Lutter contre le changement climatique : un prix du carbone basé sur des critères économiques et sociaux

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Le 5 décembre 2015, le groupe des travailleurs du CESE a organisé, en marge de la COP21 à Paris, une conférence au cours de laquelle l'étude « Lutter contre le changement climatique : un prix du carbone basé sur des critères économiques et sociaux » a été présentée. Cette étude a été réalisée par le cabinet Syndex à la demande du groupe des travailleurs.

La conférence a été introduite par Georges Dassis, président du CESE, qui a insisté sur l'engagement du Comité économique et social européen pour l'intégr    ation des  aspects sociaux dans les politiques climatiques. Isabel Caño, vice-présidente de l'Observatoire du développement durable, a présenté également quelques points sur la transition juste.

Le prix du carbone est devenu un enjeu central dans la lutte contre le changement climatique, car il est reconnu comme un outil économique et financier majeur pour décarboner les économies et les sociétés.

L’objectif de cette étude est d’introduire la lutte contre les inégalités sociales dans la problématique du prix du carbone tout comme le concept de « transition juste » afin de passer vers une économie et une société à faible teneur en carbone. L'étude vise en outre à remplacer le prix artificiel actuel du carbone par un prix socialisé. Toutes ces questions sont absolument pertinentes pour le groupe des travailleurs du CESE.

Déterminé de manière directe ou indirecte, de façon explicite ou implicite, le prix du carbone s’inscrit de manière très différenciée dans les politiques climatiques des différents pays européens mais avec une prédominance des taxes qui touchent en premier lieu les emplois et le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes. Ces politiques ont des effets déflationnistes sur la croissance économique et se trouvent à l’origine d’un accroissement des inégalités sociales dans nombre de pays européens. C’est pourquoi elles demandent la mise en œuvre de compensations afin d’en atténuer les effets. Cependant, c’est la recherche de nouvelles sources de revenus et d’emplois qui paraît la réponse la mieux adaptée, et partiellement alternative aux taxes, pour relancer en Europe une croissance bas carbone juste et équitable.

Autrement dit: on se doit de fixer les conditions permettant de passer d’un prix du carbone conçu et appliqué exclusivement comme un instrument de politique environnementale, à un prix dont la définition prendrait en compte des critères sociaux et économiques.

Pour le groupe des travailleurs, il est également inacceptable et injustifiable que les activités nuisibles à l'environnement soient encore subventionnées dans l'UE directement par les budgets publics et indirectement comme «coûts externes» et il dénonce une mise en œuvre insuffisante du principe «pollueur payeur». Ces subventions faussent les signaux du marché et entravent la transition vers une économie sobre en carbone et efficace dans l'utilisation des ressources.

 

Isabel Caño