Le Comité économique et social européen célèbre soixante ans d’Europe en jetant un regard sur l’avenir de l’UE

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Le 13 mars 2017, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé à Rome une conférence de haut niveau pour marquer le soixantième anniversaire de la signature des traités fondateurs de l’Europe, qui a eu lieu le 25 mars 1957 à Rome. Le Comité a voulu célébrer cet anniversaire sans grandes festivités, mais plutôt en rappelant les importantes réalisations de l’Europe et, en particulier, en abordant les trois points qui sont cruciaux pour surmonter la crise actuelle et s'assurer un avenir meilleur: lutter contre les inégalités sociales croissantes, retrouver la voie de la croissance économique et apporter une réponse efficace et cohérente au défi des migrations, dans le respect de ses principes.

La conférence, intitulée Soixante ans de Communauté européenne – Forgeons l’avenir!, était organisée à la Chambre italienne des députés, au palais Montecitorio, en coopération avec le Conseil des ministres et sous le patronage du Parlement européen. Les travaux ont été lancés par Guglielmo Epifani, Georges Dassis, président du CESE, Sandro Gozi, sous-secrétaire d'État italien aux affaires européennes, et Ian Borg, secrétaire parlementaire, qui représentait la présidence maltaise de l’UE. Dans son allocution d'ouverture, Georges Dassis, après avoir énuméré les principaux avantages apportés par l'Europe et présenté les difficultés actuelles, a souligné: Ce soixantième anniversaire doit être l'occasion d'un nouveau départ – le début d'une Europe plus unie et solidaire, une Europe qui pense vraiment au bien-être de sa population. L'avenir doit appartenir aux forces du progrès social, aux entreprises, aux travailleurs et à tous ceux qui veulent vivre dans la paix et dans la dignité. Et j’espère que par sa contribution à la définition de l’avenir de l’UE, le Comité économique et social européen aidera à faire de cette vision de l’Europe une réalité.

Trois sessions de travail ont permis d'aborder les thématiques suivantes:

  • L’Europe sociale comme instrument pour combattre les inégalités
  • Achever l’Union économique et monétaire pour une Europe plus forte
  • L’immigration et les politiques d’intégration

Au terme des travaux, le président Dassis a souhaité distinguer, au nom du Comité économique et social européen, le responsable sanitaire de l'île de Lampedusa, le docteur Pietro Bartolo, qui a accédé à la notoriété grâce au film plusieurs fois primé Fuocoammare, pour le grand exemple d’humanité qu'il a montré en portant secours aux réfugiés et migrants qui empruntent la dangereuse route de la Méditerranée centrale. La société civile européenne remercie le docteur Pietro Bartolo pour le courage et l’humanité avec lesquels il a fait face à la crise des migrants, qui a vu Lampedusa devenir le premier point d'accueil de ceux qui fuyaient la guerre en regardant vers l’Europe avec espoir, dit le texte figurant sur la plaque qui lui a été remise lors de la cérémonie. Merci d’avoir pensé à un médecin de Lampedusa. Lampedusa est une bouée de sauvetage en Méditerranée, elle l’a toujours montré, à l’instar de Malte, à l’instar de la Grèce. Cela fait vingt-six ans que Lampedusa accueille le monde entier. On l'appelle la porte de l’Europe, car c’est le dernier morceau d’Europe qui fait face à l’Afrique. Une porte toujours ouverte, jamais fermée en vingt-six ans. Nous avons fait en sorte qu'on n'y trouve jamais de mur ni de fil barbelé, a déclaré le docteur Bartolo, avec émotion, au moment de recevoir le prix. Le peuple de Lampedusa n’a jamais refusé personne. Comme je dis toujours, les Lampédusains sont atteints d’une maladie très étrange, une maladie extraordinaire qui s’appelle le sens de l'accueil, qui s’appelle la solidarité. Mon souhait serait que cette maladie devienne contagieuse et se répande dans tous les peuples.

 

Pour clore la conférence, le président Dassis a résumé comme suit les principales conclusions:

  • l’Union européenne doit être préservée et, à cet effet, nous devons placer les besoins des citoyens au centre du projet européen;
  • il ne peut y avoir d’avenir pour l’Union européenne sans dimension sociale;
  • nous devons éviter de créer une concurrence entre les travailleurs de différents pays, parce que nous partageons tous le même destin;
  • l'un des fondements de l’Europe a été l’harmonisation dans le progrès; il faut absolument éviter le nivellement par le bas;
  • les responsables politiques et les médias doivent rappeler les grandes réussites de l’Europe pour les citoyens, et cesser de rendre l’Union européenne responsable de tous les maux de ce monde; ils doivent rappeler que les décisions qui viennent de Bruxelles sont prises par les ministres des 28 États membres, par le Parlement européen qui est élu par les citoyens, et par la Commission, qui représente l’intérêt général européen;
  • il existe aujourd’hui un fort déséquilibre entre la dimension économique et la dimension sociale de l’Europe; il y a lieu de renforcer la dimension sociale, ce qui permettra ainsi de créer davantage d’opportunités pour les entreprises. La dimension sociale, ce n'est pas une dépense à fonds perdus, mais un investissement productif qui peut aider l’économie réelle;
  • il convient de prêter attention à la qualité du travail et à celle de l’emploi des jeunes. Il importe de donner des perspectives aux jeunes. Pour eux, qui ont connu une situation de dégradation progressive, il est plus difficile de croire en la construction européenne, raison pour laquelle il est important de prendre des mesures en leur faveur;
  • il est indispensable de se doter au plus vite d’une réelle politique européenne commune en matière d’immigration, d’asile et d’intégration, proposition que le CESE avait avancée il y a plusieurs décennies. Il n’est plus possible de s’appuyer uniquement sur la bonne volonté des individus et de la société civile;
  • les propositions du CESE s’appliquent à l’ensemble de l’UE, mais cela ne doit pas empêcher les États membres de la zone euro d’aller plus loin dans l’achèvement de l’Union économique et monétaire. Les pays qui ne font pas partie de la zone euro ne doivent pas considérer cela comme quelque chose de négatif à leur égard, bien au contraire: une zone euro renforcée aura une plus grande attractivité et pourra convaincre les gouvernements des pays qui n’en font pas partie de proposer à leurs citoyens d'adhérer non pas à une simple monnaie unique, mais à une véritable union économique et monétaire;
  • la politique économique peut être modifiée par le Conseil et la Commission sans qu'il soit besoin de toucher aux traités;
  • l'on ne saurait accepter que la fiscalité reste un facteur de dumping et de concurrence entre les États membres;
  • le plan Juncker ne suffit pas, il faut procéder à des investissements publics et privés massifs en faveur du capital humain, avec des politiques de soutien aux familles pour leur garantir une vie décente, même en l’absence d’emploi.

«Selon moi, en tant que représentants de la société civile, nous sommes parvenus aujourd’hui à jeter les bases de cette relance. Désormais, nos efforts doivent se porter sur la transmission de nos idées et de nos propositions aux dirigeants politiques européens», a conclu M. Georges Dassis. Dans les mois à venir, les réflexions de la conférence alimenteront les travaux du Comité économique et social européen relatifs au Livre blanc sur l’avenir de l’UE.

 

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:

Daniela Marangoni
Unité «Presse»

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