Michel Barnier plaide en faveur d’un partenariat économique et stratégique étroit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni après le Brexit

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Un débat avec Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit, a été organisé dans le cadre de la session plénière du Comité économique et social européen (CESE) le 30 octobre. Au cours de ce débat, M. Barnier a plaidé en faveur d’un partenariat étroit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni après le Brexit, en gardant à l’esprit que la paix en Irlande doit être une priorité et que l’intégrité du marché unique n’est pas négociable.

Michel Barnier a exposé son point de vue sur l’état d’avancement actuel des négociations sur le Brexit aux membres du CESE et a insisté sur le fait que la Commission européenne était déterminée à conclure un retrait ordonné, étant donné que le risque que le Brexit se produise sans accord ratifié subsiste. Cette situation pourrait se présenter non seulement en janvier 2020, mais aussi avant le 31 décembre 2020 si l’Union européenne et le Royaume-Uni ne parviennent pas à un accord sur leur relation future, à moins que la période de transition ne soit prolongée.

M. Barnier a rappelé que l’Union européenne avait toujours fait preuve d’un sens des responsabilités pour éviter le risque d’un Brexit sans accord, et a déclaré que l’accord conclu avec le gouvernement britannique le 17 octobre et approuvé par le Conseil européen ouvre la voie à un Brexit ordonné, apportant une sécurité juridique à un moment où le retrait du Royaume-Uni engendre tant d’incertitudes pour les citoyens et les entreprises.

Le président du CESE, Luca Jahier, a ouvert le débat en soulignant le rôle important que les représentants de la société civile pourraient jouer dans un scénario post-Brexit. Il est essentiel que les relations tissées au cours des 44 dernières années avec les organisations de la société civile britannique soient non seulement préservées, mais aussi renforcées; il reste un long chemin à parcourir et la tâche ne sera pas facile, mais le CESE sera toujours de votre côté, a déclaré M. Jahier.

M. Barnier a néanmoins insisté sur le fait que le Brexit n’est qu’une étape, pas une destination finale. Le défi le plus important est à présent de reconstruire un nouveau partenariat entre l’UE et le Royaume-Uni, qui repose sur deux piliers: les échanges économiques et la coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense.

La coopération future

Dans le domaine de l’économie, le Royaume-Uni avait déjà exprimé son intention de conclure un accord de libre-échange avec l’UE. Selon M. Barnier, un tel accord ne serait possible que si le Royaume-Uni acceptait le principe aucun droit de douane, aucun quota et aucun dumping, la principale priorité de l’Union étant de garantir des conditions de concurrence équitables.

En ce qui concerne la coopération stratégique dans les domaines de la sécurité et de la défense, M. Barnier a rappelé aux membres que le Royaume-Uni avait annoncé à plusieurs reprises qu’il honorerait ses engagements en matière de sécurité européenne. M. Barnier a exprimé l’espoir d’une coopération future aussi étroite que possible, même dans l’hypothèse où le Royaume-Uni ne serait plus un État membre de l’UE.

Selon lui, le nouveau partenariat reposera sur deux grandes priorités: préserver la paix en Irlande et protéger l’intégrité du marché unique. Le marché unique est un pilier du projet européen; aucun accord qui le mette en péril ne sera jamais conclu, a-t-il ajouté.

La paix en Irlande

M. Jahier a soulevé la question de la frontière irlandaise et a rappelé qu’un Brexit sans accord aurait des conséquences dramatiques tant pour l’Union européenne que pour le Royaume-Uni, mais surtout pour l’Irlande et l’Irlande du Nord, où la stabilité et la paix seraient menacées.

M. Barnier a expliqué que la priorité de la Commission avait toujours été la population: Ce qui importe vraiment, c’est la population d’Irlande du Nord et d’Irlande. Ce qui importe vraiment, c’est la paix, aujourd’hui et à long terme. Selon lui, le protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord inclus dans l’accord était un résultat juste et équilibré, qui respectait les contraintes auxquelles doivent faire face l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Lors du débat avec les membres du CESE, Stefano Mallia, président du groupe de suivi du CESE sur le Brexit, a fait écho à cette idée: Toute erreur dans les négociations sur le Brexit coûterait des milliards d’euros et un grand nombre d’emplois à l’UE, mais l’enjeu va bien au-delà de l’économie: les citoyens à Belfast craignent pour leur sécurité. M. Mallia a également mentionné le rôle important que le CESE pourrait jouer dans un scénario post-Brexit pour garantir la continuité du dialogue avec les organisations de la société civile.

Jacek Krawczyk, président du groupe des employeurs du CESE, a déclaré que le temps était venu de se pencher sur les conséquences du Brexit car les entreprises avaient besoin de clarté. Oliver Röpke, président du groupe des travailleurs, a indiqué que l’UE avait besoin d’un accord qui protège les droits des travailleurs, leur emploi et leur famille et a exprimé l’espoir de voir le point de vue du CESE être pris en considération par la Commission. Arno Metzler, président du groupe «Diversité Europe», a souligné l’importance de garder le Royaume-Uni à nos côtés, en particulier pour ce qui est des progrès dans le domaine médical ou pharmaceutique dont pourraient bénéficier les citoyens.

M. Barnier a clôturé le débat en évoquant les leçons qui pourraient être tirées du Brexit, parmi lesquelles la nécessité de toujours dire la vérité aux citoyens et de prendre leur colère au sérieux: Nous devons écouter les gens et ne pas confondre sentiment populaire et populisme.

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PR 42/2019 - Barnier, October plenary

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