Luca Jahier: «L’Europe sera durable ou ne sera tout simplement pas»

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M. Luca Jahier, le président du Comité économique et social européen (CESE), a ouvert la conférence de haut niveau sur les objectifs de développement durable et les «Initiatives pour des chaînes de valeur durables à l’échelle mondiale», organisée conjointement par le CESE, la Commission européenne et le Conseil économique et social des Pays-Bas, en affirmant qu’il n’existe pas d’alternative à une économie durable: L’Europe sera durable ou ne sera tout simplement pas. La conférence a réuni des représentants des entreprises, des syndicats, des ONG et des organisations professionnelles de toute l’Europe, et M. Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, ainsi que Mme Sigrid Kaag, ministre du commerce extérieur et de la coopération au développement des Pays-Bas, ont également participé à la séance d’ouverture.

M. Jahier a souligné le rôle de la société civile dans la mise en œuvre de politiques adéquates pour faire face aux risques du changement climatique, de la pollution et des inégalités sociales. Les défis auxquels nous sommes confrontés peuvent être considérés comme une occasion pour les entreprises privées d’avoir un rôle moteur dans la transition vers une économie durable, mais cela ne deviendra une réalité qu’à la condition que nous nous engagions tous - entreprises, syndicats, société civile et collectivités locales – dans la même direction. M. Jahier a également appelé la Commission à prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que l’UE joue un rôle de premier plan dans ce processus, car la vraie question ici est de savoir si nous sommes à la pointe de ce changement ou si d’autres le porteront.

Frans Timmermans a souligné que pour la première fois, l’humanité a pris conscience du fait que notre planète ne peut pas satisfaire toutes nos ambitions si nous ne changeons pas notre mode de vie et de production. Selon lui, cette situation ne peut être résolue qu’en relevant les défis au lieu de conforter les personnes dans leurs craintes afin de mieux les contrôler, tout en reconnaissant néanmoins que les solutions constructives ne sont pas suffisamment convaincantes et que la nostalgie est devenue le nouvel opium du peuple. M. Timmermans a fait part de son optimisme en indiquant que les entreprises privées sont de plus en plus convaincues de la nécessité de mettre en œuvre des politiques durables sachant que «la durabilité est une option gagnante à long terme, qui crée de la croissance et des emplois». Toutefois, il a déclaré que cette attitude ne saurait se fonder uniquement sur la bonne foi des entreprises et qu'il vient un moment où il faut réglementer: Mon expérience m’a appris que la civilité contribue à éliminer les incivilités, la confiance à évincer la peur, le dialogue à écarter la violence et l’amour à triompher de la haine, mais l’inverse est malheureusement tout aussi vrai.

Mme Sigrid Kaag a présenté quelques exemples de bonnes pratiques mises en œuvre par les autorités néerlandaises et susceptibles d'être étendues au niveau de l’UE afin de créer des conditions de concurrence égales dans toute l’UE qui permettraient de prendre pour point de départ les normes de développement durable».

La conférence était articulée en quatre ateliers parallèles traitant des chaînes de valeur mondiales et de la responsabilité sociale des entreprises dans le secteur du textile, le secteur bancaire, l’industrie extractive et le secteur agroalimentaire. Ces ateliers s’adressaient aux représentants de la société civile et avaient pour objectif de recenser et de partager les expériences réussies et d’examiner quelles initiatives pourraient être étendues à l’échelle de l’UE.

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