Le commissaire Hogan sur le budget de la PAC : “La décision incombe maintenant aux colégislateurs”

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Le CESE veut une meilleure protection des agriculteurs dans les accords de libre-échange (ALE) et dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, et demande que le changement climatique soit intégré dans les politiques de la PAC

Le 20 février dernier, le Comité économique et social européen (CESE) a rencontré le commissaire Hogan pour parler de la future PAC.

Dans son discours, le commissaire Hogan a souligné que les Européens étaient très favorables au maintien de la politique agricole au niveau européen, parce qu’ils ont pris conscience de ce qu’elle apportait à leurs vies en garantissant la sécurité alimentaire et des conditions de concurrence équitables au sein du marché unique. Mais la PAC doit aussi évoluer. En plus de l’approvisionnement alimentaire, elle devrait également fournir d’autres bien publics en contrepartie de sa position particulière dans le budget de l’Union européenne.

La Commission a dès lors présenté une proposition pour une future PAC plus ambitieuse sur le plan de l’environnement et du climat.

En ce qui concerne le budget, le commissaire a défendu la proposition de la Commission eu égard aux conditions actuelles, car les agriculteurs ont la garantie de conserver jusqu’en 2027 96 centimes sur chaque euro qu’ils auront perçu pendant la période 2014-2020.

«De plus, les États membres, en codécision avec le Parlement européen, ont toute latitude pour augmenter leur budget global en vue de maintenir la PAC à son niveau actuel», a souligné le commissaire. «Je pense qu’il importe de parvenir rapidement à un accord sur le CFP, car les agriculteurs ont besoin de sécurité et de stabilité en ce qui concerne la politique et le budget. Il appartient maintenant à nos colégislateurs d’agir rapidement, en particulier au regard d’évolutions comme le Brexit», a déclaré le commissaire.

Le commissaire a également évoqué l’accord politique sur une nouvelle règle visant à interdire certaines pratiques de commerce déloyales dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire; accord auquel le CESE a largement contribué par son avis et qui fera l’objet d’un vote lors de la session plénière du Parlement européen en mars.

S’agissant des accords commerciaux, M. Hogan a fait état de progrès substantiels dans les négociations avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour et les Émirats arabes unis. Ces accords apporteront des avantages commerciaux supplémentaires aux entreprises agroalimentaires européennes exportatrices. Chaque tranche de 1 milliard d’euros d’exportations agroalimentaires favorise le maintien de plus de 20 000 emplois dans les zones rurales et les entreprises agricoles. À cet égard, l’accord UE-Japon constitue une avancée importante puisqu’à l’avenir, quelque 85 % des lignes tarifaires entreront au Japon en franchise de droits.

Dernier point, mais non des moindres, Phil Hogan a donné un aperçu concernant les relations de la Commission avec l’Afrique. La Commission a l’intention de mettre en place un partenariat véritable et équitable qui mette l’accent sur l’intérêt économique mutuel et soit pleinement conforme à l’agenda 2063 de l’Afrique. L’objectif est de stimuler les investissements et de créer des emplois, à savoir environ 10 millions d’emplois pour les jeunes Africains au cours des cinq prochaines années. La réalisation de cet objectif nécessite toutefois la mobilisation de tous les États membres de l’UE et de tous les partenaires africains.

Lors du débat avec le commissaire, John Bryan, membre du groupe «Diversité Europe» et porte-parole de la catégorie des agriculteurs, a déclaré: «Nous apprécions votre collaboration étroite avec le CESE et nous soutenons votre travail en vue d’une PAC forte, dotée d’un budget solide. Nous considérons en effet la PAC comme l’une des grandes réussites de l’UE sous l’angle de la paix et de la cohésion. Le CESE estime que le nouveau modèle de mise en œuvre apportera une contribution positive.»

Maurizio Reale, membre du groupe des employeurs et président de la section NAT, a souligné qu’une future PAC doit davantage s’intéresser au changement climatique. Il a évoqué également les négociations commerciales en affirmant: «Nous devons valoriser le travail de nos agriculteurs et entrepreneurs et, par conséquent, accorder davantage d’attention aux accords de libre-échange (ALE) afin de les protéger.»

Peter Schmidt, membre du groupe des travailleurs et président de l’ODD, a admis que les prochaines étapes étaient prometteuses, mais qu’il restait encore beaucoup à faire. «Nous devons lutter plus efficacement contre les pratiques déloyales dans la chaîne alimentaire, inclure les objectifs de développement durable dans notre politique alimentaire et imposer aux importations de denrées alimentaires les normes élevées que nous exigeons de nos producteurs. Nous pensons qu’il faut investir dans une chaîne d’approvisionnement propre à l’Afrique et dans de nombreux emplois supplémentaires afin de garantir un développement durable sur ce continent.»