You are here

L'UE a besoin d'une politique alimentaire globale

Le cadre actuel de l’Union est insuffisant pour assurer une transition vers des systèmes alimentaires plus durables. Il est urgent de se doter d’une politique globale en matière d’alimentation si l’on veut améliorer la cohérence entre les différents domaines d’action liés à cette question, rétablir la valeur de l’alimentation et garantir la mise en œuvre effective des objectifs de développement durable des Nations unies, a estimé le Comité économique et social européen (CESE) réuni en session plénière mercredi dernier.

Au cours de cette session plénière, à laquelle assistait Vytenis Andriukaitis, commissaire européen chargé de la santé et de la sécurité alimentaire, le CESE a adopté un avis d’initiative invitant à mettre en place une politique alimentaire globale dans l’UE, dans le but de permettre à des systèmes alimentaires durables de fournir une alimentation saine et de faire le lien entre l’agriculture d’une part et la nutrition et les services écosystémiques d’autre part, tout en garantissant des chaînes d’approvisionnement qui préservent la santé publique de tous les citoyens en Europe.

«Les défis que nous avons à relever nous obligent à réinventer la politique alimentaire européenne et à la rendre plus globale, dans le respect de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement», a indiqué Peter Schmidt, rapporteur de l’avis. «Nous devons injecter davantage d’équité dans le marché et nous devons faire comprendre au public la valeur de l’alimentation.»

Le commissaire Andriukaitis s’est félicité de cet avis du CESE qui tombe à point nommé, et a souligné l’importance du soutien de la société civile en matière de politique alimentaire, notamment en ce qui concerne la lutte contre le gaspillage alimentaire et les questions liées à la santé.

Le CESE a indiqué qu’il convenait pour cela de prendre des mesures importantes à l’échelle de l’Union, notamment:

  • maintenir et promouvoir une culture qui valorise l’importance nutritionnelle et culturelle de l’alimentation, nouer des liens plus étroits entre les producteurs et les consommateurs et garantir aux producteurs des prix équitables, de manière à ce que l’agriculture reste viable;
  • créer un environnement favorable aux initiatives de la société civile, qui sont nombreuses aux niveaux local et régional (par exemple, les systèmes alimentaires alternatifs, les circuits courts d’approvisionnement, etc.);
  • développer un plan d’action sur l’alimentation durable, dans le but de mettre en œuvre les objectifs de développement durable liés à l’alimentation, accompagné d’un tableau de bord européen de l’alimentation durable qui fournirait des indicateurs permettant de suivre les progrès en matière de réalisation des objectifs fixés;
  • étudier la possibilité de créer une direction générale de l’alimentation, qui serait spécifiquement responsable des politiques dans ce domaine et constituerait une source de régulation, de législation et de mise en œuvre.

Une politique alimentaire globale et moderne devrait compléter et non remplacer une PAC redéfinie. Elle devrait également répondre à de multiples critères portant sur la qualité des aliments, la santé, l’environnement, la rationalité économique et la bonne gouvernance. «C’est à l’Europe de définir ces normes», a indiqué M. Schmidt.

Dernier point, mais non des moindres, les consommateurs doivent apprendre à adopter une «attitude citoyenne (responsable) à l’égard de l’alimentation», en ayant conscience de la valeur d’une alimentation saine et produite de façon durable. Cet objectif devrait être soutenu par un système intelligent d’étiquetage durable des denrées alimentaires. «S’il est important de mettre l’accent sur les aspects nutritionnels et ceux touchant à la santé, nous devons également informer les consommateurs de l’incidence de l’alimentation sur l’environnement et la société», a déclaré M. Schmidt.

Downloads

Communiqué de presse 66/2017 - L’Union européenne a besoin d’une politique alimentaire globale - FR