«Personne ne doit être marginalisé» ‒ le CESE en lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

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«Au sein de notre société civile, les citoyens engagés sont légion. Ils méritent notre estime et ont également besoin de l’appui politique nécessaire», a déclaré Gabriele Bischoff, présidente du groupe des travailleurs du Comité économique et social européen (CESE), à l’occasion de sa visite du 22 juillet à l’association «Armut und Gesundheit in Deutschland» («Pauvreté et santé en Allemagne»), dont la vocation est de fournir des soins médicaux aux personnes démunies et socialement défavorisées. Le CESE considère la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale comme l’une de ses priorités dans le cadre de la présidence actuelle, et ce en vue de favoriser la cohésion sociale, économique et territoriale en Europe. Il a déjà élaboré plusieurs avis sur la question, qui portent notamment sur une proposition de revenu minimum européen et sur une politique fiscale plus équitable.

Grâce à son prix de la société civile, le CESE honore et encourage des projets solidaires.

«Armut und Gesundheit in Deutschland» est l’association dont Mme Bischoff a proposé la candidature au prix 2015 de la société civile du CESE et qui est arrivée en tête du classement des lauréats. Chaque année, le CESE décerne ce prix doté d’un montant total de 50 000 euros, versé au profit d’initiatives menées par des organisations de la société civile ou des organismes privés qui se sont distinguées en œuvrant à aider autrui et à concrétiser les valeurs de l’UE, telles que l’humanité et la solidarité. «Notre prix incarne avant tout la solidarité. En 2014, son thème central était l’intégration des Roms; l’an dernier, c’était la lutte contre la pauvreté. Cette année, nous souhaitons récompenser des projets qui ont rendu de grands services en faveur du soutien et de l’intégration des migrantes et des migrants. En définitive, seule une Europe solidaire et juste sera à même de surmonter les défis du temps présent», a affirmé Mme Bischoff

Le cabinet médical ambulant: un modèle pour les autres villes

La pauvreté a de nombreux visages: chômage, sans-abrisme, perspectives de formation faibles ou inexistantes, restrictions matérielles, sous-alimentation et malnutrition ou encore santé précaire. C’est à ce dernier aspect que s’attaque cette association de Mayence, dont la vocation est d’aider les personnes démunies à recouvrer la santé. À bord d’une ambulance et entouré de son équipe, Gerhard Trabert, médecin, fondateur et directeur d’«Armut und Gesundheit in Deutschland», se déplace auprès des sans-abris et des personnes socialement défavorisées. Ces derniers peuvent aussi se rendre directement au siège de l’association, où se trouvent aussi un cabinet dentaire et un logement pour l’accueil des malades. L’action de l’association ne s’arrête pas là: elle offre de très nombreux conseils dans les domaines sociaux, notamment en matière de couverture-assurance et d’insertion ou de réinsertion dans la société.

L’exclusion jusque dans la tombe

Lors de sa visite, Mme Bischoff a entendu de nombreux récits de vie poignants, mais également maints témoignages du succès des projets menés par l’association, grâce à l’engagement de ses 50 collaboratrices et collaborateurs, presque tous bénévoles. Une histoire l’a tout particulièrement émue, celle d’un Roumain qui travaillait en Allemagne sur un chantier et qui, lorsqu’il est tombé gravement malade, s’est rendu compte avec stupéfaction que son employeur n’avait pas contracté d’assurance-maladie en son nom, contrairement à ce qu’il lui avait promis. L’opération qui s’imposait d’urgence a été retardée, car aucun hôpital n’était disposé à accueillir cet homme. Seule l’intervention de l’association du docteur Trabert a permis qu’il soit opéré, mais en raison de sa prise en charge tardive et des complications qui s’en sont suivies, l’homme est décédé. Cette histoire est désolante jusque dans ses moindres détails, puisque faute d’argent, l’inhumation de l’urne cinéraire de l’homme s’est déroulée sans cérémonie. «La libre circulation des travailleurs est l’un des principes fondamentaux de l’UE», a déclaré Mme Bischoff. «Hélas, force est de constater que des travailleuses et des travailleurs continuent d’être engagés par des entreprises souvent peu scrupuleuses dans des conditions trompeuses, pour ensuite travailler comme «faux indépendants», sans savoir qu’ils ne sont pas assurés. L’UE peut et doit intervenir pour mettre le holà à cette pratique.»

Les membres du CESE, qui appartiennent entre autres à des organisations de travailleurs, d’employeurs, d’agriculteurs et de consommateurs, sont les mieux placés pour connaître les problèmes sur le terrain. Le CESE organise en outre, dans le cadre général de ses manifestations «Going local», des visites auprès d’organisations de la société civile en Europe afin de constater précisément les obstacles et les problèmes auxquels ces citoyennes et citoyens engagés sont confrontés, de les mettre en avant dans ses avis et de formuler des propositions adéquates afin d’améliorer la situation.

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