L’importance cruciale de l’éducation et de la formation dans l’avenir du travail

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EESC plenary session - Day 2

L’Europe devrait investir dans l’éducation si elle souhaite tirer parti de la quatrième révolution industrielle

Le Comité économique et social européen (CESE) a adopté un avis sur l’avenir du travail, dans lequel il invite les États membres à mettre l’accent sur l’éducation et la formation et à adapter leurs systèmes éducatifs aux besoins des marchés du travail, qui connaissent actuellement des changements rapides et profonds provoqués par la nouvelle révolution numérique et industrielle.

Bien que cette nouvelle révolution soit susceptible de créer de nouveaux emplois et d’améliorer la productivité et la qualité de la vie et du travail, l’Union européenne et ses États membres doivent être prêts à remédier à ses effets négatifs, tels que la disparition ou la transformation d’un grand nombre d’emplois et le creusement de l’écart salarial entre les travailleurs qualifiés et peu qualifiés.

En tenant compte du principe de subsidiarité, le CESE demande à la Commission et aux États membres de concevoir des politiques ciblées et de prendre des mesures concrètes afin d’améliorer et d’adapter leurs systèmes d’éducation et de formation, de mettre au point conjointement des stratégies nationales en matière de compétences, et de reconnaître le droit à une formation adaptée aux travailleurs et aux personnes de tous âges, dans tous les secteurs, a indiqué le Comité dans son avis.

Une éducation de base de qualité, une formation de haut niveau, un apprentissage tout au long de la vie, un renforcement des compétences et une mise à niveau de tous les travailleurs constituent, selon le CESE, les outils nécessaires pour saisir les opportunités d’emplois de demain.

Grâce à la requalification et à la reconversion professionnelle, nous libérerons le potentiel des citoyens. Nous devons tous nous préparer aux conséquences de la numérisation en cours: il est fondamental de combler le déficit de compétences, a déclaré Milena Angelova, corapporteure de l’avis.

À l’avenir, il faudra encourager la complémentarité des compétences, non seulement des compétences techniques et numériques, mais aussi d’un certain nombre de compétences non techniques. Nous devons offrir aux individus des possibilités de développement personnel, a indiqué Cinzia del Rio, rapporteure de l’avis, ajoutant que cela contribuerait à assurer, dans les nouvelles formes de travail, le maintien d’une approche centrée sur la dimension humaine, alors que l’intelligence artificielle et la numérisation sont introduites dans de nombreux secteurs économiques.

Élaboré à la demande de la présidence bulgare de l’UE, cet avis a été adopté par le CESE lors de sa session plénière de mars.

Il a été présenté par Mme Angelova lors de la conférence intitulée Combler le déficit de compétences pour la croissance et la création d’emplois: le point de vue des entreprises, qui s’est tenue le 22 mars à Sofia et au cours de laquelle le groupe des employeurs du CESE a signé une déclaration conjointe sur ce thème avec l’Association des organisations d’employeurs bulgares.

Selon certaines études, les évolutions technologiques entraîneront d’importants bouleversements de l’emploi et des modèles économiques dans des secteurs tels que l’industrie manufacturière, le transport, la santé, les finances et l’éducation; 9 % des emplois risquent en effet d’être déplacés en raison de l’automatisation. 25 % d’emplois supplémentaires pourraient être transformés puisque la moitié de leurs tâches est susceptible d’être automatisée.

Le Forum économique mondial met en garde contre la disparition de quelque cinq millions d’emplois d’ici 2020 dans quinze grandes économies développées et émergentes, sans qu’aucune solution de substitution ne soit prévue. Dans le même temps, de nouveaux emplois seront créés et l’on prévoit que neuf futurs emplois sur dix exigeront des compétences numériques. Toutefois, à l’heure actuelle, environ 170 millions de personnes dans l’UE ne possèdent même pas de compétences numériques de base.

Le Comité a souligné à quel point il est important de garantir l’égalité d’accès pour tous les citoyens de l’Union à une éducation de la petite enfance de qualité, de réorienter l’enseignement et de renforcer les systèmes de formation et d’apprentissage professionnels, dans le but d’assurer une acquisition rapide des compétences nécessaires. Il a également proposé de lancer une offensive de qualification en vue d’étayer la numérisation croissante des marchés du travail.

Étant donné le nombre grandissant de personnes dénuées de la formation nécessaire, le CESE invite la Commission à prendre les mesures qui s’imposent pour empêcher leur marginalisation en raison de leur incapacité à s’adapter à la rapidité des changements.

Mme del Rio a déclaré que le CESE était préoccupé par l’avenir des groupes vulnérables en Europe, notamment des personnes peu qualifiées. Elle a soutenu que les responsables politiques de l’UE devaient faire en sorte que personne ne soit laissé de côté.

Nous voulons insister sur la nécessité d’assurer l’égalité d’accès pour tous à des formations et à des qualifications pour ceux qui sont les plus exposés au risque de marginalisation, a-t-elle affirmé, avant d’ajouter qu’il conviendrait, à cet égard, de réduire les écarts entre les pays de l’Union.

La participation des travailleurs aux processus d’innovation qui impliquent l’utilisation correcte des nouvelles technologies est considérée comme fondamentale pour sensibiliser les citoyens et apaiser leurs craintes vis-à-vis de la nouveauté. Il conviendrait également de mettre en valeur le rôle de la négociation collective et des partenaires sociaux.

Dans son avis, le CESE énumère des exemples de bonnes pratiques en matière de requalification et de mise à niveau des travailleurs dans les États membres et à l’échelle de l’Union. Il cite notamment les systèmes de formation professionnelle en alternance de l’Autriche, de l’Allemagne, du Danemark et des Pays-Bas, la loi française sur le droit à la déconnexion ainsi que les régimes de congés de formation en Italie.