Déclaration du commissaire Moedas à la session plénière du CESE: l’innovation est essentielle si l’on veut créer plus d’emplois et générer de la croissance en Europe

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Selon le président Dassis, la coopération européenne en matière de recherche et d’innovation constitue la voie de la réussite pour l'UE

Le Comité économique et social européen, réuni en session plénière, a accueilli aujourd'hui M. Carlos Moedas, commissaire européen chargé de la recherche, de la science et de l’innovation, pour débattre d’Horizon 2020, le programme le plus ambitieux qu’ait jamais lancé l’UE en matière de recherche et d'innovation: doté d’un budget de quelque 80 milliards d’euros, il a pour objectif de financer des projets européens de R&I entre 2014 et 2020.

La Commission s’apprête à dresser le bilan des résultats obtenus à mi-parcours. Désireux de contribuer à cette évaluation en temps utile, le CESE a élaboré un avis à la demande de la présidence slovaque, sous la direction experte du rapporteur Ulrich Samm (groupe des employeurs/Allemagne), responsable du département de la physique des plasmas du Centre de recherche sur l’énergie et le climat Jülich en Allemagne.

Dans son discours introductif, M. Georges Dassis, président du CESE, a fait observer que la recherche et l’innovation sont les parents pauvres du budget de l'UE: en effet, 2 % seulement de son PIB sont investis dans les très ambitieux projets que les responsables européens entendent mener, comparativement aux États-Unis qui y consacrent plus de 2,7 % de leur PIB. Tout en reconnaissant les efforts consentis par la Commission en vue de renforcer la coopération entre les États membres en matière de recherche, il a souligné que le chemin à parcourir était encore long et a évoqué l’exemple d’Airbus comme un modèle de coopération européenne fructueuse qu’il convient de suivre dans d’autres secteurs. «Il y a 30 ans, l’industrie aéronautique européenne ne pesait pas lourd. La création d’un consortium européen a immédiatement donné des résultats extraordinaires et aujourd’hui, Airbus est un des leaders du marché aéronautique. Pourquoi ne pas envisager une coopération de ce type dans d’autres secteurs, tels que l’industrie automobile, et d’une manière générale, pourquoi ne pas investir davantage dans la recherche et l’innovation? C’est la seule solution si l’on veut éviter une fuite des cerveaux de l’UE et, indirectement, l’expatriation forcée de nos jeunes scientifiques ‒ aujourd'hui aux États-Unis, mais demain en Inde, en Chine, ou ailleurs.»

Le commissaire Moedas a rejoint le point de vue du président Dassis. «Les priorités absolues du président Juncker sont l’emploi et la croissance et aujourd'hui, ces deux aspects sont liés à l’innovation scientifique. Cette dernière est indispensable au développement de l'Europe et à la création accrue d'emplois. C’est la seule solution pour inventer de meilleurs produits qui permettront aux entreprises d’augmenter leurs revenus et de créer des emplois mieux rémunérés.»

Lors de la présentation de son avis, M. Ulrich Samm a mis en exergue certains points essentiels, en particulier:

  • la nécessité de définir les critères d’évaluation adéquats afin d’accorder l’importance appropriée à chaque maillon de la chaîne d'innovation, de la recherche fondamentale à la fabrication de nouveaux produits;
  • la nécessité d’augmenter le financement de la recherche collaborative transfrontière, qui représente pour l’Europe une valeur ajoutée conséquente mais a subi des coupes budgétaires dans le cadre d’Horizon 2020;
  • les écarts considérables entre les États membres en matière de financement de la R&I et, par conséquent, les taux de réussite variables dans l’obtention des fonds octroyés par l’UE. 

Cependant, «l’on ne peut imputer toutes les difficultés à l’UE. Les grandes disparités sont clairement en rapport avec l’enveloppe que chaque État membre attribue à la recherche et à l'innovation, qui est très variable d’un pays à l’autre. Il faut accroître les financements nationaux de la R&I et nous rappelons aux États membres que les fonds européens dont est dotée la R&I ne peuvent et ne doivent se substituer aux efforts qu’ils doivent consentir», a déclaré M. Samm.

M. Moedas a rendu hommage au travail effectué par M. Samm et ses collaborateurs, et a souligné que le moment choisi pour la publication de cet avis était particulièrement opportun pour pouvoir contribuer à l’évaluation à mi-parcours de la Commission. Il a également invité M. Samm à prendre part à une importante conférence des parties prenantes prévue le 30 juin 2017.

Le commissaire Moedas a remercié le CESE d’avoir soutenu son projet de création d’un Conseil européen de l’innovation qui fera écho au succès du Conseil européen de la recherche en tant qu’organe de financement d’une science fondamentale d’excellence. Il est convaincu que cet organe jouera un rôle essentiel pour permettre à l'Europe de mieux financer l’innovation par la recherche collaborative et interdisciplinaire. Le CESE propose de prendre part à la discussion visant à déterminer la meilleure manière de concevoir ce mécanisme pour qu’il puisse contribuer à la suppression de l’écart en matière d’innovation.

La participation active du CESE à l’évaluation à mi-parcours se poursuivra par l’élaboration, à la demande du Parlement européen, d’un rapport d'information incluant une série de missions d’information dans les États membres pour constater ce qui fonctionne et ce qu’il faut modifier dans le programme Horizon 2020 du point de vue de la société civile. Le vice-président du CESE, M. Gonçalo Lobo Xavier, sera le rapporteur de ce rapport d'information, qui devrait être achevé en janvier 2017.

 

 

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Daniela Marangoni ‒ unité Presse du CESE

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