Des investissements substantiels sont nécessaires dans les systèmes d’éducation et de formation de l’UE, affirme le CESE

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Le 23 février, le CESE a adopté deux avis traitant des questions de l’éducation et de la formation professionnelle ainsi que du développement des compétences professionnelles dans l’Union européenne. Le CESE met en garde contre le risque que les initiatives visant à promouvoir une éducation de qualité élevée pour tous restent lettre morte si les mesures d’austérité qui continuent d’avoir cours dans de nombreux de pays de l’Union empêchent de réaliser les investissements plus que nécessaires. Tout comme la nouvelle stratégie en matière de compétences de la Commission, le CESE aspire à davantage de solutions innovantes axées sur la dimension sociale et la dimension de genre, l’apprentissage non formel et informel, ainsi que sur l’esprit d’entreprise considéré comme une aptitude utile dans la vie.

Lors de sa session plénière de février, le CESE a adopté un avis exploratoire sur «Une éducation de qualité élevée pour tous»  préparé à la demande de la présidence maltaise de l’Union. Tout en se félicitant que la présidence maltaise ait mis l’accent sur ce thème, le CESE a clairement indiqué que, si les États membres devaient poursuivre les politiques d’austérité mises en place au lendemain de la crise, ceux-ci seraient dans l’incapacité de procéder aux investissements requis pour qu’un enseignement public de qualité élevée soit effectivement accessible à tous. Il s’agit d’une question hautement prioritaire pour lutter contre une pauvreté qui se répand rapidement en Europe: en 2015, selon Eurostat, on évaluait à environ 25 millions, soit quelque 26 % de la population âgée de zéro à dix-sept ans, le nombre d’enfants menacés par un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en Europe, sachant que les études et les rapports les plus récents établissent une relation étroite entre pauvreté éducative et bas niveau de revenu.

Le CESE a mis en évidence une série de domaines d’action prioritaires pour lesquels il demande de:

  • soutenir davantage l’éducation de la petite enfance, ainsi que l’apprentissage tout au long de la vie;
  • garantir que l’éducation soit à la hauteur des défis posés par la mondialisation, la numérisation et les mutations du monde du travail;
  • créer des possibilités de formation pour les jeunes qui quittent prématurément le système scolaire, les travailleurs peu qualifiés et les travailleurs migrants;
  • reconnaître l’éducation non formelle et informelle;
  • améliorer l’investissement dans la formation des enseignants;
  • fournir aux enseignants une amélioration de leurs conditions de travail et de leurs salaires;
  • accroître l’investissement public dans l’éducation et la formation;
  • investir dans les infrastructures et les outils d’éducation, tels que les TIC;
  • optimiser l’utilisation des fonds européens, en particulier le Fonds social européen, et le programme Horizon 2020, afin de soutenir la qualité de l’éducation et de la formation comme celle de la recherche et de l’innovation;
  • renforcer les possibilités de mobilité à l’échelle de l’Union pour les étudiants, les universitaires, les enseignants, les formateurs et les chercheurs.

«Il est de la plus haute importance de rendre une éducation publique de haute qualité accessible à tous les Européens, non seulement pour lutter contre le chômage et garantir la compétitivité européenne, mais aussi pour offrir à nos concitoyens de meilleures perspectives de vie. C’est également essentiel pour créer une société européenne où les valeurs et les droits fondamentaux reposent sur une base solide», a déclaré Benjamin Rizzo (Malte – groupe des activités diverses), le rapporteur de l’avis).

Le CESE a aussi pris position sur «Une nouvelle stratégie en matière de compétences» de la Commission européenne. À l’heure actuelle, alors même que 70 millions d’Européens ne disposent pas de compétences suffisantes en matière de lecture, d’écriture et de calcul, et que plus de 20 % d’entre eux sont, pour ainsi dire, incapables de travailler avec un ordinateur, plus de 30 % des jeunes hautement qualifiés exercent des emplois ne correspondant ni à leurs talents ni à leurs aspirations, et 40 % des employeurs ne parviennent pas à trouver de candidats possédant les compétences adaptées pour permettre à leur entreprise de se développer et d’innover. Pour remédier à ce problème persistant de déficit et d’inadéquation des compétences, la Commission a proposé un nouvel ensemble de mesures. Toutefois, selon l’avis du CESE, la nouvelle stratégie constitue plus un pas dans la bonne direction qu’une initiative permettant véritablement de «changer la donne», dans la mesure où elle se concentre principalement sur l’amélioration des outils existants, leur application et leur fonctionnement. Mais un simple ajustement ne saurait être suffisant. Ce qu’il faut, c’est davantage de solutions innovantes dans les domaines de l’éducation et du développement des compétences: certaines solutions de ce type sont déjà à l’œuvre dans certains pays européens et elles pourraient être transférées aux autres, mais la stratégie ne parvient pas à en faire des modèles. Les dimensions sociales et de genre doivent également entrer en ligne de compte, l’éducation non formelle et informelle doit être reconnue, et il faut promouvoir l’esprit d’entreprise en tant qu’aptitude utile dans la vie.

Le CESE déplore également l’absence de nouveau financement en appui de la stratégie : «Le CESE ne saurait accepter qu’aucun nouveau financement ne soit prévu pour la mise en œuvre de la nouvelle stratégie, et est fermement convaincu qu’utiliser au mieux les programmes de financement existants ne suffira pas pour soutenir les ambitions de ce programme.» a déclaré la rapporteure Indrė Vareikytė (Lituanie – groupe des activités diverses). Il propose d’intégrer la stratégie dans un cadre macroéconomique favorable, qui ne considère pas l’investissement dans les compétences et les aptitudes des citoyens comme un coût mais comme un placement qui aura des retombées positives à terme. En outre, le budget consacré par les États membres à l’éducation et à la formation ne devrait pas être pris en compte lors du calcul de leur déficit budgétaire.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:

Daniela Marangoni

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