Le CESE accueille le lancement d’un manuel de la Commission qui conseille les États membres sur les financements de l’UE disponibles pour l’intégration des migrants

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Le 24 janvier, le Comité économique et social européen (CESE) et la Commission européenne ont organisé de concert une manifestation pour lancer le nouveau manuel de cette dernière, destiné à aider les États membres à renforcer l’intégration des personnes issues de l’immigration en exploitant de manière plus efficace et coordonnée les instruments de financement mis à disposition par l’UE.

Ce manuel de la Commission, est une sorte de boîte à outils qui formule des orientations et des recommandations pratiques à l’adresse des instances financières nationales et régionales, qui se devraient de mettre en œuvre des stratégies et projets d’intégration en exploitant les différents fonds de l’UE auxquels elles peuvent avoir accès durant l’actuelle période budgétaire 2014-2020 et en les combinant d’une manière qui évite les redondances et les doubles financements et qui tisse des synergies entre divers outils.

Dans ses remarques liminaires, le président du CESE, Georges Dassis a tenu ces propos: «Une vraie démocratie doit permettre à la société civile se s'exprimer. Il convient d’augmenter dûment les ressources du Fonds «Asile, migration et intégration» (FAMI), ainsi que du Fonds social européen (FSE), en particulier dans les États membres où le nombre de réfugiés a dépassé le contingent prévu, afin d’assurer un meilleur financement conjoint des mesures d’intégration leur étant destinées.»

Améliorer et intensifier le recours à ces fonds aura à son tour pour effet de favoriser l’insertion des ressortissants de pays tiers, au nombre de plus de 20 millions, qui bien que résidant légalement dans l’Union européenne et y représentant 4,1 % de sa population totale, continuent à buter sur toute une série de difficultés et à se heurter à la discrimination lorsqu’ils recherchent un emploi ou un logement, ou qu’ils essaient d’accéder à l’éducation et à des services essentiels, comme les soins de santé ou une assistance juridique.

Comme il a été souligné lors de la manifestation de lancement, pas moins de 40 % de ces nationaux de pays tiers sont exposés au risque de pauvreté, ils sont 18 % à être sans emploi et 19 % à quitter prématurément l’école, soit presque deux fois la moyenne de l’UE.

«L’UE doit se montrer humaniste et solidaire. Il faut que le citoyen ait conscience qu’elle œuvre pour sa prospérité et sa liberté. On ne peut voir les migrants comme une charge. S’ils sont dûment intégrés, ils seront une providence, non seulement pour nos économies mais pour notre société dans son ensemble», a encore avancé M. Dassis.

La commissaire chargée de la politique régionale, Corina Crețu, a fait observer que l’Europe, confrontée à des difficultés démographiques sans précédent du fait du vieillissement de sa population, devrait prendre conscience du potentiel que représentent les migrants et considérer qu’en réussissant leur intégration, elle s’ouvre des perspectives nouvelles pour son avenir.

«Les migrations font partie de notre histoire. L’Europe s’est construite sur elles, et ses sociétés auront besoin des migrants pour remédier au déclin de leur démographie et aux pénuries sur le marché du travail», a tenu à affirmer Mme Crețu.

«L’intégration ne peut se réaliser que si elle a lieu sur le terrain, d’où la nécessité de reconnaître les besoins locaux. Voilà pourquoi, a-t-elle conclu, la société civile joue un rôle aussi important dans ce domaine».

Dans un message vidéo diffusé lors de cette séance de lancement, Marianne Thyssen, commissaire pour l’emploi, les affaires sociales, les compétences et la mobilité des travailleurs, a affirmé qu’il est urgent de faire évoluer la situation actuelle: «Une utilisation optimale des ressources constitue un facteur important pour soutenir l’intégration des personnes issues de l’immigration.»

La boîte à outils de la Commission préconise d’agir dans cinq domaines ou «scénarios» prioritaires, en favorisant des stratégies d’intégration efficaces et pensées pour le long terme, qui soient taillées sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques de chacun de leurs bénéficiaires et concordent avec les cadres stratégiques nationaux de l’action en la matière. Ces champs d’intervention prioritaires sont l’accueil, l’éducation, l’emploi, le logement et l’accès aux services publics.

Chacun des scénarios décrit les défis les plus courants qu’affrontent les migrants, définit l’objectif des fonds de l’UE et propose des mesures spécifiques qui peuvent être prises, en les plaçant en regard du ou des fonds de l’Union qui se prêtent le mieux à les financer.

Alors qu’il existe aujourd’hui un vaste éventail de fonds de l’UE auxquels les États membres peuvent recourir pour financer des projets en rapport avec l’intégration des migrants, ils ne les ont, jusqu’à présent, exploité que dans une mesure limitée et sans la coordination adéquate.

Parmi ces fonds figurent notamment le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE), le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), le Fonds «Asile, migration et intégration» (FAMI), ainsi que le programme de l’Union européenne pour l’emploi et l’innovation sociale (EaSI), etc.

INFORMATIONS CONTEXTUELLES SUR LES ACTIVITÉS DU CESE

Disposant d’un groupe d’étude permanent «Immigration et intégration», le Comité a consacré plusieurs avis et rapports à la question de la migration.

Début 2016, le CESE a été la première institution à dépêcher des missions de collecte d’informations dans 11 pays confrontés à la crise des migrants.

Les 6 et 7 mars 2018, il accueillera la quatrième édition du Forum européen sur la migration, qu’il organise chaque année avec la Commission européenne et qui rassemblera plus de 200 organisations non gouvernementales et autres groupements travaillant aux côtés des migrants. Cette année, le thème retenu sera celui de l’intégration des migrants dans les marchés du travail de l’UE.