4-5 juin 2014: 499e session plénière

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Débat sur l'énergie et le changement climatique

Le 4 juin 2014, la session plénière a accueilli Günther Oettinger, Commissaire européen en charge de l'énergie, et Jean-Pascal van Ypersele, Vice-Président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), dans le cadre d'un débat sur l'énergie et le changement climatique.

Interventions des conseillers du Groupe des travailleurs
Pierre Jean Coulon

Pierre Jean CoulonPierre Jean Coulon a fortement critiqué les États membres qui n'ont pas encore établi leur plan national pour l'efficacité énergétique et le manque de solidarité en matière d'énergie qui les force à négocier avec les grands fournisseurs russes ou le gouvernement de la Russie sur une base individuelle.

Il a également regretté que certains États et commissaires s'opposent à la proposition de la Pologne pour une union de l'énergie et une solidarité énergétique entre les États membres – une revendication déjà formulée par le CESE trois ans auparavant – au nom de de la concurrence libre sur le marché de l'énergie.

Pierre Jean Coulon a souligné la faible prise en compte des syndicats européens et de la société civile en général dans la discussion sur les questions énergétiques et climatiques sur la scène internationale. Il a lancé un appel pour que l'Europe remédie à cette situation et a demandé plus de solidarité pour l'institution d'une communauté européenne de l'énergie.

André Mordant

André Mordant a signalé qu'un dérèglement climatique engendrerait des coûts insurmontables, ce qui aurait des conséquences néfastes sur la compétitivité.  De surcroît, il provoquerait une migration massive des populations mises en difficulté par cette nouvelle réalité, ainsi que des difficultés régulières d'approvisionnement en eau potable et en énergie.

Pour cette raison, il est impératif  que le GIEC continue de communiquer ses constatations sur une large échelle, pour mieux sensibiliser le public.

André Mordant a conclu son discours en demandant au Commissaire Oettinger si l'Union avait l'intention de collaborer avec Chypre pour l'acheminement du gaz récemment découvert dans ce pays vers l'Europe par la voie de la Méditerranée.

Edgardo Iozia

Edgardo IoziaEdgardo Iozia a demandé au Commissaire Oettinger pourquoi le marché intérieur de l'énergie n'a toujours pas été réalisé – malgré ce qui est stipulé dans l'article 194 du traité de Lisbonne – et pourquoi il n'y a toujours pas de politique énergétique commune.

Les entreprises européennes voudraient une réponse à ces questions et auraient également besoin d'une vision claire en ce qui concerne le coût de l'énergie en Europe.

L'UE se doit d'éclaircir ces questions pour éviter une délocalisation massive des entreprises européennes.

 

Présentation de l'initiative citoyenne européenne «New Deal 4 Europe»

La session plénière du 5 juin 2014 a consacré une partie de ses travaux à une discussion sur l'initiative citoyenne européenne «New Deal 4 Europe», en présence de Philippe Grosjean, Vice-Président du Comité de promotion de ce projet, et des représentants de l'ICE, Paolo Ponzano et Bernard Barthalay.

Interventions des conseillers du Groupe des travailleurs
An Le Nouail Marlière

An Le Nouail Marlière a souligné le grand intérêt d'une initiative citoyenne pour un plan extraordinaire de développement durable et pour l'emploi. Le Groupe des travailleurs du CESE et l'ensemble des syndicats européens représentés au sein de la CES soutiennent l'idée d'un plan d'investissement pour le développement industriel qui mobiliserait 2% du PIB européen pendant 10 ans, à raison de 240 milliards € chaque année, et qui pourrait, à terme, permettre la création d'environ 11 millions d'emplois.

Les syndicats européens soutiennent également une politique industrielle européenne, telle que préconisée dans l'initiative, qui répondrait à l'ensemble des besoins en matière de production, d'énergie, et de transport et qui serait basée sur une faible consommation des ressources pour permettre la transition vers une croissance durable.

Par ailleurs, le Comité est favorable à l'idée exprimée par l'initiative, selon laquelle, la gouvernance telle que définie dans le cadre de l'UEM sera insuffisante pour mobiliser les citoyens européens, comme le démontrent les résultats des récentes élections européennes.

