Les Journées de la société civile du CESE s’achèvent sur une note prudemment optimiste concernant la démocratie durable en Europe

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Les citoyens européens doivent être vigilants et engagés

En cette période cruciale pour l’Europe et le monde, les Journées de la société civile, organisées par le groupe de liaison du Comité économique et social européen (CESE) les 12 et 13 juin, portaient cette année sur le thème de la démocratie durable en Europe.

Luca Jahier, président du CESE, a souligné la nécessité d’évoluer et de stimuler le processus de mise en œuvre de ce changement. Une démocratie durable est extrêmement importante pour l’Europe. Nous devons nous attaquer à la crise climatique, dont nous ressentons déjà les effets. Nous devons nous attaquer à la crise sociale et lutter contre les inégalités. Et enfin, nous devons défendre nos valeurs et notre démocratie multiculturelle et ouverte face aux mouvements nationalistes, mais aussi à d’autres courants radicaux.

Selon le président, les responsables politiques ne peuvent à eux seuls relever les défis d’aujourd’hui, et il a rappelé aux citoyens qu’il était de leur devoir de participer aux processus décisionnels. Il est important d’associer les jeunes à ce qui les passionne et ce pour quoi ils s’engagent avec sérieux: mener à bien une révolution constructive en vue d’adopter un nouveau mode de vie.

Le taux plus élevé de participation aux élections européennes témoigne de l’intérêt des citoyens pour l’Europe, a déclaré Conny Reuter, coprésident du groupe de liaison et modérateur de la séance d’ouverture. Toutefois, les résultats ont également fait apparaître la montée des forces antidémocratiques et la popularité croissante des discours anti-européens dans un trop grand nombre d’États membres. Il est dès lors de la responsabilité de toutes les forces démocratiques, y compris la société civile, d’agir au niveau européen et des États membres et de renforcer le dialogue civil et social.

Michael O’Flaherty a formulé des observations sur la déclaration de Sibiu, signée le 9 mai par les dirigeants européens, qui définit la vision d’une Europe unie  garantissant la protection de notre mode de vie. Il a rappelé que l’Europe avait mis en place des institutions remarquables pour la démocratie, faisant de l’Union européenne la région la plus respectueuse des droits de l’homme au monde.

Des événements concrets tels que les Journées de la société civile contribueront à l’élaboration d’une feuille de route menant aux objectifs fixés dans la déclaration.

M. O’Flaherty a présenté cinq problématiques, que l’Europe doit considérer comme prioritaires:

  • Construire une société égalitaire – trop d’enfants sont exposés au risque de pauvreté;
  • Construire une société qui condamne la haine à l’encontre des juifs, des musulmans ou de la communauté LGBT;
  • Construire une société qui célèbre la diversité et ne se contente pas de tolérer les différences;
  • Construire une société qui respecte l’état de droit;  
  • Construire une société qui fonctionne sur la base d’un partenariat, en associant ses différentes forces vives, telles que les décideurs politiques et la société civile.

Au cours de six ateliers portant sur des thèmes tels que les démocraties résilientes, l’économie pour les personnes et la planète, la démocratie en ligne et la participation active, la liberté d’expression dans la culture et l’éducation et la démocratie sur le marché du travail, des personnes issues d’organisations de la société civile de toute l’Europe, parmi lesquelles de nombreux jeunes, ont élaboré des propositions visant à rendre l’Europe et les démocraties européennes plus durables. Ces propositions sont disponibles sur la page web consacrée aux Journées de la société civile.

Dans ses conclusions, Jeremy Wates, secrétaire général du Bureau européen de l’environnement (BEE), a décrit les résultats des élections européennes comme une chance unique à saisir: d’une part, une tendance verte qui transcende les partis écologistes et qui englobe les questions sociales et, d’autre part, le taux de participation plus élevé, qui est bénéfique pour la démocratie en général. Le fait que le nouveau Parlement sera plus diversifié laissera plus de place aux discussions et aux négociations, ce qui rendra la démocratie plus visible.

Outre les défis déjà évoqués, M. O’Flaherty considère la corruption et les fausses nouvelles comme les principales menaces qui pèsent sur la démocratie en Europe.

Ce que nous devrions retirer de cet événement de deux jours c’est que la durabilité devrait devenir le principal moteur de la nouvelle Commission ,a-t-il déclaré. La société ne doit accepter aucun compromis sur les questions environnementales et sociales.

Étant donné que le modèle économique actuel est en partie responsable des défis sociaux et environnementaux auxquels nous sommes confrontés, il doit également être remis en question.  La gouvernance seule ne peut mener à la durabilité. Nous avons besoin d’un engagement multipartite, associant les citoyens européens, dans la mesure où la démocratie va au-delà de l’organisation d’élections après un certain nombre d’années.