Le Comité économique et social européen dévoile les noms des cinq finalistes pour le prix de la société civile 2019

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Cette année, le CESE récompense des initiatives citoyennes remarquables qui défendent l’égalité des chances entre les femmes et les hommes et contribuent à l’«empowerment» des femmes dans la société et l’économie

Le Comité économique et social européen (CESE) a annoncé avoir sélectionné cinq finalistes parmi les 177 projets qui étaient candidats à l’édition 2019 du prix de la société civile, consacrée à l’«empowerment» des femmes et à la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Les initiatives présélectionnées proviennent de Belgique, de Bulgarie, de Finlande, d’Italie et de Pologne.

Le classement final sera dévoilé lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu le 12 décembre prochain, au cours de la session plénière du CESE à Bruxelles. Le montant total du prix s'élève à 50 000 euros et sera partagé entre les cinq nommés. Le lauréat qui remportera le premier prix recevra 14 000 euros et les quatre autres finalistes 9 000 euros chacun.

Le thème de cette année, «Davantage de femmes dans la société et l’économie européennes», a attiré le deuxième plus grand nombre de candidats au prix en plus de dix ans, juste derrière le thème de la migration, choisi pour l’édition 2016. Les candidats sont issus de pas moins de 27 États membres, ce qui témoigne du grand intérêt des citoyens et des organisations de la société civile à prendre des mesures pour lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes, encore très répandues en Europe.

Isabel Caño Aguilar, vice-présidente du CESE chargée de la communication, a déclaré à ce propos: Les nombreuses candidatures reçues montrent que l’égalité hommes-femmes est au cœur des aspirations de la société civile. Elles soulignent le travail des femmes et leur rôle novateur au sein de la société. Elles mettent en avant des femmes dynamiques, visionnaires, courageuses, audacieuses et fortes. Elles répondent aux besoins spécifiques des femmes vulnérables ou défavorisées et s’attaquent à la discrimination fondée sur le sexe et aux stéréotypes dans tous les domaines de la vie.

Les cinq nommés, par ordre alphabétique, sont les suivants:

Contes de fées, projet porté par l’association bulgare NAIA, incite les enfants de maternelle et leurs parents à lire des contes de fées classiques sous un angle différent et à adopter une approche critique à l’égard des rôles stéréotypés liés au genre inculqués aux garçons et aux filles dès le plus jeune âge. Ce projet entend encourager les enfants à dépasser les rôles traditionnels des hommes et des femmes afin qu’ils puissent exprimer leur propre potentiel et constater qu’il existe de nombreuses possibilités différentes, tant pour les filles que pour les garçons.

#mimmitkoodaa (Les femmes codent), programme lancé par l’Association finlandaise du logiciel et du commerce en ligne (Ohjelmisto- ja e-business ry), vise à lutter contre le stéréotype selon lequel les développeurs de logiciels devraient forcément être des hommes. Le programme réussit à attirer davantage de femmes talentueuses dans l’industrie du logiciel et les aide à accéder à des emplois et des carrières mieux rémunérés.

Ogólnopolski Strajk Kobiet (Grève des femmes polonaises), plus grand mouvement de femmes en Pologne, cherche désormais à renforcer le pouvoir d’action des militantes invisibles et laissées pour compte dans les villes de petite et moyenne taille, car elles représentent la principale force de transformation sociale. Ce mouvement a fait la une de l’actualité mondiale en octobre 2016 en organisant un jour de grève appelé «lundi noir» dans 150 villes polonaises. Depuis, il a organisé plus de 1 500 manifestations et marches dans toute la Pologne en vue de réclamer des droits civiques et des droits pour les femmes et de condamner les mesures répressives prises par le gouvernement à l’encontre de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

The Brussels Binder est une base de données d’expertes en politique qui contribue à assurer une meilleure représentation des femmes lors des débats sur les politiques européennes. Compilée et gérée en Belgique par un groupe de bénévoles dévoués, son objectif est de mettre fin au privilège des hommes au sein de la «bulle européenne» et de devenir une ressource de référence pour trouver des femmes spécialistes de la politique. Elle permettra d’améliorer l’équilibre entre les hommes et les femmes dans les forums de discussion et les médias à Bruxelles et de veiller à ce que les lois et les politiques tiennent compte des besoins et des opinions spécifiques des femmes.

Toponomastica femminile (Toponymie féminine) est une association italienne convaincue que la toponymie – l’étude des noms de lieux – reflète la manière dont la société perçoit ses membres. Ses recherches ont démontré qu’en Italie, pour 100 rues nommées d’après des hommes, seules 7,8 rues portent des noms de femmes, et que la majorité des noms de femmes donnés aux lieux sont d’origine religieuse. L’association «Toponomastica femminile» a pour but d’augmenter le nombre de lieux portant les noms de femmes remarquables et d’enseigner aux jeunes générations quelle a été leur importante contribution à la société et à l’histoire, de manière à accorder aux femmes la reconnaissance publique qu’elles méritent.

Mme Caño Aguilar s’est exprimée sur le choix du thème de cette année, déclarant: Le temps passe. L'inégalité des chances entre les hommes et les femmes reste. De nos jours, il est inacceptable que les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population de l’Union européenne, subissent encore et toujours des discriminations et des violences sexistes.

Malgré les progrès réalisés ces dernières décennies, et bien qu’il s’agisse de l’un des principes fondateurs de l’UE, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est encore qu’un rêve dans l’Union, car les femmes continuent à gagner moins que les hommes. L’écart de pension entre hommes et femmes atteint le taux alarmant de 38 %, ce qui fait que la pauvreté chez les personnes âgées touche de plus en plus les femmes. Celles-ci ne constituent encore qu’une petite minorité parmi les responsables politiques et les cadres d’entreprise, et elles ne représentent que 31 % des entrepreneurs.

Les stéréotypes de genre s’immiscent dans toutes les sphères de la vie et la violence sexiste reste très répandue sous de nombreuses formes, allant de la violence domestique au harcèlement sexuel, en passant par le cyberharcèlement.

Fervent défenseur de l’égalité entre les femmes et les hommes, le CESE a mis en garde à maintes reprises contre la persistance d’une ségrégation et d’une discrimination fondées sur le sexe sur les marchés du travail et dans la société en Europe. Du fait d’un récent recul des droits des femmes dans certains pays de l’Union, il a plaidé plus tôt cette année en faveur d’un engagement politique visant à atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes en Europe.

Afin d’atteindre ces objectifs, le CESE a lancé en juin dernier le prix de la société civile, en vue de mettre en lumière les progrès accomplis sur la voie d’une société plus égalitaire pour les femmes et les hommes, et d’encourager de nouvelles actions.

Ce prix, qui célèbre sa 11e édition, est décerné à des personnes et à des organisations à but non lucratif afin de récompenser «l’excellence dans les initiatives de la société civile». Il est consacré chaque année à un thème différent, correspondant à un domaine d’activité important du CESE. La dotation du prix et la reconnaissance reçue devraient aider les lauréats à développer leurs projets à plus grande échelle et à fournir une aide supplémentaire à la communauté.

En 2018, le prix a été attribué à des initiatives mettant à l’honneur les identités, les valeurs et le patrimoine culturel de l’Europe. Parmi les thèmes précédents figurent l’esprit d’entreprise innovant qui privilégie l’intégration des groupes défavorisés sur le marché du travail, la lutte contre la pauvreté et la solidarité avec les réfugiés et les migrants.

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