La continuité du programme de l’UE pour la paix et la réconciliation en Irlande du Nord revêt une importance cruciale dans le contexte du Brexit

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Jane Morrice at a EESC plenary session
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Plenary session DAY 1 - Brexit Debate - Jane Morrice

Le Comité économique et social européen (CESE) a adopté, lors de sa session plénière de février, un avis favorable à la poursuite du programme européen pour la paix et la réconciliation (PEACE) en Irlande du Nord après le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Ce soutien constant est considéré comme «indispensable» compte tenu de la nature sensible du débat sur la frontière entre le Royaume-Uni et l’Irlande dans le contexte des négociations sur le Brexit.  

La mise en place en 1995 du programme PEACE découlait directement de la volonté de l’UE d’apporter une réaction positive aux cessez-le-feu paramilitaires de 1994. La nouvelle période de programmation 2014-2020, qui représente 229 millions d’EUR, prévoit la poursuite de l’assistance dispensée par l’UE en vue de répondre aux besoins de la région en matière de paix et de réconciliation au moyen d’initiatives intercommunautaires, en particulier dans les domaines de l’éducation partagée, de l’enfance et de la jeunesse, des espaces partagés et de la coopération transfrontalière.

L’avis adopté par le CESE et élaboré par Mme Jane Morrice précise que «L’urgence de la situation engendrée par le Brexit et le retrait éventuel du Royaume-Uni requiert de la part de l’Union, quant à la sauvegarde du processus de paix, une réaction qui soit adaptée aux nouveaux besoins de la région dans le contexte de l’après-Brexit». Il recommande non seulement de maintenir le programme PEACE, comme proposé, mais aussi d’étendre sa durée de vie, étant donné que la résolution des conflits prendra du temps et nécessite un engagement à plus long terme que les cycles de financement actuels. 

Les succès du programme PEACE sont nombreux et, selon une résolution adoptée par le Parlement européen en 2018, il conviendrait de le promouvoir en tant que modèle européen pour la conclusion d’une paix durable dans d’autres régions d’Europe et dans le monde. Son maintien est donc considéré comme «primordial» par le CESE pour éviter que les conflits ne renaissent dans la région et que les tensions ne s’aggravent dans le contexte de l’après-Brexit. Se félicitant du formidable soutien apporté par l’UE au processus de paix en Irlande du Nord, Mme Morrice, rapporteure de l’avis du CESE, a souligné que l’Union pourrait en outre s’engager à augmenter le financement dans le cadre du prochain cycle du programme et à établir un centre européen pour la paix et la réconciliation en Irlande du Nord, comme cela a été proposé dans de précédents rapports publiés par le CESE, le Parlement européen et la Commission européenne.

Les projets européens PEACE, dont on considère qu’ils ont contribué à la compréhension entre les communautés dans la perspective de l’accord du Vendredi Saint, portent sur la consolidation de la paix, la résolution des conflits, la compréhension mutuelle, les traumatismes et les problèmes hérités du passé. La Commission européenne propose de poursuivre le programme dans les années à venir, après le retrait du Royaume-Uni de l’UE. Tout en approuvant cette proposition, l’avis adopté par le CESE en formule plusieurs autres visant à améliorer la mise en œuvre de l’initiative à partir de 2020 (programme PEACE Plus).

Le Comité estime nécessaire d’accorder une attention accrue aux activités de communication, de manière à s’assurer que les citoyens soient pleinement conscients du rôle positif de l’UE. Il suggère de s’appuyer sur le «label» de la colombe blanche comme symbole des projets PEACE financés par l’Union, établissant ainsi un lien avec un avis que Mme Jane Morrice présentera au cours de la session plénière du CESE en mars, intitulé «Le «chemin de la colombe blanche» (WhiteDoveWay) – Proposition en faveur d’une stratégie de consolidation de la paix à l’échelle mondiale menée par l’UE» (le projet d’avis peut être consulté ici). L’avis propose de déployer un «chemin européen de la paix», depuis l’Irlande du Nord jusqu’à Nicosie, à Chypre, appelé le «chemin de la colombe blanche», qui suivrait le parcours du pèlerin irlandais Colomban, rejoindrait d’autres routes, telles que le sentier du front de l’ouest, et traverserait les Balkans, pour relier les deux îles divisées situées de part et d’autre de l’Europe.

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