesures prises en Europe, leur situation ne sera pas détériorée.

À ce propos, elle a fortement regretté qu'aucune avancée significative n'ait été réalisée en ce qui concerne le chômage des jeunes. L'Europe doit reconnaître que l'idée d'une garantie pour la jeunesse est excellente mais que l'instrument du FSE n'est pas adéquat pour élaborer des solutions rapides par rapport à cette question.

Elle a conclu en appelant la présidence italienne à poursuivre l'évolution de tous ces dossiers, y compris celui de la directive sur le détachement des travailleurs, la résolution de la question de la mobilité équitable étant certainement un des défis qu'elle devra relever.

Christos Polyzogopoulos

Christos Polyzogopoulos a également salué les succès marquants de la présidence grecque de l'UE, à un moment où le dialogue au niveau européen et international est particulièrement difficile et malgré le fait que les circonstances financières difficiles de la Grèce ont rendu sa tâche ardue.

Par la suite, il a fait valoir que même si l'Italie succède à la Grèce dans la gestion des affaires courantes de l'UE, le projet européen ne peut avancer si les trois indicateurs de Maastricht ne deviennent pas plus flexibles de manière à permettre aux pays en difficulté de faire face au fardeau de la dette et de couvrir leurs déficits budgétaires. Par ailleurs, la politique univoque de la rigueur budgétaire ne peut que freiner la croissance.

Christos Polyzogopoulos a insisté sur la nécessité pour les pays de respecter également les critères sociaux afin de garantir un niveau de vie minimum à leurs citoyens. De surcroît, une politique qui fasse face aux problèmes des pays les plus faibles doit être mise en place pour permettre une croissance équilibrée et la cohésion sociale au sein de l'UE.

En ce qui concerne les résultats des élections européennes, Christos Polyzogopoulos a souligné que les dirigeants européens doivent tout simplement se conformer à la volonté exprimée par la population et changer de politique, plutôt que de céder à la phobie.

La séance plénière du 10 juillet a également été enrichie par la présence de M. Gozi, Secrétaire d'État italien à la présidence du Conseil des ministres en charge des Affaires européennes, dans le cadre d'un débat sur les priorités de la présidence italienne du Conseil de l'UE.

Interventions des conseillers du Groupe des travailleurs

Georges Dassis

Georges Dassis, président du Groupe des travailleurs, a souligné que, dès l'apparition de la crise financière, le manque de solidarité entre les pays européens a été flagrant et l'Europe a connu une division totale.

Certes, le Groupe des travailleurs a dénoncé à maintes reprises l'endettement inconsidéré de certains États dont la Grèce. Cependant, il continue de critiquer fortement les mesures d'austérité engagées sur recette aussi bien de la Commission européenne que du FMI, car elles ont particulièrement frappé les couches les plus faibles de la population.

Par conséquent, Georges Dassis a appelé le gouvernement italien à entreprendre des actions concrètes telles que le renforcement du mécanisme de stabilité financière, le règlement de la question de l'augmentation des ressources propres de l'UE, la garantie d'un financement équitable des entreprises et de la dette des États et la mise en œuvre de mesures pour le soulagement des chômeurs. C'est la seule manière pour que les citoyens refassent confiance au projet grandiose d'une Europe unie et solidaire.

En conclusion, il a invité le gouvernement italien à s'inspirer, au cours de sa présidence, de la sagesse des conseillers du CESE. Il a cité deux avis du Comité qui pourraient être utiles pour ses travaux: le premier traite de la question du coût de la non-Europe et le deuxième prône le retour à la méthode communautaire oubliée depuis l'éclatement de la crise en 2008.

Stefano Palmieri

Stefano Palmieri, président du comité de pilotage «Europe 2020», a remercié le gouvernement italien d’avoir accepté la conférence de haut niveau proposée par le CESE dans son programme. L’objectif de cette conférence sera l’évaluation à mi-parcours de la stratégie Europe 2020 et sa relance par le biais d’une véritable participation de la société civile. Une relance nécessaire, puisque l’Europe ne peut pas se permettre un deuxième échec après celui de la stratégie de Lisbonne. C’est en particulier dans les domaines de la lutte contre le chômage et la pauvreté que l’Europe doit réussir, avant que le fossé entre les différents pays et régions ne s’élargisse davantage. L'UE ne peut pas se permettre de perdre la cohésion économique, sociale et territoriale qui a toujours été l'une de ses caractéristiques propres. Or cela risque d’arriver parce que l’Europe a pendant trop longtemps fait primer des finalités économiques sur la gouvernance. Cependant, il n’y aura pas de développement si celui-ci n’est pas durable du point de vue économique, social, environnemental et intergénérationnel.

La relance de l’Europe passe par la qualité du travail, la créativité des entrepreneurs, des professions indépendantes et des travailleurs en général, ainsi que par la capacité de ces derniers à se former et à se reconvertir. Mais pour que les travailleurs, ainsi que les autres acteurs économiques, puissent faire valoir ces capacités, il faut créer des conditions économiques et sociales stables et lutter contre la précarité.

Stefano Palmieri a conclu en rappelant que la présidence italienne souhaite promouvoir la croissance pour le citoyen et qu'elle peut compter sur le soutien des conseillers du CESE pour y parvenir.