Création des mesures générales de soutien aux personnes handicapées tout en plaçant leurs intérêts à l’ordre du jour du gouvernement

 

Gunta ANČA
SUSTENTO (organe de coordination des organisations lettonnes de personnes handicapées)

La pandémie de COVID-19 représente une menace pour la santé tant physique que mentale. Un grand nombre de personnes ont eu le malheur de perdre leur emploi et leurs moyens de subsistance et se retrouvent soudainement confrontées à un avenir incertain du fait des conséquences économiques et de la propagation du virus. Dans ces circonstances, la peur, la dépression et l’anxiété sont des réactions courantes. Les personnes handicapées et souffrant de maladies chroniques sont particulièrement vulnérables.

Au sein de notre propre organisation – Sustento, l’organisation qui chapeaute les associations de défense des droits des personnes handicapées en Lettonie –, le télétravail est également de mise pendant la crise de la COVID-19 et nous avons effectué un travail considérable.

Nous faisons de notre mieux pour défendre les droits et les intérêts des personnes handicapées et souffrant de maladies chroniques dans le pays. Un grand nombre des décisions du gouvernement ont été prises à la hâte, sans toujours tenir compte des besoins des groupes les plus vulnérables. Cependant, en participant activement au processus décisionnel, nous sommes parvenus à intégrer les intérêts des personnes handicapées dans le programme du gouvernement.

En raison de leurs capacités et besoins particuliers, beaucoup de personnes n’ont reçu que des informations limitées. Les informations relatives à la pandémie étaient souvent difficiles à comprendre, rédigées dans un langage inaccessible, jargonnant et composé de longues phrases. Selon les estimations, environ 25 % de la population éprouvent des difficultés de compréhension à la lecture pour diverses raisons, notamment intellectuelles, culturelles, sociales et linguistiques (OCDE, 2017). La législation nationale et internationale, telle que la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, promeut le langage clair et simple comme un droit fondamental pour l’égalité d’accès et l’inclusion. Le respect de ce droit est particulièrement important maintenant que le pays fait face à la pandémie.

Bien que la Lettonie dispose d’une bonne couverture pour l’internet, beaucoup de gens ne l’utilisent pas encore. Il s’agit souvent de personnes âgées souffrant de maladies chroniques et de personnes handicapées. Au quotidien, elles se tiennent informées en se rendant dans différentes institutions. Aujourd’hui, en raison de la crise, elles sont complètement tenues à l’écart du flux d’information.

C’est pourquoi notre organisation réécrit les informations en letton simplifié et les met à disposition au format papier.

Les nouvelles du jour sont adaptées en letton simplifié et présentées sous un format papier accessible. Elles sont diffusées tous les soirs à 21 heures sur la chaîne de radio nationale lettonne dans son programme intitulé «Nouvelles en letton simplifié» ainsi que sur la chaîne de radio d’une association lettonne pour les personnes aveugles.

Notre organisation va mettre en place une ligne téléphonique permettant aux personnes qui n’ont pas accès aux ressources de l’internet de bénéficier d’un soutien pratique à distance. Cette ligne proposera notamment une aide pour trouver les numéros de téléphone et les horaires d’ouverture des services requis ainsi que des explications sur la manière dont les services sont fournis et sur les décisions prises, et répondra également à d’autres questions d’ordre pratique.

Les informations seront disponibles en letton, en russe et en anglais. Les détails concernant la ligne téléphonique de soutien seront communiqués de différentes façons via les chaînes de radio susmentionnées.

Le service sera disponible pendant six mois pour les personnes handicapées et souffrant de maladies chroniques, les personnes âgées, les étrangers dont le letton n’est pas la langue maternelle, les personnes présentant un faible niveau d’éducation et les jeunes qui ne lisent pas de longs textes.