Pour le CESE, l’espace n’est pas seulement un secteur de pointe, il présente aussi de multiples intérêts pour tous les Européens

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L’espace est plein de promesses pour la société européenne. Les données satellitaires peuvent être utilisées pour fournir des services de nature à améliorer radicalement le quotidien des citoyens européens. Dans un avis qu’il a adopté récemment , le Comité économique et social européen (CESE) affirme que si la nouvelle stratégie spatiale de la Commission européenne contribue dans une large mesure à tracer la voie de ce que sera l’usage civil de l’espace dans l’Europe de demain, il faudrait aller encore plus loin pour tirer pleinement parti des avantages que la société européenne pourrait en retirer.

Pour M. Mindaugas Maciulevičius, (Lituanie, groupe des activités diverses), rapporteur de l’avis du CESE, «L’espace n’est pas seulement un secteur de pointe, il présente aussi de multiples intérêts pour tous les Européens». De la surveillance des cultures à l’agriculture de précision en passant par la prévention des catastrophes naturelles, de la géolocalisation à la lutte contre le terrorisme en passant par la gestion des flux migratoires, voilà quelques-uns des usages actuels et potentiels que l’Europe peut faire des données que nous renvoient les satellites évoluant en orbite autour de notre planète. Pour profiter pleinement de cette formidable abondance de données – de l’ordre de 70 pétaoctets, soit un millions de gigaoctets par jour – la Commission doit intensifier les efforts déployés et mettre en place des centres de mégadonnées capables d’effectuer le prétraitement de ces informations et de les mettre à la disposition des entreprises, des PME et des autres acteurs qui sauront les exploiter pour mettre au point des applications et des services novateurs.

«L’espace n’est plus la chasse gardée de grands groupes tels qu’Airbus. De multiples possibilités s’offrent aux PME pour développer de nouveaux matériaux et des techniques novatrices. Les PME sont particulièrement efficaces pour mettre au point des applications et des services nouveaux. Elles peuvent faire des miracles à partir de ressources limitées», indique M. Maciulevičius. En témoignent déjà de nombreux exemples dans différents États membres. Par exemple, des données satellitaires sont utilisées pour détecter et prévenir les feux de forêts à La Palma, en Espagne, ou pour établir des prévisions sur le rendement des cultures en République tchèque. En Italie centrale, les données des satellites Sentinel ont contribué à cartographier en quelques heures les glissements de terrain dans les régions touchées par le tremblement de terre de 2016, et en Finlande, elles sont utilisées pour surveiller la régénération des forêts. Toutes ces applications ont des retombées profitables pour tous sur le plan des recettes et des économies dégagées. «De fait, chaque euro investi dans l’espace peut rapporter 10 à 100 euros, ce qui en fait un investissement tout à fait rentable», précise M. Maciulevičius.

Dans son avis, le CESE souligne aussi la nécessité pour l’UE de garantir un financement adéquat si elle veut traiter sérieusement la question de l’espace, et donc de prévoir un budget capable de soutenir la concurrence des autres grands acteurs du secteur spatial. Tel n’est pas le cas à l’heure actuelle. Si en termes absolus, l’Europe possède le deuxième plus grand budget au monde consacré aux activités spatiales, elle se classe au sixième rang seulement si l’on rapporte ce budget au PIB. La Chine et la Russie consacrent également des moyens considérables à l’espace, mais ces chiffres ne sont pas intégralement rendus publics et il est difficile d’estimer le montant réel des fonds dépensés officieusement. Le CESE adresse également une mise en garde en indiquant que la stratégie spatiale de l’UE ne pourra être un succès qu’à condition que l’investissement dans l’espace provienne à la fois du secteur public et du secteur privé. «Nous demandons à la Commission de s’investir plus activement pour mobiliser et répartir tous les capitaux qu’elle pourra obtenir de banques et fonds privés. Ces investissements comportent une part de risque mais la BEI peut également contribuer à les garantir», indique le rapporteur.

Le CESE signale aussi que l’éducation doit être une composante essentielle de la stratégie spatiale de l’Europe. Les activités spatiales supposent des emplois très qualifiés. L’Europe doit assurer la formation et la reconversion de ses jeunes et de ses travailleurs pour répondre à la demande de compétences liées à l’espace sur le marché, en particulier en matière d’exploitation des données. Dans le même temps, elle doit sensibiliser la société au sens large aux possibilités qu’ouvre le secteur spatial. «Tous les consommateurs, et pas seulement les spécialistes, doivent prendre conscience des avantages que les données satellitaires peuvent leur apporter et commencer à les utiliser», fait savoir le rapporteur en conclusion.

Pour de plus amples informations sur l’utilisation des données satellitaires en Europe, voir:

http://www.esa.int/Our_Activities/Observing_the_Earth/Copernicus/Sentinel-2/A_toast_to_Copernicus_Sentinel-2B_as_it_delivers_its_first_images

http://www.esa.int/spaceinvideos/Videos/2017/02/Sentinel_services_for_agriculture2

 

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