Déclaration du président à l’occasion de la Journée de l’Europe

This page is also available in

Il y a 67 ans ont été posées les fondations de l’Union européenne: en effet, le 9 mai 1950, le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman a inauguré une nouvelle voie vers l’intégration européenne, en proposant la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). La CECA n’était qu’un début, car quelques années plus tard, en 1957, la signature du traité de Rome a consacré la création de l’Union européenne. Aujourd’hui nous est donnée l’occasion de célébrer et de rappeler les réalisations de l’UE, mais il nous faut aussi envisager l’avenir et regarder en face les difficultés que connaissent actuellement les citoyens de l’Europe.

Il est vrai que l’on ne fait quasiment plus référence aux réussites de l’Union, et que l’on oublie presque ses conquêtes. Or, si nous contemplons le passé, nous ne pouvons qu’être fiers de tout ce que l’UE a accompli. La paix, la possibilité de vivre en liberté, la libre circulation des citoyens et des biens ainsi que 50 ans de progrès économique et social, ce ne sont là que quelques-uns des résultats dont nous avons bénéficié jusqu’à présent et dont nous continuons de profiter. Il est de notre devoir de rappeler au monde que ces avancées ne sont pas tombées du ciel, mais que nous les devons précisément à l’Union européenne. Par ailleurs, rien ne devrait être pris pour acquis, pas même la paix.

Nous devons toutefois admettre qu’à partir de 2009, certaines des valeurs fondamentales de l’UE, telles que la solidarité, ont été laissées de côté. Qui plus est, ces dernières années, nous avons été témoins d’une hausse effrayante de la xénophobie et des discours à caractère raciste ou fascisant, et constatons que les partis nationalistes ou populistes ne cessent de gagner du terrain et d’élargir leur public. Pour faire face à cette forte hausse du sentiment antieuropéen, l’Union européenne se doit de prendre des décisions courageuses afin de se sortir de l’impasse et de la spirale des crises. Elle ne pourra regagner la confiance de ses citoyens que si les décideurs et les dirigeants des États membres mettent en œuvre des mesures concrètes et claires pour démontrer que l’Union est proche de ses citoyens. Il est désolant de constater, dans l’Europe de 2017, que des gens meurent de faim et que les pauvres deviennent encore plus pauvres. Nous devons tous nous mettre d’accord sur le fait que nous avons besoin d’une économie sociale de marché, en prenant des mesures pour la redistribution des richesses, et en renforçant la dimension sociale de notre modèle économique.

À cette fin, le CESE a déjà formulé de longue date des propositions réalisables, portant par exemple sur la mutualisation de la dette des États membres de l’UE et l’établissement d’un revenu minimum garanti pour les citoyens. En outre, à la suite d’une demande de la Commission européenne en ce sens, le CESE aura l’occasion d’élaborer et de formuler des propositions sur l’avenir de l’Europe, sous la forme d’un avis qui sera voté dans quelques mois, suivant le modèle de consultation avec les partenaires sociaux de tous les États membres qu’il a utilisé avec succès pour ses avis sur le socle européen des droits sociaux et sur la réponse à apporter à la crise migratoire.

En conclusion, il est impératif que soient prises des décisions politiques en faveur d’une Europe unie, démocratique, solidaire, porteuse de paix et de prospérité, et proche de ses citoyens.