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Nous avons besoin d’une transition rapide vers des systèmes alimentaires plus durables, plus sains, plus équitables et plus respectueux du climat

L’alimentation est au centre de nos vies et fait partie intégrante de la culture européenne. L’alimentation joue également un rôle crucial dans notre économie: c’est le plus grand secteur manufacturier de l’Union en termes d’emploi et de contribution au PIB. De même, la nourriture que nous consommons, les méthodes avec lesquels nous produisons et les quantités gaspillées ont des incidences majeures sur la santé humaine, sur les ressources naturelles et sur la société dans son ensemble.

Heureusement, nous ne sommes plus confrontés à des pénuries alimentaires en Europe, surtout grâce à notre politique agricole commune. Toutefois, la société civile est de plus en plus préoccupée par les incidences économiques, sociales et environnementales de la production et de la consommation alimentaires. Par exemple:

  • Nos agriculteurs et travailleurs ne reçoivent pas un prix équitable pour leurs produits. Nous devons garantir une répartition plus équitable dans la chaîne d’approvisionnement;
  • Les consommateurs gaspillent jusqu’à un tiers des aliments qu’ils achètent;
  • Nos citoyens — et les enfants en particulier — souffrent de plus en plus de surcharge pondérale et d’obésité due à une mauvaise alimentation;
  • Notre environnement est en train de payer le projet de loi avec les effets dramatiques de la production et de la consommation de denrées alimentaires sur le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution de l’air et de l’eau, la dégradation des sols, etc.

Pour relever ces défis, nous avons besoin d’une transition rapide vers des systèmes alimentaires plus durables, plus sains, plus équitables et plus respectueux du climat. La modification de nos systèmes alimentaires est essentielle pour la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies et des objectifs de développement durable (ODD). La nourriture est un fil commun qui relie l’ensemble des 17 ODD, par exemple l’objectif no 2 «Faim zéro» et l’objectif 12.3 «Réduction des déchets et des pertes alimentaires d’ici à 2030», mais aussi l’objectif 3 «Santé et bien-être» ou l’objectif 13 «Changement climatique». Nous ne pouvons pas atteindre les ODD sans réparer nos systèmes alimentaires.

L’alimentation est également l’occasion de montrer pourquoi les ODD devraient intéresser à tout le monde. Les objectifs ne sont pas quelque chose de abstrait émanant des Nations unies; ils sont proches de notre vie et appartiennent à chacun d’entre nous. Les ODD sont concrètement applicables et les politiques alimentaires peuvent être un puissant moteur de changement.

L’UE devrait intensifier ses efforts pour garantir la durabilité alimentaire, notamment parce que cela constitue un autre moyen pour l’Europe de se rapprocher de ses citoyens. Étant donné que les élections européennes sont dans trois mois, nous devons trouver des messages positifs et concrets — et nous pensons que l’alimentation est l’un de ces messages — pour relier l’Europe et sa population.

C’est la raison pour laquelle le CESE plaide pour l’élaboration d’une politique alimentaire globale de l’UE portant sur la production et la consommation en une seule fois et regroupant tous les secteurs liés à l’alimentation (tels que l’agriculture, l’environnement, la santé, l’éducation, le commerce, l’économie, la technologie, etc.). De par sa nature même, la mise en œuvre des ODD liés à l’alimentation nécessite des solutions collaboratives et globales faisant intervenir différents services et secteurs, ainsi que l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Une approche sectorielle n’est plus suffisante pour relever les défis interconnectés d’aujourd’hui.

Une politique alimentaire globale de l’UE est également nécessaire pour promouvoir et encourager les nombreuses initiatives qui ont lieu aux niveaux local, régional et national pour mettre au point des systèmes alimentaires plus durables, des initiatives dirigées par la société civile et les communautés locales pour raccourcir la chaîne d’approvisionnement alimentaire et encourager une consommation alimentaire plus saine et plus durable: l’importance croissante des marchés des agriculteurs en Italie et dans d’autres pays de l’UE, plusieurs exemples d’approches plus intégrées de la politique alimentaire se propageant en Europe, par exemple à travers des processus nationaux tels que les «États généraux de l’alimentation» en France, ou des initiatives de coopération régionale comme le Nordic Food Policy Lab ou par le développement de conseils locaux de la politique alimentaire, comme dans les pays germanophones.

Une proposition du CESE est d’examiner la possibilité de créer un Conseil européen de la politique alimentaire réunissant les principaux acteurs (décideurs politiques, scientifiques et acteurs de la société civile) capables de s’unir pour atteindre l’objectif d’une transition vers la durabilité alimentaire. En tant que représentants de la société civile organisée, le CESE occupe une position unique en tant que forum de dialogue et de coopération entre les principaux acteurs de la chaîne alimentaire — agriculteurs, travailleurs, industrie alimentaire, détaillants et consommateurs de PME.