An Le Nouail Marlière a conclu en signalant une légère faiblesse de l'initiative: le fait qu'elle n'évoque pas suffisamment la nécessité d'impliquer les citoyens dans le projet européen ni les enjeux de ce dernier. Néanmoins, elle a plaidé pour un soutien à une initiative qui transmet un signal politique à la Commission européenne quant aux enjeux nouveaux de la démocratie.

 

25e anniversaire des premières élections libres en Pologne

La session plénière du 5 juin a également été enrichie par la présence de Henryk Wujec, Conseiller du Président de la République de Pologne, à l'occasion de la commémoration du 25e anniversaire des premières élections libres en Pologne.

Interventions des conseillers du Groupe des travailleurs
Georges Dassis

Georges Dassis, président du Groupe des travailleurs, a rendu hommage au combat que les travailleurs et les citoyens polonais ont mené pour vivre dans un pays démocratique. Avec ces premières élections libres, la Pologne entrait dans une ère nouvelle qui donnait au peuple l'espoir de pouvoir enfin bénéficier de la liberté d'expression.

Georges Dassis a rappelé que des régimes oppressifs ont aussi existé au sud de l'Europe, même si la lutte, dans les pays concernés, était moins médiatisée. En Grèce, ce n'est qu'en 1974, après la chute de la dictature des colonels, que les premières élections libres ont eu lieu. C'est aussi dans les années '70 que le Portugal et l'Espagne ont connu des régimes démocratiques. Heureusement, ces États font désormais partie d'une Europe où la paix, la liberté, le respect des droits et la solidarité sont considérés comme des valeurs fondamentales.

Dans la cité d'Athènes, qui a inventé la démocratie, les citoyens qui n'étaient pas intéressés par la politique étaient considérés comme inutiles. Georges Dassis a déploré qu'aujourd'hui, de nombreux citoyens se désintéressent de la politique et de l'avenir de l'Europe. Cela est dû au fait que beaucoup d'entre eux ne vivent pas dans des conditions dignes. Il faut leur offrir cette possibilité, car c'est la seule manière de faire en sorte qu'ils s'occupent de la «cité» et qu'ils fassent usage de leur droit de vote pour barrer la route à ceux qui aspirent à un retour de régimes antidémocratiques.

Marian Krzawlewski

Marian Krzawlewski a remercié M. Wujec d'avoir expliqué comment l'idée de la solidarité a été transformée en une victoire de la liberté en Pologne et ailleurs en Europe. À partir de 1989, de nombreux autres pays de l'Europe centrale et orientale ont connu le même processus, ce qui a contribué à la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Marian Krzawlewski a fait remarquer que les premières fissures dans ce mur  sont apparues en 1980, lorsque Solidarność, le premier syndicat libre dans les pays communistes, a été établi. Ce dernier a bouleversé le système établi et la tenue d'élections libres n'aurait pas été possible sans son action. Les élections ont été une véritable victoire, non pas pour les partis politiques mais pour les citoyens assoiffés de liberté. La principale conséquence en est que la Pologne est devenue membre de l'UE.

Aujourd'hui, l'UE est à la recherche de voies pour se renforcer. Selon Marian Krzawlewski, il faut opter pour la voie de la solidarité en ce qui concerne la défense commune, les questions de l'énergie et le fonctionnement de l'Union en général. Il a plaidé pour l'inclusion de la «règle de la solidarité» dans les traités.

János Weltner

János Weltner a exprimé son respect envers le peuple polonais et s'est dit fier du fait que les élections libres en Pologne ont été le résultat des efforts déployés par le syndicat Solidarność. Il a rappelé que le peuple polonais avait déjà fait preuve de son engagement en faveur de la démocratie en 1791, lorsque l'union polono-lituanienne avait adopté la première constitution écrite moderne en Europe. La Troisième République de Pologne a été établie après les élections de 1989. La situation politique qui a forcé une dictature à rendre le pouvoir au peuple a été engendrée par un mouvement syndical.

János Weltner a également mis l'accent sur les points communs du combat de la Pologne et de la Hongrie pour la liberté. Il a conclu son discours en faisant valoir que cette expérience devrait constituer une leçon pour les dictateurs et pour les peuples: les premiers doivent comprendre que le pouvoir ne peut être volé aux peuples que temporairement et que, tôt ou tard, il reviendra à ces derniers. De leur côté, les peuples doivent sauvegarder le pouvoir qu'ils ont obtenu et la seule manière de le faire est de protéger les institutions démocratiques.