Semestre européen: le CESE adopte sa position sur les priorités économiques pour 2020

  • Le pacte vert pour l’Europe doit permettre d’accroître la prospérité économique et la convergence
  • La croissance durable doit être une priorité absolue
  • Des mesures visant à combler le déficit d’investissement sont essentielles

La future politique économique doit s’inscrire dans le droit fil du pacte vert pour l’Europe, affirme le Comité économique et social européen (CESE). Le Comité exhorte les États membres de l’UE à faire de la croissance économique durable la priorité absolue des politiques économiques européennes et nationales en 2020 et au-delà, et recommande de compléter l’actuelle politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne (BCE) par une politique prudente d’expansion budgétaire dans la zone euro.

De l’avis du CESE, le pacte vert représente non seulement un changement majeur pour les économies de l’UE, mais aussi une occasion d’accroître la prospérité économique et la convergence au sein de la zone euro et de l’UE dans son ensemble. Le pacte vert devrait devenir l’épine dorsale de la future politique économique de l’UE et de la zone euro et aboutir à un nouveau paradigme économique. Les priorités économiques pour 2020 devraient donc s’y conformer.

Lors de la séance plénière de ce 19 février, le Comité a adopté ses avis sur la stratégie annuelle 2020 de la Commission pour une croissance durable (ECO/502) et sur la recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro (ECO/503). Ces avis présentent le point de vue de la société civile organisée européenne et constituent sa contribution au débat en cours sur les priorités économiques pour l’année à venir et au-delà dans le cadre du Semestre européen. Les priorités ont été examinées par le Conseil «Affaires économiques et financières» le 18 février et seront adoptées formellement lors du prochain sommet européen de mars 2020.

S’adressant à l’assemblée plénière du CESE, Tommaso Di Fazio, rapporteur de l’avis sur la stratégie annuelle 2020 pour une croissance durable, a déclaré: Si les États membres entendent soutenir la stratégie de la Commission, ils doivent accorder la priorité absolue au rétablissement d’une croissance économique durable assortie d’une augmentation significative du PIB européen.

Dans son avis, le Comité se félicite en outre de l’approche adoptée dans la stratégie annuelle de croissance, à savoir la prise en compte des objectifs de développement durable des Nations unies, le recentrage sur les objectifs à long terme et les indications relatives aux investissements. Le CESE apprécie également l’accent mis sur les droits sociaux et demande qu’une attention particulière soit accordée à la question de l’égalité entre les hommes et les femmes, entre autres en ce qui concerne les droits des femmes au travail, la réalisation de l’égalité des rémunérations et la protection de l’emploi des mères, notamment pour lutter contre le déclin démographique.

Nous estimons, comme la Commission, que notre stratégie pour la croissance devrait s’appuyer sur quatre dimensions essentielles, à savoir la durabilité environnementale, la productivité, la stabilité et l’équité, et que la durabilité environnementale, en particulier, devrait être une référence absolue lors de l’élaboration des politiques, a expliqué M. Di Fazio.

Le Comité est pleinement conscient du fait que la réalisation du pacte vert pour l’Europe et d’une croissance durable nécessitera des réformes et des investissements. Il considère toutefois que l’enveloppe proposée pour le Fonds et le mécanisme pour une transition juste ne sera pas suffisante. Afin de combler le déficit d’investissement actuel, le CESE propose d’augmenter les ressources financières de ces instruments et demande que des mesures supplémentaires soient prises pour faciliter et accroître les financements privés et publics.

Il convient de maintenir une politique budgétaire offensive menée avec discernement au cours de la période à venir, en particulier dans la perspective du ralentissement économique attendu, a déclaré Petr Zahradník, rapporteur de l’avis sur la politique économique de la zone euro (2020). Dans le même temps, nous devons garantir une interaction équilibrée entre la politique économique et les différents piliers de l’Union économique et monétaire. En particulier, l’amélioration de la discipline budgétaire au cours des dernières années permet aujourd’hui non seulement d’investir, mais aussi de poursuivre la mise en œuvre des mesures de politique structurelle nécessaires, en vue d’accroître le potentiel économique et de réduire les déséquilibres macroéconomiques et sociaux persistants entre les États membres et à l’intérieur de ceux-ci.

M. Zahradník a également insisté sur l’importance de garantir la stabilité des marchés financiers dans les prochaines années en bouclant la mise en œuvre des éléments essentiels à l’achèvement de l’union bancaire et de l’union des marchés des capitaux. La stabilité du système financier est indispensable pour garantir la confiance des investisseurs et des marchés dans les économies de l’UE et ainsi assurer la croissance des entreprises et des investissements.

Le CESE espère que d’autres mesures régissant les investissements seront étudiées et adoptées et qu’elles permettront à tous les pays d’investir les montants nécessaires pour atteindre leurs objectifs énergétiques et climatiques sur la voie d’une économie européenne neutre pour le climat. Étant donné que les investissements sont essentiels pour relever efficacement les défis de société en question et pour les transformer en perspectives de prospérité et de bien-être futurs, le CESE suggère dans ses avis d’adopter la «règle d’or» pour les investissements publics.

Il recommande en outre d’adapter le système fiscal aux besoins futurs. La fiscalité devrait encourager un comportement plus respectueux de l’environnement, limiter les écarts de revenus et de richesse et empêcher la fraude, l’évasion et l’évitement fiscaux, selon le CESE.

Pour parvenir à une croissance durable, le Comité recommande également d’améliorer le fonctionnement du marché unique, par exemple en accordant la priorité, dans le cadre du Semestre européen, à la création de conditions propices à une concurrence loyale et à un environnement économique de qualité.

Enfin, les avis du CESE soulignent qu’il est essentiel, pour garantir le succès de la stratégie de la Commission, d’associer l’économie locale et la société civile à la conception et à la mise en œuvre de mesures équitables.